L'éducation par le hurlement


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Aussi loin que je me souvienne, dans les différents logements que j'ai occupé, que ce soit dans une cité HLM, un quartier ouvriers ou bobos de province, en plein centre ville ou à la campagne, je n'ai jamais été témoin de cette méthode d'éducation, jusqu'à aujourd'hui.

Est-ce la nature qui imite la télévision ?

Certaines études récentes démontrent qu'après une progression importante et régulière du quotient intellectuel de la population occidentale à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, on constate depuis une grosse décennie, si mes souvenirs sont bons, d'une baisse significative, continue et plus rapide que son augmentation.

Est-ce les jeux vidéos et les interfaces graphiques qui ne sollicitent plus le système cognitif de la même façon que le monde en dur ?

Depuis six ans que je vis ici, dans cet appartement HLM, plusieurs locataires de mon immeuble sont morts ou ont abandonné leur logement. Ou encore ont fui, parce qu'ils le pouvaient, les veinards, le bruit qui les entouraient. Et d'autres sont venus les remplacer, tous parents isolés, âgés entre 30 et 40 ans. Et tous ont donné à entendre allègrement leur manière d'éduquer leurs gamins.

Par le cri.

Tous, sans exception. Homme comme femme. La même hystérie, régulière, passagère. Les mêmes hurlements, qui sonnent comme des démissions, des dépressions nerveuses suicidaires. Mais dès que les décibels retombent, le ton se métamorphose, la parole est posée, légèrement nerveuse certes, mais rivée dans une bulle spaciotemporelle, celle d'un individu amnésique, incapable de se remémorer la demie-heure passée à se donner en spectacle aux oreilles de tout son environnement.



La seule chose qui trahit la crétinerie et l'abrutissement général dans laquelle surnagent ces gens, sont les bruits qu'ils produisent avant et après les hurlements. Claquements de porte, chaises que l'on traîne sur cinquante centimètres, coups dans les murs, objets qui tombent, ballon qui joue au foot, coups dans les portes, trottinette qui roule dans un sens puis dans l'autre dans chaque pièce, talons qui claquent en long en large, coups dans les meubles, chaussures qui galopent dans les lignes droites, bouteilles qui roulent sur le carrelage, aspirateur qu'on passe à sept heures du matin pendant que la machine à laver essore, coups dans la rambarde du balcon...

Dans cet environnement exempte de toute discrétion polie dont est normalement pourvu tout individu mu par une conscience éveillé, au même titre que n'importe quelle souris ou blatte attachées à l'harmonie au sein du groupe et à l'invisibilité sécuritaire de son passage, l'enfant excrété par ces adultes expriment forcément aussi ses propres bruits, sa propre connerie jusqu'à ce que le hurlement éclate. Quoique la moitié du temps, le hurlement survient spontanément sans signes avant coureurs.



Le plus effarant dans cette histoire, c'est moins la vulgarité de ces gens que l'indifférence de tous les autres. Personne ne réagit. Tout le monde s'en fout. Et du reste, ça les arrange presque tous puisque cela les autorise de manière tacite à produire eux-mêmes d'autres nuisances.

Permission est donnée de faire chier.

Ça me dresse les cheveux dans l'estomac. Je boue comme une cocotte, tant je me sens emprisonnée par la bêtise la plus crasse. Taper moi-même dans un mur ? Dans un radiateur ? Ça me fait participer malgré moi à tout ce capharnaüm sourd, voisé, et ne donne aucune satisfaction durable. La nécessité de se défouler pourtant, sur une des causes de ce tumulte épuisant, se fait avec le temps violemment ressentir, et durablement lui. Et j'ai beau me creuser la tête, je ne vois aucune solution, si ce n'est la fuite.

Prisonnière. Au point de finir, quand la colère me sort par les narines, par faire valoir mon droit au respect et à la pleine jouissance de mon logement en me manifestant par le seul moyen disponible et à priori compréhensible dans ce milieu, tout autant qu'il est, je l'ai dit, totalement vain, et qui se résume à peu de choses, au final, bien qu'il exige de sortir de ses gonds et provoque chez moi bouffées de chaleur et tremblements des genoux jusqu'aux côtes supérieures, du seul fait d'ouvrir ma porte d'entrée et dans les escaliers, de hurler.



