Sablés d'automne


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Encore un jour où, dès le matin, le temps a beau s'écouler, il fait toujours aussi sombre de l'aube jusqu'à la tombée de la nuit. Ciel de sciure, buée sur les vitres et odeur de feu de bois qui lèche la surface de l'immeuble, jusqu'à s'engouffrer dans mes narines lorsque je viens secouer un torchon à la fenêtre de la cuisine. Encore un jour où, dès le matin, j'allume les lampes.
Tiens, cette fois, le four aussi.



Le froid est arrivé d'un coup. Partout les tempêtes s'enchaînent et se rapprochent de l'hexagone.

Ici en moins de deux jours, le ciel est passé d'un bleu saturé de sécheresse à un plafond de pluie grise et glaciale. Le vent transit des arbres qui ont eu l'insouciance de rebourgeonner. Dans les potagers les tomates éclatent, et sous chaque feuille, d'un vert de lune, l'ombre est noire.



Le chauffage est allumé depuis une semaine et déjà il tourne à plein. Malgré tout, de sournoises capsules d'air froid frôlent ma nuque et mon dos. C'est la saison des premières bouillotes, des envies de chocolat fondant et de réconfort sucré.

En cuisine, seuls les pâtes à tartiner, les pâtés végétaux et la pâtisserie réussissent à me passionner. Tout ce qui a un lien avec la pâte... Et les doigts qu'on lèche...

Et à chaque fois que j'entreprends une fabrication de biscuits sablés, c'est en reprenant les notes de mon carnet de recettes, pour faire avec ce que j'ai sous la main, de manière simple et rapide.



Bouddha, ma lapine, entretient une frayeur inébranlable de la porte du four. C'est qu'à peine on l'ouvre de quelques centimètres, déjà la porte grince comme les gonds de celle d'un château hantée...

La seconde d'avant, elle est curieuse de ce qui se passe à la cuisine, tourne dans mes jambes, joue avec sa boîte en paille, voire est tout à fait détendue sur les tapis, et la seconde d'après la voilà qui se carapate à toute berzingue, moulinant des membres inférieurs sur le carrelage, perdant de l'adhérence sous ses pattes, virant comme un bolide prend une tête d'épingle au frein à main, et file comme une boule de feu pendant l'orage pour se réfugier dans son antre, le salon.

Quelle terreur lie-t-il à la gazinière ? Celle du plat parfumé à la moutarde dont elle pourrait faire office... ?

Je me le demande à chaque fois avant d'aller vite la réconforter, en l'inondant de bisous sur les yeux, et en lui chuchotant que dans ces lieux elle ne sera jamais envisagée comme une denrée comestible.



Puis je reviens à mon projet gourmand. J'explore ma boîte à farines. Comment fabriquer des biscuits sans gluten qui soient ni secs, ni poudreux, ni fades... Je pose la balance sur le plan de travail et un large saladier dessus.

Voyons si je mélange et malaxe ensemble...
  • 50g de farine de riz
  • 40g de farine de sarrasin
  • 10g de fécule de pomme de terre
  • 50g de sucre rappadura
  • 1 càs de cannelle
  • 1 càs de chicorée en poudre
  • 1 grosse pincée de 4 épices
  • 70g de beurre mou

... ou bien
  • 2 œufs
  • 100g de rappadura
  • 150g de beurre fondu
  • puis 250g de farine de sarrasin
  • 1 càc de levure
  • une pincée de sel
  • et des morceaux de chocolat noir à 70% incrustés sur le dessus


Faire ensuite des boules, avec une cuillère doseuse à fond bien rond, ou bien grossièrement avec les doigts. Les disposer sur une plaque recouverte de papier cuisson et les écraser légèrement avec le dos de la cuillère.

Puis enfourner entre 8 et 10 mins à 180°C.

Laisser refroidir avant de les retirer de la plaque.

Se conservent très bien dans une boîte et sont délicieux accompagnés d'un expresso ou d'un grand mug de camomille.



