Nuts


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Se passer du superflu, quand on est pauvre, c'est facile, vu qu'on en a pas les moyens. Sauf bien sûr à passer sa vie à tourner aigre à force de frustrations. Ainsi il y a chez les pauvres, qui ont un [ QI supérieur à 100g de Nutella ] , un certain goût pour l'exploration des possibles.



Ça commence par la nécessité de tirer des contraintes des solutions pratiques, de transformer les limites matérielles par un esprit imaginatif, d'exploiter les seuls moyens à disposition pour apprendre à s'en affranchir.

Ça se développe par le désir de souffrir le moins possible de la situation, de parer aux besoins indispensables dans les meilleures conditions, de se mettre à l'abri autant que faire se peut, avec peu, mais avec goût et bon sens. De rester responsable de ses actes d'achat.

Enfin de s'aménager une zone de confort et de sécurité minimum, de s'attacher à l'essentiel, avec à défaut d'argent du temps et de l'intelligence.



★ Kufuu Art of Life ★

Faire autrement, récupérer, réparer, adapter, détourner, cuisiner, fabriquer soi-même.

Quand j'étais petite, je me déguisais d'une paire de rideaux pour toute robe de princesse, et d'un panier en osier en guise de chapeau. Je construisais une cabane avec les gros barils de lessive de ma mère en carton. Je goûtais à quatre heures en étalant sur de la brioche de la crème liquide mélangée à du chocolat Poulain. Puis je partais en expédition équatoriale en escaladant le buffet.

Aujourd'hui je n'ai jamais autant porté de marques. Pourtant mon critère d'achat se limite à la couleur, puis la matière, ensuite la taille, et enfin l'état général. parce que je trouve la majeure partie de ce dont j'ai besoin au poids chez Emmaüs. Et je dis ça, mais je dois avoir un goût très sûr, car j'arrive même à manger dans des pièces uniques en céramique artisanale, elles aussi achetées à la braderie Emmaüs.

Je fabrique mes soins cosmétiques et mes produits ménagers avec des matières brutes qui durent longtemps et vendues pas chères. Je n'ai pas la télé. Je m'organise sur un super agenda stylisé à la main dans un simple cahier. Je concocte mes pains, mes gâteaux, mes biscuits, mes pâtés végétaux et pâtes à tartiner - salées et sucrées - avec des bananes, du thon, de la betterave, des amandes, de l'avocat, du cacao, des dattes, des graines de tournesol...

C'est de fait ce que j'essaie de donner à voir ici. Ce blog expose mes humbles façons de faire ce que je peux, avec ce que j'ai, là où je suis.

On n'est pas ce que l'on veut. Mais on peut choisir la façon de l'être. Et être pauvre n'exempte pas d'en faire l'effort.



★ Tare ta gueule au supermarché ★

Excuser la violence d'un individu qui bouscule tout le monde, en écrasant des pieds et en tirant quelques barrettes, pour s'emparer d'un bocal de trois noisettes, uniquement parce qu'il est pauvre, cela révèle une opinion méprisante à son égard, à vrai dire. C'est une insulte à son intelligence. Car bien que pauvre, il n'en est pas moins pourvu qu'un autre, il me semble, d'intelligence, tout issu qu'il est de cette espèce au cerveau surdimensionné. Et donc tout à fait en mesure de prendre conscience de certaines absurdités.

Ou bien alors les réactionnaires ont raison de penser qu'ils ne faut définitivement pas donner d'argent aux pauvres, puisque manifestement ils en font n'importe quoi... Je pose la question.

De quoi rêvent ces gens qui créent la cohue dans les supermarchés ? De devenir milliardaires ? Sont-ils des riches irresponsables qui s'ignorent ? Sont-ce les mêmes qui sont prêts à faire n'importe quoi pour un travail ? À travailler pour rien ? Qui pensent toujours que "c'est mieux que rien" ? Qui dénoncent pour être dans les petits papiers du chef ? Qui ont honte de toucher une allocation alors qu'ils y ont droit ?

