Le lyrisme du robinet


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Ne rien avoir à faire... Ou plutôt ne trouver de bonnes raisons pour faire... à rien. Être fatigué aussi... de faire mais pour rien.
Alors s'occuper d'un rien.



Évidemment cela n'a sans doute aucun rapport, mais depuis qu'on a installé une vmc dans l'immeuble, qui a entraîné plusieurs jours de grands coups de marteaux pour démolir l'intérieur du conduit d'aération passive, le robinet d'eau froide de la cuisine chante... Du moins il vocalise. Un sample est écoutable d'un [ clic ici ].

Soit un nouveau son à ajouter à [ mon bilan des bruits ].



Il ne le fait pas spontanément, seulement si on l'ouvre en même temps que le robinet d'eau chaude. Ou bien lorsqu'on fait couler de l'eau depuis la salle de bain. Alors il se met à fuir et à entonner la Casta Diva de la "Norma" de Bellini.

En beaucoup moins mélodique, on doit le reconnaître... mais d'une intention tout autant mélodramatique.

Et ce chant improbable accompagne les tâches afférentes aux préparations des repas, au rangement des courses, au nettoyage de la cuisine, bref, mon quotidien et sa vacuité chronique.



Chaque jour j'avance sur un chemin dépourvu de destination. Pour mettre alors entre parenthèses mon cerveau sans cesse préoccupé par cette vie précaire, qui ressasse indubitablement la durabilité de ma situation économiquement non-viable, après avoir rangé la cuisine et fait la vaisselle, je procède à l'essuyage exhaustif des surfaces, et notamment de l'évier.

Je fais la même chose dans la salle de bain après la douche, je passe l'éponge sur le carrelage, la baignoire, le lavabo...

Mais l'évier exige un peu plus de technicité, et donc d'attention. Comme il est en inox, la moindre goutte d'eau séchée laisse une trace et donne un aspect sale à l'ensemble. Il s'agit donc de l'assécher à l'éponge puis de le lustrer à la microfibre, comme une carrosserie.



J'essuie les bacs, leurs rebords, et bien sûr le plan strié sur lequel est posé l'égouttoir. Et puis le carrelage. Toute l'opération requiert une certaine dextérité.

Par exemple, le coin où sont disposés les petites bouteilles du liquide vaisselle et du savon oblige une puissante souplesse de la main qui les attrape et les tient en l'air, malgré leur tendance fâcheuse à la consistance glissante, pendant que l'autre main, armée de l'éponge et avec une efficace rapidité, essuie dessous d'un coup franc avant de vite donner un coup de main à la première main d'où les bidons s'exfiltrent déjà sournoisement.



Mais le plus délicat reste encore le dessous de l'égouttoir.

Fraîchement rempli de vaisselle propre encore ruisselante, là il est nécessaire de faufiler une main puis l'avant-bras pour réussir à couvrir toute la surface, jusqu'au mur carrelé, sans risquer de soulever malencontreusement le totem de verres, de mugs, de bols, d'assiettes et de casseroles dressé juste au dessus, et de provoquer sa fracassante dégringolade. Et ça plusieurs fois avant d'arriver à faire briller toutes les cannelures qui drainent l'eau tombant en cascades et qui laisse en séchant de disgracieuses marques de calcaire grisâtre.



Toute à cette acrobatie ménagère, mon inquiétude perd alors de sa vigueur. Elle se disperse, empruntant le chemin des filets d'eau, s'étirant et affluant de l'éponge vers le fond du bac, s'agglomérant une seconde au détour d'un rebord, puis de rivière en confluent, forme un lac, s'éparpille à la mesure du barrage qui inonde un faux plat, s'écoule en suivant un dévers, pour finir par s'évaporer en mille filaments dans l'abîme des trous de la grille de la bonde.



Chaque boursouflure aqueuse annihilée du champ inoxydée est une victoire sur le champ de bataille de mes pensées circulaires, de mes réflexions angoissées, et sur la fatalité du taux de roches sédimentaires charriées dans les tuyaux par la ressource municipale. L'aspect lisse de l'élément métallisé, aménagé sur un placard pour ajouter au confort de l'eau courante, écorne les aspérités sur lesquelles s'égratignent à chaque instant mon ouï.