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Bouillon moulti saisons


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Ce n'est pas parce que le bouillon de viande est la nouvelle boisson des tops modèles que j'en ai toujours un bocal au frigo. Il fait certes un carton dans les coulisses de la mode en tant qu'aliment complet qui ne fait pas grossir, mais pour ma part, c'est surtout pour ces bienfaits sur la santé.



Ce breuvage est magique pour réchauffer et faciliter la digestion. C'est une boisson alcalinisante, qui met l'estomac au repos, hydrate en profondeur et booste les défenses. Mais en ce qui me concerne, j'ai découvert qu'il permettait aussi de réparer le système digestif et ainsi d'aider à réduire, voire faire disparaître, certaines intolérances alimentaires.

Les nutriments que le bouillon de viande renferme entrent dans le mécanisme de construction de nos cellules. Il est capable en particulier de réparer celles de la paroi intestinale, tout en favorisant le rétablissement d'une bonne flore. Exactement ce dont a besoin un intolérant au gluten comme moi, mais également toute personne qui souffre de déséquilibre du système digestif.

Les syndromes d'intolérance alimentaire et de perméabilité de l'intestin sont réputés chroniques par la médecine en générale, et donc incurables. Seule l'éviction des aliments non-tolérés est préconisée, imposant un régime strict à vie, et beaucoup de compléments alimentaires, voire même un traitement allopathique. Moi j'ai choisi un remède vieux de plusieurs millénaires, qui fait ses preuves dans de nombreuses études sur le syndrome du colon irritable, la maladie de Crohn mais également l'autisme et l'hyperactivité.



Évidemment, je parle d'un bouillon "fait maison". C'est absolument impératif. Et je vais tout expliquer sur sa préparation, qui en fait est vraiment très simple.

Il existe toutes sortes de bouillons de viande : à la volaille, à l'os, aux crustacés, au bœuf, ou encore au poisson d'eau froide, comme le maquereau qui du reste est à un prix très abordable. Mais ma préférence va à ceux de poulet et de poule, car ils sont les mieux tolérés. Et voici comment je m'y prends.

★ Recette de la décoction de gallinacé ★

  • Choisir une bestiole de la sous-espèce Gallus gallus domesticus, entier ou coupé. Mais un lot de cuisses et d'ailerons fera aussi bien l'affaire. Placer la viande dans un très grand faitout et la recouvrir entièrement d'eau filtrée à laquelle on ajoute du poivre, du sel, des feuilles de laurier, du thym et autres aromates au choix.
  • Couvrir, monter à ébullition puis baisser et cuire à feu très doux durant au moins 3 heures.
  • Laisser refroidir.
    Je le prépare toujours le soir et laisse "infuser" la viande toute la nuit, ce qui rend la chair plus tendre.
  • Retirer ensuite la viande et la disposer dans un plat, puis recouvrir et placer au frigo.
    Elle se conserve ainsi une dizaine de jours.
  • Transvaser le bouillon restant dans des bocaux hermétiques puis les stocker également au frigo.
  • Quand le bouillon sera gélifié, la matière grasse sera remontée et formera une couche sur le dessus. Avec une cuillère, enlever cette couche et la mettre dans un petit bocal. Elle pourra être utilisée pour faire revenir des légumes ou préparer un pilaf de quinoa.
  • Ensuite pour réchauffer une tasse, à boire tous les jours, il suffit de verser dans une casserole une louchée de gelée.


Qui n'a jamais lu dans la littérature classique l'histoire d'un malade à qui on donne du bouillon de poule ?

Mais que donc renferme de si précieux ce bouillon ?

  • De la gélatine
  • Du collagène
  • Des acides aminés : glycine, proline, arginine et glutamine
  • Des sels minéraux facilement assimilables : calcium, phosphore, magnésium, silice et souffre.
  • De la glucosamine, qu'on ne trouve dans aucun végétal, et qui joue un rôle important pour les articulations, le système immunitaire et les hormones.

Si l'organisme est capable de synthétiser la glucosamine à partir du fructose une fois métabolisé par les cellules, il lui faut aussi de la glutamine, que l'on trouve évidemment dans les produits carnés, mais également dans les céréales et les légumineuses. Cela est intéressant quand on choisit de ne plus manger de viande, et c'est l'argument que répète à l'envi toute la propagande végan. Mais encore faut-il pouvoir bien digérer ces derniers...