Qui viennent en douce à la débauche coincer un collègue dans le vestiaire, pour tenter de physiquement l'intimider, et obtenir de lui qu'il prenne son départ en retraite anticipé ? Croyant que cela évitera une nouvelle charrette de licenciements, sauvant leurs fesses au détriment du copain, de la même manière indigne qu'ils arrachent des mains d'inconnus le dernier polo bardé de sa griffe et bradé en taille 44 ou la boîte de l'ultime smartphone ?



★ L'habit ne fait pas le bobo ★

Certains diseurs de gauche feraient bien de mettre à jour leur logiciel. Plutôt que de reprocher à tue-tête, aux gens qui ont été indignés par la violence qu'a provoqué ce coup de promo sur de l'huile au sucre, d'être des "bobos haineux". Et surtout de vraiment mettre un jour les pieds dans un magasin bio, pour enfin savoir de quoi on parle.

Par exemple, pour découvrir que la marque, pour laquelle ces quelques abrutis se sont battus, est vendue plus chère que certaines pâtes à tartiner aux vrais chocolat et noisettes bio. Ou pour constater ébaubis qu'on trouve du bio dans les mêmes supermarchés où les batailles ont eu lieu.

Et puis pour éventuellement se rendre compte aussi que parmi les pauvres, même les très pauvres, il y a des "Bobos". Des gens - ma foi c'est incroyable - qui lisent, qui se cultivent, qui s'informent, qui se forment, qui se rendent compte du monde dans lequel on vit. "Du martèlement du marketing, de la chaîne de production", tout ça, et qui choisissent de transformer leur maigre pouvoir d'achat en choix librement consenti de frugalité.

Ça ne signifie pas pour autant que leur journée se cale sur le mode de vie des moines cisterciens.

Du chocolat en pâte - faut-il le rappeler - ce n'est pas un produit de première nécessité, encore moins de la nourriture, c'est un plaisir. Je ne dis pas par conséquent qu'il faut apprendre à s'en passer, mais à raison garder. Un pauvre, même celui qui s'est affranchie de l'envie d'acquérir des marqueurs sociaux, n'est pas plus réfractaire qu'un autre à l'idée d'égayer ses papilles, de jouir de la vie. Il faut bien que le corps exulte. Or là je m'insurge, car il y a mille façons de se faire plaisir avec trois fois rien, sans risquer l'obésité et l'arrêt cardiaque, sans aggraver la déforestation et l'extinction d'espèces animales. Et sans taper sur la gueule de son voisin.

L'affrontement physique pour des futilités nuisibles n'a aucune excuse, quelle que soit la condition. Le vol peut avoir des circonstances atténuantes, la brutalité vulgaire n'en a pas.



★ Carences en liens ★

Si on réfléchit deux secondes, on peut distinguer un dénominateur commun émergeant de chacun des parcours des individus appartenant à la catégorie pauvre. C'est cette absence d'humanité, de justice, d'égalité, propre à notre système, qui un jour s'est imposée à eux, de façon plus ou moins répétée, plus ou moins supportable, et qui les oblige à un moment donné à faire comme ils peuvent avec ce qu'ils ont.

Je parle de tous ceux qui ne sont pas économiquement viables, et dont la totalité des revenus passent dans les factures. La solidarité, le partage, la bienveillance, le bons sens devraient les relier. Mais la honte prévaut dans ce système où règne aussi la croyance que l'on est pauvre parce qu'on le mérite. Jusqu'à ce qu'ils se renvoient les uns les autres la même violence dont ils sont les victimes. Et la boucle est bouclée.

Pendant que les autres catégories de mieux lotis leur font la charité sur un ton condescendant, c'est l'isolement et la culpabilité qui les enferment. Et la défiance aussi. Alors que l'occasion est donnée de sortir du schéma.

Puisqu'on est déjà poussé hors du jeu, autant l'être tout à fait. Sans en avoir l'air. Avec talent.



★ La plastique des neurones ★

Malheureusement, à l'inverse de la classe ouvrière qui partage une Histoire, une culture, des savoir-faire, ou de la classe bourgeoise qui s'entend sur des traditions, des principes, des réseaux, les pauvres n'ont pas de liens historiques, pas de repères culturels. Ce n'est pas une classe, c'est une situation matérielle qu'affrontent toutes sortes de gens.

