En attendant Tokyo


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

À la descente du train, j'ai beaucoup de temps devant moi avant le décollage. Je connais peu Paris mais je sais que les quartiers où je pourrais aimer me balader sont au moins à quinze stations de métro d'ici, avec un changement. J'ai du temps, mais pas suffisamment pour faire de cette escale un moment à part entière, en ce tout début de mois d'avril, de flâneries et de découvertes dans les rues de la capitale.



Je sors alors de la gare à la recherche d'un café. Je préfère attendre dans la ville, me poser quelque part et contempler le va-et-vient des autochtones, plutôt que de errer dans la vastitude du Terminal 2E à Charles de Gaulle. Surtout sans avoir aucun argent à dépenser dans les boutiques et sans autre distraction que celles déjà épuisées dans le train.

Parcourir une distance se résume finalement à l'attente durant la traversée. Passage plus ou moins long selon la distance à parcourir. Le train ayant dénaturé la panorama qu'il avait lui-même inventé, augmentant toujours plus sa vitesse et le nombre de tunnels, il ne demeure guère désormais que le vélo pour vivre la véritable expérience du voyage.



Reste également l'attente avant le voyage, pour frémir du plaisir de l'évasion, celle durant les préparatifs, celle de l'anticipation et de l'imagination... Après elle, c'est presque déjà trop tard.

Mais attendre dans ce tube qu'est le train aujourd'hui est d'un ennui sans nom. Et l'idée de finir déjà cette journée sur une banquette encore inconfortable, avec pour toute occupation mon portable connecté au wifi gratuit de l'aéroport, avant de monter dans un second tube doté cette fois d'une paire d'ailes, tout à fait lasse après l'épreuve des contrôles de sécurité, me déprime d'avance.

C'est du reste assez humiliant de voir au loin les passagers de la première classe contourner toutes les files d'attente. Être riche lave apparemment de tout soupçon et offre le privilège de ne pas devoir enlever manteau, ceinture et chaussures avant de passer sous le pont du scanner, les doigts agrippés au pantalon et l'oeil rivé aux bacs remplis des effets personnels qui s'agglutinent en tas de l'autre côté du comptoir.

Et puis je refuse de ruiner mon énergie, avant même d'être montée dans l'avion, que je réserve à l'épreuve des douze heures de vol. J'ai besoin d'une pause au milieu de l'attente. Autant profiter de cette virgule du parcours, cette sorte de sas à Montparnasse, pour fractionner la durée. Ne serait-ce que pour répondre aux besoins naturels.



J'ai envie de faire pipi. Et j’ai un peu faim. Mais j’ai surtout besoin de réveiller mon corps engourdi par le train. Mes yeux et mon cerveau sont abrutis par tout ce temps passé dans un espace confiné où le bruit du moteur, la climatisation et la lumière artificielle dominent.

J'ai bien tenté de dégourdir mes jambes dans l’allée centrale, mais elle était tellement encombrée de bagages que ça s'est vite résumé à un exercice d’équilibre passablement périlleux.

Inévitablement je me suis retrouvée ballottée dans les courbes que le train négociait à grande vitesse. Perdant mon centre de gravité, passant d'un virage à un autre, oscillant d'une oblique à une autre, évitant de justesse la chute en agrippant chaque tête de siège, je crois que j'ai arraché au passage quelques mèches de cheveux.



Marcher sans but sur le macadam est à présent ma meilleure option pour oxygéner mes artères et mes synapses. Au hasard du relief des façades, je me dirige donc sur le boulevard, le nez en l'air, vers un petit carrefour dégagé.

Le goudron des trottoirs est encore humide du passage des engins de nettoyage municipaux, infusant une odeur d’huile de vidange et de poubelles éventrées. Les femmes font résonner leurs talons si violemment que je m'attends à chaque instant à les entendre se briser. Les hommes se hâtent tout autant, pour certains les joues encore rouge du feu du rasoir.

Tous regardent droit devant eux, tous me laissent derrière eux.


Visage fermé, sourcils froncés, lèvres serrées, le corps tendu vers le pas suivant qui les rapproche chaque seconde un peu plus de leur destination, leur allure trahit comme une aversion à être dehors. Davantage fébriles que seulement pressées, ma lenteur dissipée les contrarie, leur faisant l'aveu que j’échappe à leurs communes contraintes.