Or quand les intestins sont irritables, cela veut bien dire ce que cela veut dire, beaucoup d'aliments ne passent plus et notamment ceux riches en glucides et en fibres. Et c'est le souci que j'ai rencontré avec le végétalisme. Comme quoi ce régime alimentaire n'est pas adapté à tout le monde, contrairement à ce que plaident bruyamment ses adeptes. Du moins pas sans se complémenter substantiellement, et de fait financer l'industrie pharmaceutique, de laquelle on devient par conséquent entièrement dépendant, ce qui est passablement incohérent quand on adopte ce mode de vie par sensibilité pour la condition animale.



Je savais qu'une bonne quantité de graisse dans les céréales ralentit la digestion de l'amidon et évite les pics de glycémie. Mais cuire des céréales dans du bouillon de viande les rends beaucoup plus digestes et leur donne une plus grande valeur nutritive. Or après quatre ans de végétalisme, ma digestion restait un gros problème, mon ventre ne cessait d'être constamment gonflé, et mes intestins assimilaient encore avec difficultés les nutriments. Adopter le bouillon de poulet m'a permise petit à petit de dégonfler, de palier aux carences que j'avais accumulées, et de digérer paisiblement de plus en plus d'aliments variés.

Quels sont en détails ses bienfaits ?

Le bouillon de viande :

  • Aide à fixer la vitamine D.
  • A une action anti-inflammatoire.
  • Favorise le sommeil et la détoxification du foie.
  • Améliore la digestion, la santé des articulations et la solidité des os.
  • Soutient le métabolisme de la thyroïde, le système immunitaire, la croissance des ongles et des cheveux.
  • Aide à l'assimilation des nutriments, la réduction de la cellulite et la tonification de la peau.
  • Participe à la cicatrisation des plaies.
  • Reconstruit la paroi intestinale.


Une allergie à quelque chose, quand on est adulte, ne disparaît jamais complètement. Mais l'organisme peut apprendre à s'adapter plutôt qu'à juste violemment réagir, s'il a à sa disposition les bons outils. Du moins c'est ainsi que j'explique l'amélioration de ma digestion.

Grâce au bouillon, je ne me tord pas de douleur et ne vomis plus tripes et boyaux si j'avale du gluten. D'intolérante je suis passée à sensible, c'est à dire que mon système immunitaire répond maintenant modérément à la présence de l'intrus, d'autant plus si je mange quelque chose de fait maison. Je supporte également beaucoup mieux les produits laitiers, surtout ceux fabriqués à base de lait de brebis et de chèvre, certifiés bio et de production artisanale. Et enfin je peux remanger des céréales et des légumineuses, à petite dose pour le moment, mais sans plus aucun désagrément.



Aussi je pense modestement être une illustration de l'évolution positive d'une intolérance alimentaire. La mienne s'est manifestée très progressivement à partir de la trentaine et j'ai la certitude que la malbouffe industrielle en est à l'origine. Plusieurs années en poste dans la restauration rapide, suivies d'une sérieuse addiction au sucre, ne peuvent rester sans effet sur la santé. Mais contrairement au verdict de la médecine conventionnelle, les dommages provoqués n'ont pas été irréversibles.

Je ne dis pas que le croisement avec mon patrimoine génétique et un contexte particulièrement stressant n'ont pas été déterminants. Je dis seulement que désormais, les allergènes qui aujourd'hui continuent à me rendre vraiment malade, c'est sans nul doute la pollution de l'air, de l'eau et de la terre, la peur du lendemain... et la globalisation de la crétinerie.


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Le lyrisme du robinet


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Ne rien avoir à faire... Ou plutôt ne trouver de bonnes raisons pour faire... à rien. Être fatigué aussi... de faire mais pour rien.
Alors s'occuper d'un rien.



Évidemment cela n'a sans doute aucun rapport, mais depuis qu'on a installé une vmc dans l'immeuble, qui a entraîné plusieurs jours de grands coups de marteaux pour démolir l'intérieur du conduit d'aération passive, le robinet d'eau froide de la cuisine chante... Du moins il vocalise. Un sample est écoutable d'un [ clic ici ].