Heureusement, la liberté de penser, l'ingéniosité et l'indépendance intellectuelle ne sont pas fatalement proportionnelle à ce que l'on a dans le porte-monnaie. La faculté de de ne pas se soumettre, de résister n'est-elle pas universelle ?

Cette capacité à voir les choses autrement, à s'auto-organiser, à se réapproprier les moyens de son existence a démontré maintes fois dans l'Histoire et à travers le monde que l'intelligence n'est pas inhérente à la classe sociale, ni au statut professionnel, ni au salaire perçu. Elle peut émerger de toute part, par la seule volonté, par le seul désir d'autonomie, par le besoin impérieux d'un changement.

Et si de ça nous en avions tous les moyens ?



DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Autonomie, Éthique, Kufuu, Mode de vie, Politique

Feed christmas free


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

This is the season for donations. We give, it's easy. It costs nothing. Way of speaking. Give a little bit to a side, to be forgiven of so much wasting from the other. Because, paradoxically, when on the occasion of end-of-year feasts, we suggest to spend nothing specially, to stop participating in that consumer debauchery, those rituals that make no sense, except that of plunging people into a state of tremendous stress, we get outraged reactions, as if it were very expensive.



Henceforth, we see arriving on the supermarket shelves the boxes of chocolates as soon as the fournitures of the back to school are put in reserve. As people's incomes are increasingly bloodless, it is a question of encouraging them to staggering christmas purchases over several months, to pay in several installments for the very expensive presents, or nothing before the begining of the new year. Like prices in 99 cents, paying next year, even if in fact it is in a few weeks, seems to leave a psychological respite enough to no longer see the expense.

This general frenzy causes over-indebtedness, makes people a bit more sick, and destroys the planet a little bit more.



Does this injunction to happiness justifie irresponsability ? Even if it increases cholesterol, poisons the oceans with more plastic, accelerates the extinction of the living ? This gurgling of food does not nourish in any way, heals nothing, brings nothing more than the fake satisfaction of a collective impulse, generated by a continuous pounding of the brain, to that ultime frightening point of persuading that evading all of that would amount a kidney self-amputation, or other same kind of torture.

So we go all together, armed with the checkbook and the blue card. We believe in Santa Claus and we ejaculate of spending money in a great collective groan, just before the hangover, the blow of bamboo, before the first payment notice for the credit of the new flat screen, the latest smartphone, the new robot to make fresh raw multivitaminated juice that we will never have time to use, but so indispensable on the counter of the kitchen.



Do we really need all this to take good time with our loved ones? What would happen so unbearable if we make the choice right now to stop ? If you must spend money to share something, give it to a good cause. No need to do it for an excuse. Give freely. For example, to a wild animals clinic association like [Le centre de Soins de la Faune Sauvage] in Châtellerault. Money or supplies will be accepted with great pleasure.

Our brain supposedly an exceptional fruit of evolution cannot it be used to imagine doing otherwise? Offer home made stuff, eat simple but lovingly cooked at home, decorate home without cut tree. There are so many free opportunities to share more, to meet themselves for real around a simple pretext without that huge waste of ressources. A pretext to renew as much as we want, by the way, and not just once a year when the whole system calls for it.



In my city, henceforth from the holidays of Toussaint to christmas eve, it is the rush in the shops, the traffic jams and the people who everywhere jostle, like a herd of marathoners. I'm not saying that giving up this commercial bleeding will fix hunger in the world, prevent the sea level from rising and protect from a nuclear disaster. For all this, it's already too late.

But, remember what is it about in A Christmas Carol, putting forth the idea that charity, celebration and sincere human connection are more important than wealth and ritual. Therefore, since this is a children's celebration, a little bit of coherence would be welcome about their own future and what legacy we are about to leave to them.



