Tartines de soleil


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Bouilli, grillé, rôti, en farine, en galette, en beignet, en amuse-gueule, en purée, en farce, le pois chiche se décline en de multiples mets surprenants autant que savoureux. On le grignote, on le boit comme du café ou on l'étale sur une pita, c'est un petit pois qui n'a de la chichetrie que le nom.



La grande simplicité, voire l'austérité, et la sottise avec lesquelles la culture populaire a tendance à le confondre font oublier ses qualités nutritives et la palette des plaisirs gustatifs dont il offre les occasions. Théophile Gautier disait de lui « il nourrit l'ambition d'être un haricot et, heureusement, il y parvient ».

Plat commun depuis le Moyen-Âge dans tout le sud de la France et jusqu'au Limousin, le pois chiche n'est maintenant cultivé que de manière anecdotique. Ne trouvant qu'une toute petite clientèle, il est majoritairement importé de Turquie ou d'Espagne. Pourtant, avant la popularisation du haricot venu des Amériques, sa consommation a longtemps été importante, comme toutes les légumineuses d'ailleurs, qu'on qualifiait de « viande du pauvre ».



Le Cicer Arietinum, domestiqué vers le VIe siècle avant Jésus-Christ, dérive d'une espèce sauvage de Méditerranée orientale qui pousse aujourd'hui encore spontanément en Turquie.

Très tôt plusieurs variétés ont été obtenues, allant du blanc au noir en passant par le jaune et le rouge.



Au fil des millénaires, sa culture s'est étendue dans le monde entier, lui attribuant des dizaines de noms différents, comme le garbanzo castillan, le cece italien, le kikere albanais, le svetchy garotchina russe, le channa indien ou le hiyoko mame japonais.

Forcément, il profite également d’une pléiade de surnoms suggérant autant de parfums que d’accents chantants, tels la garvance, le cicerolle, la pisette, tête de bélier ou petit cul.



★ Houmous breton ★

  • env. 150g de grains secs de pois chiches
  • une grosse carotte
  • 1 large lamelle d'algue séchée (wakame ou kombu)
  • le jus d'1 gros citron
  • 1 gousse d'ail
  • 1 c-à-s de tahini (ou 3 c-à-s de graines de sésame)
  • cumin
  • sel

La veille, faire tremper les pois chiche dans un grand volume d'eau. Recouvrir. Passées quelques heures, si les petits culs pètent, c'est normal, ils se détendent.
Ils germent...

Le lendemain, faire blanchir 5mins les pois chiches dans une grande casserole d'eau bouillante, puis retirer du feu et égoutter. Éplucher la carotte, la débiter en morceaux et la plonger dans la même casserole avec environ 750cl d'eau. Ajouter l'algue, et une fois le tout porté à ébullition, réduire le feu au minimum. Couvrir et cuire durant 30mins.

À l'aide d'une écumoire, tout mettre ensuite dans un blender avec un peu d'eau de cuisson et les autres ingrédients. Mixer, assaisonner et ajuster l'onctuosité du mélange selon les goûts. Servir dans une coupelle arrosé d'un filet d'huile d'olive ou de colza, des tomates fruitées et du pain frais.



Tout aussi addictive et gorgée de soleil, la graine de tournesol venue également d'outre-atlantique, de la même famille que les topinambours, collectionne son lot de dénominations chaudement colorées comme l'hélianthe, le soleil des jardins ou la graine à perroquet.

Décortiquée, crue, torréfiée, sa richesse en nutriments est inversement proportionnelle à sa taille.

Quand le pois chiche frime avec ses taux de protéines végétales, de manganèse et de cuivre, la graine de tournesol n'est pas en reste, tout aussi riche en bons acides gras, phosphore, acide pantothénique, vitamines E, B6 et B9, zinc et fer.



★ Pâté de tournesol ★

  • 250g de graines de tournesol
  • 1 ou 2 gousses d'ail ou une échalote
  • olives dénoyautées (facultatif)
  • huile d'olive ou de colza
  • le jus d'1 gros citron
  • ciboulette ou persil
  • sel

La veille, faire tremper les graines dans un saladier en les recouvrant de 2 à 3 cm d'eau. Ne pas hésiter à en rajouter si elles gonflent vite et boivent tout.

Le lendemain, tout mixer jusqu'à une texture assez fine et assaisonner selon les préférences. Accompagne facilement une assiette de crudités croquantes, des légumes vapeur fondants, ou se glisse volontiers en base dans un sandwich.

Le tout est à conserver dans des pots hermétiques au frigo pendant une semaine.



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Tarte crue au citron


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Fraîche, douce, fondante, crunchy, fruitée. Et si facile à faire. Du moins, avec un peu de patience, et de chance, car le plus dur est de trouver des avocats mûrs...

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Ingrédients pour le fond
  • 1 tasse d'amandes ou de noix de cajou
  • 1 tasse de noisettes
  • 5 dattes, idéalement des Mejhoul
  • 1 c-à-s d'huile de coco
  • 1 pincée de fleur de sel ou de sel rose
pour la crème
  • 3 avocats bien mûrs mais pas trop
  • 1 citron pour son jus
  • 2 c-à-s de miel ou de sirop d'agave

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Les noix ne doivent pas être grillées.

La mûre est intéressante pour remplacer une partie des dattes.

1 datte supplémentaire ou une 1 c-à-s de purée d'oléagineux feront une croûte plus ou moins sucrée, selon les préférences.