Soit un nouveau son à ajouter à [ mon bilan des bruits ].



Il ne le fait pas spontanément, seulement si on l'ouvre en même temps que le robinet d'eau chaude. Ou bien lorsqu'on fait couler de l'eau depuis la salle de bain. Alors il se met à fuir et à entonner la Casta Diva de la "Norma" de Bellini.

En beaucoup moins mélodique, on doit le reconnaître... mais d'une intention tout autant mélodramatique.

Et ce chant improbable accompagne les tâches afférentes aux préparations des repas, au rangement des courses, au nettoyage de la cuisine, bref, mon quotidien et sa vacuité chronique.



Chaque jour j'avance sur un chemin dépourvu de destination. Pour mettre alors entre parenthèses mon cerveau sans cesse préoccupé par cette vie précaire, qui ressasse indubitablement la durabilité de ma situation économiquement non-viable, après avoir rangé la cuisine et fait la vaisselle, je procède à l'essuyage exhaustif des surfaces, et notamment de l'évier.

Je fais la même chose dans la salle de bain après la douche, je passe l'éponge sur le carrelage, la baignoire, le lavabo...

Mais l'évier exige un peu plus de technicité, et donc d'attention. Comme il est en inox, la moindre goutte d'eau séchée laisse une trace et donne un aspect sale à l'ensemble. Il s'agit donc de l'assécher à l'éponge puis de le lustrer à la microfibre, comme une carrosserie.



J'essuie les bacs, leurs rebords, et bien sûr le plan strié sur lequel est posé l'égouttoir. Et puis le carrelage. Toute l'opération requiert une certaine dextérité.

Par exemple, le coin où sont disposés les petites bouteilles du liquide vaisselle et du savon oblige une puissante souplesse de la main qui les attrape et les tient en l'air, malgré leur tendance fâcheuse à la consistance glissante, pendant que l'autre main, armée de l'éponge et avec une efficace rapidité, essuie dessous d'un coup franc avant de vite donner un coup de main à la première main d'où les bidons s'exfiltrent déjà sournoisement.



Mais le plus délicat reste encore le dessous de l'égouttoir.

Fraîchement rempli de vaisselle propre encore ruisselante, là il est nécessaire de faufiler une main puis l'avant-bras pour réussir à couvrir toute la surface, jusqu'au mur carrelé, sans risquer de soulever malencontreusement le totem de verres, de mugs, de bols, d'assiettes et de casseroles dressé juste au dessus, et de provoquer sa fracassante dégringolade. Et ça plusieurs fois avant d'arriver à faire briller toutes les cannelures qui drainent l'eau tombant en cascades et qui laisse en séchant de disgracieuses marques de calcaire grisâtre.



Toute à cette acrobatie ménagère, mon inquiétude perd alors de sa vigueur. Elle se disperse, empruntant le chemin des filets d'eau, s'étirant et affluant de l'éponge vers le fond du bac, s'agglomérant une seconde au détour d'un rebord, puis de rivière en confluent, forme un lac, s'éparpille à la mesure du barrage qui inonde un faux plat, s'écoule en suivant un dévers, pour finir par s'évaporer en mille filaments dans l'abîme des trous de la grille de la bonde.



Chaque boursouflure aqueuse annihilée du champ inoxydée est une victoire sur le champ de bataille de mes pensées circulaires, de mes réflexions angoissées, et sur la fatalité du taux de roches sédimentaires charriées dans les tuyaux par la ressource municipale. L'aspect lisse de l'élément métallisé, aménagé sur un placard pour ajouter au confort de l'eau courante, écorne les aspérités sur lesquelles s'égratignent à chaque instant mon ouï.

La maîtrise de ce sur quoi chez moi se posent mes yeux pour tenter d'étouffer partout autour le contenu sonore des occupations des autres qui s'impose à l'ouverture de mes oreilles.

