J'Habite Un Soupir


Bilan des bruits

Dernière mise à jour 22 mars 2020

Au bout de sept années, je n'en finis pas de lister les sources de nuisances sonores que je peux subir dans cet appartement. Chaque année, un nouveau motif de bruits survient, les répits ne durant que quelques mois. Ceux liés à une configuration constante comme la circulation par exemple, mais aussi les occasionnels qui s'additionnent aux premiers et ensemble créent un environnement de stress continu parfois très difficile à surmonter.

Dans l'ombre d'une pièce où la lumière extérieure souligne les plis d'un globe en papier suspendu au plafond, une fenêtre barrée d'un voile à plumetis décompose une vue sur les bâtiments ordinaires de logement collectif et un morceau de toit en taule verte

Voici depuis que j'ai emménagé jusqu'à ce jour, la chronologie des événements exceptionnels survenus à l'extérieur de mon immeuble et ayant entraîné du bruit mais aussi pas mal de pollution et ce parfois durant plusieurs années :

Maintenant ceux s'étant déroulés à l'intérieur de l'immeuble, sur plusieurs jours, voire plusieurs mois :

Ombres chinoises de trois étoiles en carton rouge ventousées sur la vitre d'une fenêtre, dessous desquelles posé sur un établi en pin à côté d'une corbeille de fruits en osier, un petit vase rond en verre de couleur verte et dans une posture inclinée est à moitié rempli d'eau où baigne une tige de lierre

Et enfin les sources régulières de pollution sonore, voire quotidiennes, à l'intérieur comme à l'extérieur :

À titre d'exemple, voici l'ambiance qui régnait ce matin de 9 à 11h30 :

Vue du dessus d'un balcon au 5ème étage, en bas de l'immeuble se devine une aire de jeux plantée d'arbres ronds et bien verts, le balcon pourvu d'une rambarde recouverte de bambou est aménagé de petits sièges bas fabriqués en bois de palette sur lesquels est disposé un jardin en pots agrémenté d'une fontaine à oiseaux dans un plat en verre

Et cela ne semble pas vouloir s'arrêter. Des techniciens ont fait dernièrement des repérages sur le toit de la maison de retraite juste en face... Bientôt va débuter un chantier de construction d'habitations à la place de l'ancien foyer des handicapés... Ce qui d'ailleurs, en plus du bruit, prolonge ce temps où des engins brassent les diverses matières qui composent le sol, durant des semaines, provoquant des épisodes d'allergie assez dense, compte tenu de la pollution de l'air déjà importante désormais et des pics devenus routiniers. Enfin je verrai sans doute et sans surprise d'autres épisodes d'entretien ou de réfection éclore ça et là, comme en ce moment ce chantier en cours de rafistolage de l'isolation extérieure d'une des tours du quartier.

À noter que le chantier de réaménagement des voiries a amené des engins de terrassement à œuvrer autour de mon immeuble pendant plusieurs mois, martelant puissamment le sol au point de faire trembler les murs et les fenêtres de toute l'enceinte, d'une force de vibrations se propageant dans les fondations jusqu'au toit, faisant tinter la vaisselle et gigoter les rideaux, jusqu'à ne plus percevoir la différence avec un tremblement de terre. Je dis ça parce qu'en fait il s'est réellement produit un tremblement de terre à la même période, et bien que bizarrement secouée un matin dans mon lit, j'ai été persuadée qu'il s'agissait du chantier après lequel je râlais une fois de plus en me réveillant en sursaut.

Plan sur l'un des sièges en bois de palette où sont disposés des pots et jardinières de soucis, achillées, capucines et pieds de menthe, ainsi qu'une soucoupe en terre cuite remplie de mousse et de cailloux beiges et gris

Et tout ce bruit, ces chantiers, sans voir jamais une amélioration notoire de la vie des habitants. Bien sûr je me félicite du déménagement des jeunes handicapés dans un établissement tout neuf bien plus confortable, je pense, que le bâtiment insalubre qu'ils occupaient auparavant. Mais je n'ai pas le même enthousiasme concernant l'épicerie solidaire qui entérine un système plutôt que de le remettre en cause.

Et je regrette de constater la facture médiocre de tout ce qui est mis en œuvre. Les matériaux, les formes, les aménagements, tout est de mauvaise qualité, pensé à l'envers du bon sens, excluant les opportunités de créer du lien social, de faire ralentir les véhicules, de favoriser la sécurité des déplacements à pieds et à vélo et, d'augmenter la canopée, d'embellir les espaces, de les verdir durablement. Tout au contraire.

La "modernisation" qu'on a pu lire sur les plaquettes n'était là encore qu'un joli mot, un processus cosmétique de surface. En réalité, tout est à court terme. Et dès qu'une parcelle de terrain se libère, c'est d'abord pour la bitumer, la goudronner, la bétonner.

Et dans mon immeuble, c'est la même chose. La peinture de la façade serait déjà à refaire, les doubles vitrages sont des premiers prix, la pose a été bâclée, aucun réglage individuel du chauffage collectif n'est possible, aucune isolation répondant aux normes actuelles n'est envisagée, dans les communs le vasistas d'évacuation des fumées ne s'ouvre pas, aucune issue de secours n'est disponible, ni même un seul extincteur...

Bref. Bienvenue dans Grenfell-bis. L'essentiel de ce qui compte et qui devrait être réhabilité est laissé au panier des oubliettes, tout comme les locataires et leur éducation.

Le 03 juillet 2017 — Posté par corOllule dU cHamp Du pOirier dans Mon Appartement