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Japon et Savon


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Figurez-vous qu'il existe en France une fabrique de Nattō, cette spécialité très spéciale du Japon. Si vous ne connaissez pas cette curiosité locale, il s'agit d'un aliment traditionnel à base de graines de soja fermentées selon un procédé ancestral et universel qu'on appelle [ lactofermentation ].

Des bactéries lactiques vont se développer et permettre de conserver un aliment en éloignant les bactéries pathogènes, tout en augmentant sa valeur nutritive. Pour le Nattō, une substance couleur crème va apparaître, et enrober les fèves jusqu'à un film très élastique qui forme des fils interminables lorsqu'on les malaxe.

Sachez qu'on épate durablement n'importe quel-le Japonais-e en mangeant du Nattō en sa compagnie.



C'est bourré de probiotiques, de potassium, de fer, de magnésium, de vitamine K2 et de fibres. Ça contient autant de protéines que la viande, autant de calcium qu'un yaourt, et c'est pauvre en glucides et en cholestérol. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est [ une récente étude de l'Institut Pasteur ] où les bienfaits du Nattō sont énumérés, tels son action préventive contre le cancer, sur l'absorption du fer et sur le métabolisme osseux.

Le goût du Nattō se rapproche un peu de celui d'une croûte de camembert bien fait. On l'accompagne de riz ou de salades. On l'accommode en le touillant vigoureusement avec de l'huile de colza, du Tamari et du vinaigre de cidre ou bien de la moutarde. Si l'aventure gustative vous tente, voici la fabrique [ Natto du Dragon ] qui vend sa petite production 100% bio en ligne.



Depuis longtemps nous consommons sans le savoir des aliments lactofermentés. Du moins lorsque ces produits sont fabriqués artisanalement, car l'industrie a remplacé le long procédé par une dénaturation à base de produits chimiques, pour aller plus vite, sans passer par l'étape fermentation. Enfin globalement pour augmenter ses profits, au détriment évidemment de leur valeur nutritive d'origine. Par exemple les olives, la choucroute, le ketchup, les yaourts, les fromages au lait cru ou le babeurre. Mais aussi des spécialités venues d'ailleurs que l'on commence à trouver facilement dans les rayons comme le Miso, le Tempeh, le Kimchi ou le vinaigre d'Umeboshi.

L'industrie agro-alimentaire nous a donné l'habitude de croire que plus c'est compliqué, mécanisé, aseptisé, mieux c'est pour notre santé. Or on s'est nourri sans elle durant des millénaires. Et à en croire les récentes découvertes archéologiques, sans souffrir de maladies dégénératives, d'obésité, de diabète et de cancers comme aujourd'hui.



À la maison, il est enfantin de préparer des légumes lactofermentés. On râpe ou on cisèle finement les légumes, on les tasse fortement dans un bocal qui ferme hermétiquement, et on ajoute de l'eau salée à raison de 30g de sel par litre d'eau, de préférence filtrée. Pour les yaourts, c'est aussi vachement très simple, même sans machine électrique, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain billet.



Également dans la famille "production locale et bio", je suis tombée par hasard dans un supermarché (dont le nom se termine par u) sur un petit savon à la composition idéale et pas cher du tout. 1,70€, c'est vraiment pas cher pour une telle composition : 99,8% des ingrédients sont naturels, 80% sont bio, il est riche de sa propre glycérine, sans parfum, sans conservateur et non-testé sur les animaux.

J'ai d'abord crains qu'il ne fonde très vite à l'utilisation, comme certains savons qui coûtent un bras vendus en magasin bio, mais en fait pas du tout. Et surprise, il est encore mieux : il est très doux. Ma peau réactive qui se dessèche facilement tire à peine après avoir été nettoyée, voire pas du tout par moment. Contrairement à ce que me fait le savon de Marseille, le savon d'Alep, des savons ayurvédiques aux plantes, ou même des savons par saponification à froid, et pourtant tous achetés en magasin bio.

Et cette petite trouvaille a une autre qualité de taille, il mousse...



Mais aussi bon et bio soit-il, vous ne le trouverez pas en magasin bio. Comme quoi ce dernier n'est pas le repère exclusif de la qualité. Ce savon est surtout vendu dans le grand ouest de la France, et exclusivement dans la chaîne de supermarchés plus haut citée. Ou alors il faudra voyager, car [ La Cigale ] est distribuée un peu partout dans le monde, jusqu'au Japon où French Touch oblige, les emballages n'affichent même pas de traduction en japonais.