La qualité de locataire est un abus de langage en ce qui me concerne. S'ajoute d'autres statuts. Témoin journalier du manque de pudeur des unes et des uns, auditeur involontaire des incivilités des autres, spectatrice assignée aux activités de toutes et tous, quand personne, jamais, ne s'inquiète du dérangement qu'il provoque. Cernée que je suis par un lot d'ahuris qui s'en tamponnent le coquillard, se moquent comme de leur première verrue de l'intimité que tout mon corps réclame et qui, à défaut, s'échine à frotter un évier pour lui faire oublier à lui-même où il est, et la misère dans laquelle il se refuse à mourir.



Presser la mousse synthétique pour en extraire tout le jus absorbé et le précipiter vers le tout à l'égout, rincer la microfibre aux hurlements de l'arrivée d'eau fraîche, jouer les sons d'agonie de mon désir de trituration, d'écrasement, d'asphyxie, d'expulsion, d'évacuation. Par l'éponge combler ma carence en moyens, ceux qui permettent la fuite, qui rendent libre de s'échapper et d'atteindre la beauté du silence et de la quiétude.

Apaiser les cris de mon cerveau par ceux du robinet. Et par le tableau immobile de l'immaculé reflet froid de la lumière du nord sur la vasque grise.



Lorsque l'eau en a tout à fait été bannie, le tumulte retombe comme une radio qu'on éteint. Et ma crispation est juste un peu moins intense. Par un enchaînement de gestes automatiques, je range alors l'éponge dans sa corbeille ventousée au carrelage, la microfibre à son crochet collé, et je m'essuie les mains au torchon pendu à la gazinière.

Les pieds nus sur le tapis, en dénouant mon tablier de mes doigts encore humides, mon regard englobe toute la pièce, se heurte à la dureté pâle des murs qui m'entourent, et déjà ma pensée est prise en otage par le concert d'un chien qu'on engueule, par une brosse qu'on cogne avec entêtement sur la céramique des toilettes, par un gamin qui court, qui tombe et pleure. Et là, sans avoir à scruter la pièce durant de longues secondes, mes yeux échouent à chaque fois sur un verre ou un petit bol laissé sale sur la console juste derrière moi.



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Gâteau pomme cannelle


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Un délice en automne comme en hiver, cuit rond, carré ou rectangulaire, en dessert ou au goûter, servi avec une boisson chaude ou une coupe de champagne, le gâteau aux pommes est en pâtisserie un classique incontournable comme la tunique brodée en coton indien l'est à une garde-robe hippie chic minimaliste.



Celui dont je m'apprête à vous livrer le secret est une douceur légère, à IG bas, sans céréales, sans gluten par conséquent, et sans lactose. Une gourmandise pour végétarien et paléo, mais surtout un délice pour absolument tout le monde.

Et il est très simple à faire.



Ingrédients
  • 3 ou 4 belles pommes sucrées et croquantes
  • 150g de poudre d'amande
  • la pulpe d'une gousse de vanille
  • 2 grosses c-à-s bombées de miel
  • 1 c-à-c de cannelle
  • 3 œufs
  • un peu d'eau


Préparation
  • Préchauffer le four à 180°C.
  • Dans un saladier, fouetter l'amande, les œufs, le miel et la cannelle.
  • Ajouter un peu d'eau pour obtenir une consistance ruban souple, mais pas liquide.
  • Peler et couper les pommes en petits morceaux de 2cm de large environ.
  • Gardez-en une partie pour la décoration.
  • Incorporer-les à la pâte et corriger la texture avec de l'eau si besoin.
  • Disposer sur le dessus le reste de pommes.
  • Saupoudrer de cannelle.
  • Enfourner pour 25mins.


La vanille peut être remplacée par du sucre vanillé. Pour ma part, j'ai une préférence pour les miels foncés et celui de châtaigner se marie très bien avec la pomme à la cannelle. Pour un peu de croquant, je recouvre les pommes sur le dessus d'une poignée d'amandes concassées qui vont toaster à la cuisson.



J'ai bien envie de le tester prochainement avec une poignée de raisins secs en plus, ou une couche de cacao brut saupoudrée à mi-hauteur de la pâte, ou avec des carrés de chocolat à 85% réduits en pépites et mélangés à la pâte...

Ou juste sur le dessus, avec des noisettes effilées...