La maîtrise de ce sur quoi chez moi se posent mes yeux pour tenter d'étouffer partout autour le contenu sonore des occupations des autres qui s'impose à l'ouverture de mes oreilles.

La qualité de locataire est un abus de langage en ce qui me concerne. S'ajoute d'autres statuts. Témoin journalier du manque de pudeur des unes et des uns, auditeur involontaire des incivilités des autres, spectatrice assignée aux activités de toutes et tous, quand personne, jamais, ne s'inquiète du dérangement qu'il provoque. Cernée que je suis par un lot d'ahuris qui s'en tamponnent le coquillard, se moquent comme de leur première verrue de l'intimité que tout mon corps réclame et qui, à défaut, s'échine à frotter un évier pour lui faire oublier à lui-même où il est, et la misère dans laquelle il se refuse à mourir.



Presser la mousse synthétique pour en extraire tout le jus absorbé et le précipiter vers le tout à l'égout, rincer la microfibre aux hurlements de l'arrivée d'eau fraîche, jouer les sons d'agonie de mon désir de trituration, d'écrasement, d'asphyxie, d'expulsion, d'évacuation. Par l'éponge combler ma carence en moyens, ceux qui permettent la fuite, qui rendent libre de s'échapper et d'atteindre la beauté du silence et de la quiétude.

Apaiser les cris de mon cerveau par ceux du robinet. Et par le tableau immobile de l'immaculé reflet froid de la lumière du nord sur la vasque grise.



Lorsque l'eau en a tout à fait été bannie, le tumulte retombe comme une radio qu'on éteint. Et ma crispation est juste un peu moins intense. Par un enchaînement de gestes automatiques, je range alors l'éponge dans sa corbeille ventousée au carrelage, la microfibre à son crochet collé, et je m'essuie les mains au torchon pendu à la gazinière.

Les pieds nus sur le tapis, en dénouant mon tablier de mes doigts encore humides, mon regard englobe toute la pièce, se heurte à la dureté pâle des murs qui m'entourent, et déjà ma pensée est prise en otage par le concert d'un chien qu'on engueule, par une brosse qu'on cogne avec entêtement sur la céramique des toilettes, par un gamin qui court, qui tombe et pleure. Et là, sans avoir à scruter la pièce durant de longues secondes, mes yeux échouent à chaque fois sur un verre ou un petit bol laissé sale sur la console juste derrière moi.



DClassé dans : Mon appartement ,Mots clés : Bruit, Cuisine, Corps

Baume déo coco


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Alternative aux poisons cancérigènes vendus au kilomètre dans le commerce, voici une petite recette de déodorant à faire soi-même, avec seulement trois ingrédients.



Si les déodorants bio semblent être aussi sains, simples et plus faciles que de faire de la tambouille chez soi, c'est pas faux, mais ça devient très compliqué lorsqu'on a les aisselles qui se mettent à démanger bizarrement.

Alors on regarde ce qui pourrait bien provoquer ça et on découvre au dos du packaging, écrits en tout petit, des ingrédients "naturel" mais pas vraiment "végétal" et pas du tout "bio". Des composés dont on ne sait s'ils sont synthétiques ou minéraux, comme le benzoate de benzyle qui est un solvant, ou bien des agents de foisonnement, émulsionnant ou anti-agglomérant comme l'oxyde de zinc, mais aussi de l'alcool benzylique, des huiles hydrogénées ou estérifiées, et autres joyeusetés allergènes du même acabit.



Comme c'est une guerre sans fin qui nécessiterait de reprendre ses études pour se familiariser avec tous ces noms barbares, je préfère fabriquer moi-même, de cette façon je sais exactement ce que j'étale sur mes aisselles et fait pénétrer dans ma peau.

Et puis au-delà du bénéfice santé, ce baume est très économique à l'usage. Sa préparation revient à quelques centimes pour un petit pot qui dure des mois et des mois. Enfin sans bicarbonate de soude, il n'est pas irritant, et quoique ce soit facultatif, il peut être agrémenté d'une huile essentielle.