DClassé dans : Ma ville ,Mots clés : Christmas, Winter, Kufuu, Minimalism, Way of life, Degrowth, Ethic

Baume déo coco


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Alternative aux poisons cancérigènes vendus au kilomètre dans le commerce, voici une petite recette de déodorant à faire soi-même, avec seulement trois ingrédients.



Si les déodorants bio semblent être aussi sains, simples et plus faciles que de faire de la tambouille chez soi, c'est pas faux, mais ça devient très compliqué lorsqu'on a les aisselles qui se mettent à démanger bizarrement.

Alors on regarde ce qui pourrait bien provoquer ça et on découvre au dos du packaging, écrits en tout petit, des ingrédients "naturel" mais pas vraiment "végétal" et pas du tout "bio". Des composés dont on ne sait s'ils sont synthétiques ou minéraux, comme le benzoate de benzyle qui est un solvant, ou bien des agents de foisonnement, émulsionnant ou anti-agglomérant comme l'oxyde de zinc, mais aussi de l'alcool benzylique, des huiles hydrogénées ou estérifiées, et autres joyeusetés allergènes du même acabit.



Comme c'est une guerre sans fin qui nécessiterait de reprendre ses études pour se familiariser avec tous ces noms barbares, je préfère fabriquer moi-même, de cette façon je sais exactement ce que j'étale sur mes aisselles et fait pénétrer dans ma peau.

Et puis au-delà du bénéfice santé, ce baume est très économique à l'usage. Sa préparation revient à quelques centimes pour un petit pot qui dure des mois et des mois. Enfin sans bicarbonate de soude, il n'est pas irritant, et quoique ce soit facultatif, il peut être agrémenté d'une huile essentielle.


Sans tarder, voici la formule :
  • 50g d'huile de Coco
  • 30g d'Arrow Root
  • 5g de cire de Carnauba
Facultatif - 10 gouttes d'huile essentielle de Palmarosa (antibactérienne, antifongique, astringente, régénérante).
  • L'huile de coco est naturellement parfumée et riche en saponines, ce qui lui confère une action antibactérienne et antifongique. Riche en acide laurique, elle est également nourrissante, apaisante et adoucissante, qualités appréciables après un rasage ou une épilation, pour celles et ceux encore adeptes de cette pratique d'un autre âge.
  • La cire de carnauba est une alternative vegan à la cire d'abeille mais dont on peut reprocher l'origine lointaine. Elle stabilise et durcit le produit auquel elle donne un pouvoir filmogène.
  • La fécule d'arrow root quant à elle est épaississante, absorbante et matifiante, et elle va apporter un toucher soyeux.
Mode opératoire :

Faire fondre doucement l'huile et la cire au bain marie à 80-85°C, température précise afin de permettre à la cire d'atteindre son point de fusion. Retirer du feu et ajouter au fur et mesure en fouettant doucement la fécule pour lier intimement les ingrédients. Mettre dans un pot et laisser un peu épaissir avant d'ajouter l'HE et de mélanger une dernière fois. Mettre au frigo quand le baume est bien refroidi et laisser reposer une nuit.

À température ambiante confortable, le baume se ramollit, c'est tout à fait normal. Surtout si l'hiver, comme chez moi, le chauffage tourne à plein régime sur des radiateurs sans thermostat. Du reste, une texture crémeuse est plus pratique pour prélever du pot une petite dose.

Mais on peut également verser la préparation en dernière étape dans un moule en silicone et ensuite conserver le baume au frigo, cela en fera un déo solide.


Mode d'emploi :

Appliquer une toute petite quantité sur chaque aisselle. La peau l'absorbe très vite et ne laisse aucune sensation de gras, ni sur les doigts.

Depuis environ deux ans que je l'utilise, je n'ai jamais eu de trace laissée sur un tee-shirt ou un chemisier, aucun vêtement tâché. Et côté efficacité, n'en mettant pas forcément tous les jours, j'ai pu souvent constaté que son effet dure plus de 24h. Quelle que soit la saison, ce baume ne m'a jamais fait défaut.



DClassé dans : Mes bricolages ,Mots clés : Autonomie, Corps, DIY, Éthique, Kufuu, Recettes, Salle de Bain, Soins naturels