Ou avec le jus d'une orange pressée à la place de l'eau...

Ou encore servi avec une chantilly de lait de coco...


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Yaourt maison à la glacière


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Depuis quelques mois je fabrique moi-même mon yaourt, pour profiter de ses bienfaits sur la flore intestinale, pour manger un produit laitier artisanal, dans lequel je sais exactement ce qu'il y a, et que je tolère très bien malgré mes anciennes réactions. De plus c'est très facile, rapide, et je le fais sans électricité.



Voici [ ici l'article ] qui détaille le mode opératoire dont je m'inspire largement et qui explique dans le mêmes temps les nombreuses bonnes raisons de faire soi-même ses yaourts.
Et voilà comment je m'y prends.
C'est un peu différent.

Ingrédients
  • 1 litre de lait entier et cru (de préférence de brebis ou de chèvre et bio)
  • 3 c-à-c de yaourt de chèvre bio
Matériel
  • une glacière
  • un thermomètre de cuisson
  • un pot hermétique d'un litre
Préparation
  • Je chauffe mon litre de lait à feu moyen jusqu'à une température comprise entre 85°C et 90°C. J'ai lu dans le bouquin de [ Giulia Enders ] que la plupart des bactéries pathogènes meurent quand elles sont soumises à une température de 60°C durant au moins dix minutes. Comme je trouve dommage de stériliser un lait cru alors que l'on recherche justement à profiter de sa spécificité, je le chauffe seulement 15 minutes, pas plus, et sur un feu très doux.
  • Puis je coupe le feu et je le verse dans un pichet pour le laisser refroidir. Quand il descend autour de 55°C, j'en prélève 3 c-à-s que je fouette dans un bol avec le yaourt. Le mélange mousse et forme une crème. Puis je le reverse dans mon pichet, je fouette et je remplis un pot avec, qui ferme hermétiquement.
  • Entre temps j'ai fait chauffer de l'eau jusqu'à 60°C que je verse dans le fond de ma glacière. Je surveille son refroidissement jusqu'à 55°C et je place mon pot dedans. Je ferme et je laisse lactofermenter pendant 10-12 heures.
Je n'ai jamais obtenu un yaourt après seulement 3 heures, contrairement à ce qui est indiqué dans l'article que je mentionne plus haut. Et le goût du yaourt que j'obtiens n'est pas du tout acide pour autant. C'est juste de la crème, riche en matières grasses, un vrai délice. D'autant que plus la fermentation est longue, plus le lactose est transformé par les lactobacilles, plus le yaourt devient digeste.

Je n'ai jamais raté une fournée, ce qui semble souvent arriver avec les machines électriques si on se fie aux forums qui en parle sur le net.

J'ai essayé une méthode sans chauffe du lait mais avec une fermentation très longue de 24 heures, et il n'a que partiellement coagulé, comme un yaourt à boire. Ce n'était pas mauvais du tout, mais je préfère chauffer afin de dénaturer la caséine et la lactoglobuline, deux protéines qui ainsi vont pouvoir ensuite réagir à l'acide lactique produit par les bactéries et participer à l'épaississement du yaourt.

Inutile donc d'investir dans une machine électrique, parfois complexe avec de l'électronique embarqué, et surtout beaucoup de plastique autour. Et en cas de panne de l'engin, ou de courant tout bêtement, plus possible de faire du yaourt. Pour ma part, puisque je n'avais rien qui ressemble de près ou de loin à une boîte isotherme, je me suis équipée d'une Me&Yo pour 35 euros, séduite par la garantie sans BPA et son tout petit format. Mais n'importe quelle petite glacière peut faire l'affaire.



Le lait, le yaourt et moi

Par défaut j'utilise pour le moment du lait de vache, pas bio mais certifié AOC. Dès que je trouve du lait de chèvre, cru et entier, je change. On pourrait croire que c'est le genre de produits faciles à dénicher maintenant dans les magasins bio, et bien pas du tout. On peut souvent aussi entendre qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre les laits de vache, de brebis et de chèvre, notamment concernant les protéines, ce qui peut être le cas si on n'y regarde pas de plus près.