Sans tarder, voici la formule :
  • 50g d'huile de Coco
  • 30g d'Arrow Root
  • 5g de cire de Carnauba
Facultatif - 10 gouttes d'huile essentielle de Palmarosa (antibactérienne, antifongique, astringente, régénérante).
  • L'huile de coco est naturellement parfumée et riche en saponines, ce qui lui confère une action antibactérienne et antifongique. Riche en acide laurique, elle est également nourrissante, apaisante et adoucissante, qualités appréciables après un rasage ou une épilation, pour celles et ceux encore adeptes de cette pratique d'un autre âge.
  • La cire de carnauba est une alternative vegan à la cire d'abeille mais dont on peut reprocher l'origine lointaine. Elle stabilise et durcit le produit auquel elle donne un pouvoir filmogène.
  • La fécule d'arrow root quant à elle est épaississante, absorbante et matifiante, et elle va apporter un toucher soyeux.
Mode opératoire :

Faire fondre doucement l'huile et la cire au bain marie à 80-85°C, température précise afin de permettre à la cire d'atteindre son point de fusion. Retirer du feu et ajouter au fur et mesure en fouettant doucement la fécule pour lier intimement les ingrédients. Mettre dans un pot et laisser un peu épaissir avant d'ajouter l'HE et de mélanger une dernière fois. Mettre au frigo quand le baume est bien refroidi et laisser reposer une nuit.

À température ambiante confortable, le baume se ramollit, c'est tout à fait normal. Surtout si l'hiver, comme chez moi, le chauffage tourne à plein régime sur des radiateurs sans thermostat. Du reste, une texture crémeuse est plus pratique pour prélever du pot une petite dose.

Mais on peut également verser la préparation en dernière étape dans un moule en silicone et ensuite conserver le baume au frigo, cela en fera un déo solide.


Mode d'emploi :

Appliquer une toute petite quantité sur chaque aisselle. La peau l'absorbe très vite et ne laisse aucune sensation de gras, ni sur les doigts.

Depuis environ deux ans que je l'utilise, je n'ai jamais eu de trace laissée sur un tee-shirt ou un chemisier, aucun vêtement tâché. Et côté efficacité, n'en mettant pas forcément tous les jours, j'ai pu souvent constaté que son effet dure plus de 24h. Quelle que soit la saison, ce baume ne m'a jamais fait défaut.



DClassé dans : Mes bricolages ,Mots clés : Autonomie, Corps, DIY, Éthique, Kufuu, Recettes, Salle de Bain, Soins naturels

Triturbulations du bonnet


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Six mois sans exercice physique, sans bouger un orteil. C'est que plusieurs semaines de sinusite, ça refroidit. Voilà ce que j'ai gagné en allant nager en plein janvier à la piscine de mon quartier.



La piscine n’ouvre plus que quelques heures par jour, alors évidemment le chauffage est coupé entre deux créneaux. C’est comme ça que j'ai attrapé froid, par les oreilles. Sachant la chaleur qu'il fait en principe à l'intérieur des piscines, et l'obligation de porter un bonnet de bain, je ne pensais vraiment pas prendre le risque d'un tel désagrément. Juste celui, éminemment inhérent au port d'un bonnet en caoutchouc, d’un cerveau totalement comprimé.

J'ai horreur de porter ce genre de bonnet. Et j’ai horreur de nager avec ce qui isole ma tête de l'élément dans lequel le reste de mon corps baigne. Pour la même raison, j'ai la préférence du bain sans maillot. C’est surtout que mes cheveux étant anarchistes à tendance fortement ébouriffés, ça oblige de les rassembler en chignon, puis de les plaquer d'une main, tout en attrapant de l'autre chaque mèche trop courte pour être prise dans mon élastique et qui borde le front, les tempes et la nuque, et de réussir à enfermer tout ça dans un dé à coudre.