Préparation
  • Faire tremper les oléagineux durant 3 ou 4 heures.
  • Les mixer ensuite avec l'huile, le sel et les dattes
  • La pâte doit être suffisamment lisse pour être malléable tout en étant collante
  • Tapisser le fond d'un moule à tarte amovible en étalant la pâte avec vos doigts sur 1cm max d'épaisseur
  • Placer le moule au freezer ou au congélateur
  • Mixer ensemble les ingrédients de la crème pour obtenir une consistance onctueuse
  • Sortir le moule et recouvrir le fond avec la crème
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  • Remettre au frais pour 1 à 2 heures, selon le froid que produit votre équipement.
  • Une fois bien réfrigéré, enlever le fond du moule, placer sur une belle assiette et déguster.
  • Servir garni éventuellement d'une couche de framboises, de myrtilles ou de groseilles, ou les trois mélangés, agrémentant d'autant la saveur acidulée. Et pourquoi pas décoré d'une belle cuillerée de chantilly de coco.

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Japon et Savon


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Figurez-vous qu'il existe en France une fabrique de Nattō, cette spécialité très spéciale du Japon. Si vous ne connaissez pas cette curiosité locale, il s'agit d'un aliment traditionnel à base de graines de soja fermentées selon un procédé ancestral et universel qu'on appelle _lactofermentation_.

Des bactéries lactiques vont se développer et permettre de conserver un aliment en éloignant les bactéries pathogènes, tout en augmentant sa valeur nutritive. Pour le Nattō, une substance couleur crème va apparaître, et enrober les fèves jusqu'à un film très élastique qui forme des fils interminables lorsqu'on les malaxe.

Sachez qu'on épate durablement n'importe quel-le Japonais-e en mangeant du Nattō en sa compagnie.



C'est bourré de probiotiques, de potassium, de fer, de magnésium, de vitamine K2 et de fibres. Ça contient autant de protéines que la viande, autant de calcium qu'un yaourt, et c'est pauvre en glucides et en cholestérol. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est _une récente étude de l'Institut Pasteur_ où les bienfaits du Nattō sont énumérés, tels son action préventive contre le cancer, sur l'absorption du fer et sur le métabolisme osseux.

Le goût du Nattō se rapproche un peu de celui d'une croûte de camembert bien fait. On l'accompagne de riz ou de salades. On l'accommode en le touillant vigoureusement avec de l'huile de colza, du Tamari et du vinaigre de cidre ou bien de la moutarde. Si l'aventure gustative vous tente, voici la fabrique _Natto du Dragon_ qui vend sa petite production 100% bio en ligne.



Depuis longtemps nous consommons sans le savoir des aliments lactofermentés. Du moins lorsque ces produits sont fabriqués artisanalement, car l'industrie a remplacé le long procédé par une dénaturation à base de produits chimiques, pour aller plus vite, sans passer par l'étape fermentation. Enfin globalement pour augmenter ses profits, au détriment évidemment de leur valeur nutritive d'origine. Par exemple les olives, la choucroute, le ketchup, les yaourts, les fromages au lait cru ou le babeurre. Mais aussi des spécialités venues d'ailleurs que l'on commence à trouver facilement dans les rayons comme le Miso, le Tempeh, le Kimchi ou le vinaigre d'Umeboshi.

L'industrie agro-alimentaire nous a donné l'habitude de croire que plus c'est compliqué, mécanisé, aseptisé, mieux c'est pour notre santé. Or on s'est nourri sans elle durant des millénaires. Et à en croire les récentes découvertes archéologiques, sans souffrir de maladies dégénératives, d'obésité, de diabète et de cancers comme aujourd'hui.



À la maison, il est enfantin de préparer des légumes lactofermentés. On râpe ou on cisèle finement les légumes, on les tasse fortement dans un bocal qui ferme hermétiquement, et on ajoute de l'eau salée à raison de 30g de sel par litre d'eau, de préférence filtrée. Pour les yaourts, c'est aussi vachement très simple, même sans machine électrique, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain billet.



Également dans la famille "production locale et bio", je suis tombée par hasard dans un supermarché (dont le nom se termine par u) sur un petit savon à la composition idéale et pas cher du tout. 1,70€, c'est vraiment pas cher pour une telle composition : 99,8% des ingrédients sont naturels, 80% sont bio, il est riche de sa propre glycérine, sans parfum, sans conservateur et non-testé sur les animaux.

J'ai d'abord crains qu'il ne fonde très vite à l'utilisation, comme certains savons qui coûtent un bras vendus en magasin bio, mais en fait pas du tout. Et surprise, il est encore mieux : il est très doux. Ma peau réactive qui se dessèche facilement tire à peine après avoir été nettoyée, voire pas du tout par moment. Contrairement à ce que me fait le savon de Marseille, le savon d'Alep, ou même des savons ayurvédiques aux plantes, des savons par saponification à froid au lait d'ânesse, tous achetés en magasin bio et labellisés Ecocert, ou Nature & Progrès qui est pourtant la meilleure certification bio française.

Et cette petite trouvaille a une autre qualité de taille, il mousse...



Mais aussi bon et bio soit-il, vous ne le trouverez pas en magasin bio. Comme quoi ce dernier n'est pas le repère exclusif de la qualité. Ce savon est surtout vendu dans le grand ouest de la France, et exclusivement dans la chaîne de supermarchés plus haut citée. Ou alors il faudra voyager, car _La Cigale_ est distribuée un peu partout dans le monde, jusqu'au Japon où French Touch oblige, les emballages n'affichent même pas de traduction en japonais.

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