Pourtant le lait de brebis est le plus riche des trois en caséine, c'est d'ailleurs ce qui lui permet de coaguler très vite et le rend particulièrement intéressant pour faire du fromage. Mais c'est aussi le lait qui contient le plus de minéraux. En fait chaque lait présente des particularités à différents niveaux qui peuvent devenir notoires en terme de digestion selon les difficultés à tolérer tel ou tel de leurs composants, comme leurs protéines, leurs sucres ou leur cholestérol. C'est donc à chacun de tester, de sentir et d'observer les réactions.

Ceci dit, la brebis et la chèvre étant des petits animaux, il y a moins de facteurs de croissance et d'hormones, et leur élevage est aussi moins industriel. Leur alimentation étant essentiellement végétale, cela se répercute sur la qualité du lait qui chez la chèvre contient jusqu'à quatre fois plus d'oligosaccharides que celui de la vache, un prébiotique bénéfique pour les bactéries intestinales et le système immunitaire. Enfin la taille des particules de protéines et de lipides de leur lait sont beaucoup plus petites et les rendent ainsi de fait plus digestes. Une récente étude montrerait que 20 minutes suffisent pour les digérer, contre 3-4 heures pour le lait de vache.

Le lait de chèvre a ma préférence pour son goût et sa texture fine et crémeuse. Et en bonus, il est riche en vitamines A, D, et B3 qui joue un rôle important dans la formation des globules rouges et le transport de l'oxygène vers les cellules. Ce qui chez moi présente un intérêt quand on manque un peu de minéraux, comme le fer, suite à une relative habitude de la junkfood pendant longtemps, suivie de quatre années de végétalisme. Je parle de tout cela [ ici ].

Cependant, il est juste que le lait reste un aliment dont il ne faut pas abuser et qu'il est préférable de le manger sous sa forme fermentée, issue d'une recette la plus simple possible, c'est à dire à base de lait cru et entier, bio si possible, avec des ferments naturels, sans ajout de coagulant de synthèse, sans présure animale, sans OGM.

Cru, car un produit microfiltré, pasteurisé, ou UHT surtout, est un produit quasi mort. Et puis d'après l'article en lien plus haut dans ce billet, on n'obtiendrait pas le même résultat pour le yaourt. Ceci dit, dernièrement j'ai testé le lait microfiltré bio, qui n'a pas formé une couche de matière grasse sur le dessus, mais il était tout aussi ferme et délicieux. Bien sûr il était entier pour éviter les procédés industriels qui dénaturent et puis parce que c'est bien meilleur. Bio car c'est la garantie d'un cahier des charges dans une moindre mesure respectueux de l'environnement, mais AOC c'est bien aussi.

Pour l'ensemble des produits laitiers fermentés, l'idéal est de les choisir sans présure animale, un coagulant qu'on appelle la caillette et qui est prélevé dans le quatrième estomac de jeunes ruminants avant leur sevrage, ce qui inclut l’abatage de l’animal. Et enfin sans coagulant de synthèse ou d'origine fermentaire, par exemple celui produit par l'aspergille noir, un champignon génétiquement modifié.

La réglementation de l'étiquetage en France est très peu exigeante dans ce domaine. En effet, la présure peut être animale mais parfois aussi végétale, extraite du Gaillet jaune, du lait de figuier, de la fleur de chardon sauvage ou de celle de l'artichaut. Or l'origine et le procédé de fabrication des coagulants n'est pour ainsi dire jamais mentionnée. Ainsi les végétariens ignorent souvent qu'en mangeant du fromage ou du yaourt, ils peuvent aussi manger un produit animal.

En fait, c'est le cas avec tous les produits qui contiennent des matières grasses, certains arômes et colorants, et des épaississants. Même le sucre blanc est un problème, outre le fait que c'est un aliment mort, car sa blancheur peut être obtenue par un filtre composé d'os de bovins calcinés. Nous n'avons aucun moyen de l'éviter sans un étiquetage très précis sur l'origine et la fabrication des ingrédients. Sauf en décidant de gagner en autonomie, car reste une solution pour réduire les inconnues, faire soi-même !



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