Du coup, sur la dernière heure d'ouverture - temps de moindre affluence qui a ma préférence - un bon quart d'heure passe avant que je ne sois prête à tremper un pâle et frileux orteil. Forcément, à ce stade mon humeur est déjà passablement assombrie. C’est que dix minutes à triturer mon cuir chevelu devant un miroir en frisant le casse-tête, cinq autres à tenter de rétablir la forme initiale de mon visage lifté en biais par le bonnet, le tout en soliloquant une guirlande de mots fleuris, ça met dans une toute relative condition pour un moment de détente dans un espace entièrement carrelé de blanc crème rayé d'anthracite.

Ce qui m'extorque un pas vers le grand bain, c'est le souvenir de mes douleurs de dos, de jambes et de cervicales. Donc, quand au jugé de la pulpe de mes doigts mon crâne semble enfin étanche, j'inspire un grand coup en quittant mon reflet et me dirige droit vers le brouhaha des pieds qui battent la surface de l'eau. Ruisselante de la douche *obligatoire*, chacun de mes pieds clipsé à une tong pour éviter à mes orteils de s'emmêler dans des cheveux jonchant sur le sol comme des anguilles, je passe l'eau tièdasse du pédiluve *obligatoire* et rejoins le bord du bassin.



Assise à côté de l'escalier, là où la profondeur est de quelques dizaines de centimètres, je chausse mes lunettes de plongée et effleure de ma voûte plantaire l'eau qui, plus fraîche que confortable, ne réserve pas au nouvel arrivant un accueil très chaleureux. Quoique la somme des efforts pour arriver à son seuil pourrait, si j'y réfléchissais bien, légitimement me faire rebrousser chemin, je prends le parti de m'infliger toutes les autres étapes.

Ne regardant plus à la dépense, balafrée d'un rictus montrant mes dents, les yeux plissés, le front plié en deux, les épaules crispées, mes omoplates tentent de se refermer sur elles-mêmes, comme le ferait en cape une paire d'ailes. Je descends lentement les marches, cramponnée à ma résolution, comptant chaque millimètre cube de la substance frigorifique qui, petit à petit, m'enrobe jusqu'à la taille et, comme pour me féliciter amicalement de ma persévérance, inonde mes narines de son parfum chloré.

Arrivée à ce palier d'accoutumance, je vise le centre du bassin, là où je n'ai plus pied, mes jambes pourfendant le liquide comme le premier homme a marché sur la Lune. Toute à ma progression astrale et à l'imminence de mon flottement à l'horizontal, j'accélère le ralenti de ma marche pour tenter de me réchauffer, j’appuie sur les ventouses de mes lunettes et cale minutieusement mon pince-nez.

Là, tête sous l'eau à l'expiration, je nage, enfin, de la buée plein les carreaux à l'inspiration.



À ce stade de ma séance de sport aquatique, me voici les sourcils arrachés du globe oculaire, les yeux écartelés dans une brume perlée, les narines écrasées virant au violet, et les pommettes repulpées par deux membranes en plastique. Contrariétés oto-rhino-laryngologiques que surplombe un bonnet cloquant sur mon crâne... duquel je n'ai jamais su s'il était plus seyant de laisser dedans ou dehors les oreilles.

Tout à la réalisation de mon défi hivernal, exécutant mes longueurs envers et contre tout frisson depuis presque vingt minutes au milieu d'une masse d'usagers à tête d'épingle, soudain je vois qu'en viennent aux mains deux nageurs manifestement en désaccord brutal sur la manière de partager l'espace. Au vacarme de leurs échanges de compliments relatifs à leur lacune respective, je démissionne du projet et m'extirpe promptement du bassin, bégayant, grelottant, secouée de tremblements dont je n'ai pas su distinguer la part induite par la froideur de l'eau de celle m'infligeant ce spectacle de bêtise vulgaire.

Ainsi ce matin là, coiffée d'une cloche en silicone annexée de quelques appendices, telle une sorte de spécimen muté d'un gène papilionacé, posant les mains sur la surface de l'eau comme pour mieux la contenir, avant de glisser dès que je perdis pied dans le bouillon d'une brasse coulée, j'ai pris froid.

Reste de cette tribulation hivernale l'expérience d'un mois de mal de crâne et de nez bouché. Et une carte de piscine neuve pleine de 50 points.