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Pain-Cake aux amandes


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Ne mangeant ni gluten ni œuf durant quatre années, il était très difficile de réussir à faire du pain avec d'autres ingrédients. Bien sûr il existe toutes sortes de farines sans gluten et plein de recettes différentes. Mais jusqu'ici celles que j'ai réalisées, même réussies, ce qui avec mon four au gaz primitif n'était pas souvent le cas, ont donné un résultat pas terrible du tout côté goût et texture. Le pire a été avec de la farine de millet...

En tous les cas j'obtenais tout sauf du pain.



Et puis dans les recettes sans gluten, c'est souvent assez compliqué, avec toute une liste d'ingrédients chers ou pas facile à trouver. C'est aussi très long quand il faut faire son levain soi-même, puis attendre plusieurs heures que la pâte lève... Pour finalement s'aplatir à la sortie du four comme un parachute à l'atterrissage.

Depuis que je remange des œufs, c'est devenu beaucoup plus simple.

(Lire aussi [ Tout allant vert ] concernant mon mode d'alimentation.)

Après moult recherches pour trouver une nouvelle alternative, j'ai choisi l'option d'un pain carrément sans céréales - d'aucuns diront un pain paléo - et je me suis lancée sur une base de poudre d'amande et de farine de lin. Et le résultat me comble tout à fait. Ce petit goût d'amande, le moelleux de la mie, le croustillant de la pâte...

À la base le vrai pain ne contient pas d'œuf, certes. Mais dans une recette sans farine de blé, il permet de compenser l'effet coagulant du gluten. D'où le terme de pain-cake, plus juste pour désigner ce type de pains.

C'est surprenant mais ce cake boulanger est une vraie réussite pour obtenir de vraies tartines. Il se tient bien et se conserve plusieurs jours dans un torchon sans devenir sec et friable. De plus il est facile et rapide à fabriquer avec peu d'ingrédients, et je le trouve délicieux.



Si certains ingrédients semblent exotiques ou onéreux, leur petite quantité dans la recette permet avec un pot ou un paquet de faire de nombreux pains. Mais du fait de la base à la poudre d'amande, le coût de revient reste très élevé comparé à une baguette du supermarché, j'en conviens.

Pour ma part, j'en prépare occasionnellement pour cette raison, mais aussi parce que le pain n'est pas une base dans mes repas, ni un accompagnement incontournable. Ceci dit, ce fut une joie papillaire jubilatoire de pouvoir remanger des mouillettes avec un œuf à la coque...

Mais venons-en à l'essentiel.



Ingrédients
  • 35g de farine de lin (graines fraîchement moulues)
  • 1 c-à-c bombée de bicarbonate
  • 130g de poudre d'amande
  • 20g de psyllium blond
  • 10g de farine de coco
  • 6g de sel
  • 3 œufs
  • 1 tasse d'eau environ
  • 2 c-à-s de vinaigre de cidre
  • 4 c-à-s d'huile de coco fondue


Préparation
  • Chemiser un moule à cake.
  • Préchauffer le four à 180°C.
  • Mélanger les ingrédients secs.
  • Ajouter l'huile, les œufs, puis l'eau progressivement.
  • Travailler pour obtenir une pâte bien souple mais pas collante.
  • Rajouter de l'eau si nécessaire pour que l'ensemble soit homogène.
  • Finir par le vinaigre qui va réagir avec le bds et verser dans le moule.
  • Enfourner pour 35 mins, voire plus selon le four et le croustillant de la croûte désiré.


Variantes
  • On peut battre et faire mousser les œufs au préalable.
  • On peut aussi monter les blancs en neige, la mie sera un peu plus aérée.
  • Parfois je mets moitié huile de coco, moitié huile d'olive, ça donne une texture fougasse.
  • L'eau peut se remplacer je pense par du lait de coco, d'amande ou de noisette, mais je n'ai pas encore essayé.
  • Si je veux mettre moins d'œuf, j'en remplace un par 2/3 d'un sachet d'agar-agar dilué au préalable dans 3 c-à-s d'eau à température ambiante.


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