Mais depuis je vais beaucoup mieux. Je ne prends froid qu'à l'automne, dans ma cuisine et par les pieds. Quand il commence à faire bien frais dans mon hlm et que j'attends en grelottant la date départementale de l'allumage du chauffage central.



DClassé dans : Mon quartier ,Mots clés : Hiver, Automne, Corps, Matin, Politique

L'inventaire circulaire


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

L'autre matin, dans la pénombre de ma chambre, la fenêtre légèrement entr'ouverte pour rafraîchir une pièce où le sommeil est une bataille contre les jambes lourdes et les suées nocturnes, une douceur inattendue m'a bercée l'instant d'un lever de soleil. Alors que mon corps gagnait petit à petit un certain répit, vers six heures, un oiseau s'est mis à chanter, tout près. Peut-être était-il perché sur le rebord de la fenêtre. Sa mélodie a envahi l'air figé de la chambre et m'a plongée dans un profond repos d'où j'entendais, au loin, le sifflement si coloré.



Derrière mes paupières, mon cerveau a connecté quelques mystérieux neurones et a enclenché le décryptage simultané du discours musical de ce petit sauvage à plumes. Soudain j'étais la spectatrice d'un fabuleux concert d'images, d'une traduction cinématographique de corollules sonores et autres trilles baroques dont l'ordre du jour consistait à faire l'inventaire circulaire, en temps et en surfaces, d'une histoire. Leur Histoire. Celle de leur groupe, un vaste groupe formé de Clans.

Je voyais le récit de leurs origines, de leurs épreuves, de leurs ententes. Les cartes de plans géopolitiques, les boucles de stratégies coopératives, l'exposé chronologique d'une archive territoriale et environnementale, dont les chapitres, ou plutôt les cercles d'archives, étaient clôturés avec fluidité par certaines notes altérées, comme étirées, avant de passer à l'ellipse suivante.

J'assistais, dans le secret de ma pièce à dormir, passablement éreintée par mes insomnies, et soudain agréablement enveloppée d'un doux relâchement, à la transmission orale du passé et du présent de la République des Merles Noirs de l'aile sud du bâtiment.

Toute la structure hiérarchique du groupe était dessinée devant mes yeux, à laquelle s'ajoutait ensuite la liste botanique et illustrée des arbres et des buissons de leur État, puis les armoiries de leurs plumages, emblèmes de chacun de leurs clans. Autant d'informations utiles pour assurer la paix, la cohésion et le partage équitable des matériaux, nourritures, abris, relais et bonnes adresses à connaître.



À un ami à qui je racontais mon rêve et qui se demandait si ce n'était pas également ce genre de discussions qui les occupent lorsqu'ils se rassemblent sur les fils qui hérissent le toit des châteaux d'eau du quartier, je répondis qu'à mon avis c'était là plutôt des réunions de plusieurs groupes pour les indispensables mises à jour des inventaires circulaires.

Tous les clans du quartier sont invités là-haut pour faire le bilan des coopératives, les annonces des trocs de ressources et négocier les frontières des territoires. Une vaste assemblée des Républiques où chacun compte pour une voix. Désormais j'en suis convaincue, les oiseaux pratiquent la démocratie participative et l'organisation horizontale.

D'ailleurs ma lapine - quoiqu'elle ai l'air tout à fait absorbée par son occupation favorite de la méditation emmanchée - partage tout à fait ce point de vue, cette conception de la cohabitation durable sur notre planète.



DClassé dans : Mon quartier ,Mots clés : Corps, Matin, Pièce orange, Printemps, Lapin

Japon et Savon


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Figurez-vous qu'il existe en France une fabrique de Nattō, cette spécialité très spéciale du Japon. Si vous ne connaissez pas cette curiosité locale, il s'agit d'un aliment traditionnel à base de graines de soja fermentées selon un procédé ancestral et universel qu'on appelle [ lactofermentation ].

Des bactéries lactiques vont se développer et permettre de conserver un aliment en éloignant les bactéries pathogènes, tout en augmentant sa valeur nutritive. Pour le Nattō, une substance couleur crème va apparaître, et enrober les fèves jusqu'à un film très élastique qui forme des fils interminables lorsqu'on les malaxe.

Sachez qu'on épate durablement n'importe quel-le Japonais-e en mangeant du Nattō en sa compagnie.



C'est bourré de probiotiques, de potassium, de fer, de magnésium, de vitamine K2 et de fibres. Ça contient autant de protéines que la viande, autant de calcium qu'un yaourt, et c'est pauvre en glucides et en cholestérol. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est [ une récente étude de l'Institut Pasteur ] où les bienfaits du Nattō sont énumérés, tels son action préventive contre le cancer, sur l'absorption du fer et sur le métabolisme osseux.

Le goût du Nattō se rapproche un peu de celui d'une croûte de camembert bien fait. On l'accompagne de riz ou de salades. On l'accommode en le touillant vigoureusement avec de l'huile de colza, du Tamari et du vinaigre de cidre ou bien de la moutarde. Si l'aventure gustative vous tente, voici la fabrique [ Natto du Dragon ] qui vend sa petite production 100% bio en ligne.



Depuis longtemps nous consommons sans le savoir des aliments lactofermentés. Du moins lorsque ces produits sont fabriqués artisanalement, car l'industrie a remplacé le long procédé par une dénaturation à base de produits chimiques, pour aller plus vite, sans passer par l'étape fermentation. Enfin globalement pour augmenter ses profits, au détriment évidemment de leur valeur nutritive d'origine. Par exemple les olives, la choucroute, le ketchup, les yaourts, les fromages au lait cru ou le babeurre. Mais aussi des spécialités venues d'ailleurs que l'on commence à trouver facilement dans les rayons comme le Miso, le Tempeh, le Kimchi ou le vinaigre d'Umeboshi.

L'industrie agro-alimentaire nous a donné l'habitude de croire que plus c'est compliqué, mécanisé, aseptisé, mieux c'est pour notre santé. Or on s'est nourri sans elle durant des millénaires. Et à en croire les récentes découvertes archéologiques, sans souffrir de maladies dégénératives, d'obésité, de diabète et de cancers comme aujourd'hui.



À la maison, il est enfantin de préparer des légumes lactofermentés. On râpe ou on cisèle finement les légumes, on les tasse fortement dans un bocal qui ferme hermétiquement, et on ajoute de l'eau salée à raison de 30g de sel par litre d'eau, de préférence filtrée. Pour les yaourts, c'est aussi vachement très simple, même sans machine électrique, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain billet.



Également dans la famille "production locale et bio", je suis tombée par hasard dans un supermarché (dont le nom se termine par u) sur un petit savon à la composition idéale et pas cher du tout. 1,70€, c'est vraiment pas cher pour une telle composition : 99,8% des ingrédients sont naturels, 80% sont bio, il est riche de sa propre glycérine, sans parfum, sans conservateur et non-testé sur les animaux.

J'ai d'abord crains qu'il ne fonde très vite à l'utilisation, comme certains savons qui coûtent un bras vendus en magasin bio, mais en fait pas du tout. Et surprise, il est encore mieux : il est très doux. Ma peau réactive qui se dessèche facilement tire à peine après avoir été nettoyée, voire pas du tout par moment. Contrairement à ce que me fait le savon de Marseille, le savon d'Alep, des savons ayurvédiques aux plantes, ou même des savons par saponification à froid, et pourtant tous achetés en magasin bio.

Et cette petite trouvaille a une autre qualité de taille, il mousse...



Mais aussi bon et bio soit-il, vous ne le trouverez pas en magasin bio. Comme quoi ce dernier n'est pas le repère exclusif de la qualité. Ce savon est surtout vendu dans le grand ouest de la France, et exclusivement dans la chaîne de supermarchés plus haut citée. Ou alors il faudra voyager, car [ La Cigale ] est distribuée un peu partout dans le monde, jusqu'au Japon où French Touch oblige, les emballages n'affichent même pas de traduction en japonais.


DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Corps, Soins naturels, Japon, Alimentation vivante, Cuisine, Salle de Bain