Soufflant, reniflant, fumant dans le col remonté de leurs manteaux froissés, le troupeau se livre à une âpre bataille pour le plus court chemin, mu par une urgence, pour l’issue vers un endroit où s’abriter, et comme si leur intelligence à s’orienter le plus efficacement possible mettait leur vie en jeu.



Des petits nuages blancs s’échappent de leurs narines, bouquets de vapeur éphémères sentant le café bon marché ou le tabac froid. Lorsque, piétinant leurs pieds gelés, tous se retrouvent nassés à un carrefour leur refusant par le rouge la priorité, un orgueil démesuré les empare soudain, leur dignité, leur intégrité, leur liberté même les mettant en demeure de s’insurger.

Et en leurs noms, les voilà démontrant leur supériorité ultime sur le badaud du dimanche en bravant le bus qui déboîte, l’auto-entrepreneur à vélo qui glisse sur une flaque et le taxi qui accélère à la vue d’un piéton hors des clous.



Je laisse cette furie se déliter autour de moi. Je brûle luxueusement mon temps à chaque passage piéton, attendant avant chaque traversée que le petit bonhomme soit vert. Je cherche la devanture d'un bistrot. Les voitures redémarrent en trombe.

J'aperçois une terrasse et quelques grosses jardinières garnis de bambous sous un large store baissé. Je choisis une table tout contre la lampe chauffante et commande un thé rouge.



Il fait frais. Le ciel indécis diffuse un éclat de soleil percé d'un vent maussade. Le serveur revient avec sur son plateau une petite théière noire et une tasse en verre. Je sors de mon sac un paquet de chocolat cru aux amandes. J'ai une envie de croissant au beurre...

Je souris au vide. Le bruit s'atténue. Le monde qui passe devant le café se fait moins dense. L'heure d'embauche s'éloignant sans doute, ou bien celle de la pause cigarette s'approchant.



J'écoute.

La ville gonfle, traîne, s'effrite et s'agglomère. Je la regarde mais je suis déjà partie. Mon ventre rigole, il jubile à l’idée de s'envoler dans moins de cinq heures pour l’autre bout du monde, à neuf mille sept cents kilomètres, au delà de ma simple perception de l'espace, si loin de ces teints gris et de ces mines aigries.



DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Mode de vie, Piéton, Voyage

La fin des bulles


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

En ces temps d'une brutalité inédite, politique, sociale, médiatique, toutes sortes de fins se profilent, desquelles une frayeur ne me quitte plus... Le soir quand j'essaie de m'endormir ou le matin quand la conscience me revient... Desquelles, qui sait, il finira peut-être, au bout du compte, quand tout sera perdu, par émerger quelque chose d'intelligent.

Pour l'heure, quitte à sembler légère, j'applique le bon sens à mon quotidien, j'arrête les shampooings.



Objectivement, j'ai beau me torturer le bulbe, je ne peux rien faire pour changer la situation moisie dans laquelle plonge le monde tout entier. Arpenter les rues en scandant un slogan, en tenant à bout de bras un morceau de carton peint, avant de se faire exploser un œil par une grenade lacrymogène ? Il a été démontré depuis 2005 que cela ne porte à conséquence sur rien, si ce n'est sur son intégrité physique.

Ainsi le territoire de ma lutte est par défaut réduit à mes habitudes de consommation. Quel que puisse paraître aisée cet engagement, et bien que le changement de paradigme ne viendra pas à l'évidence par mon caddie, aussi superficiel que soit à première vue la démarche, elle entraîne pourtant un vaste questionnement qui ne va pas forcément de soi.



Pour aménager son intérieur, pour s'habiller, pour s'alimenter, pour se déplacer, pour se soigner, pour s'éduquer tout au long de sa vie, il n'est pas dans nos reflexes, dans notre culture occidentale et nos habitudes de surconsommation de faire simple, de faire soi-même. C'est à dire de faire avec ce que l'on a déjà, sans entraîner des dépenses qui systématiquement vont désormais jusqu'à l'endettement pour la majorité des gens.

Cette façon pragmatique de faire m'inspire pour tout et depuis longtemps. Bien sûr, c'est d'abord un manque de moyens qui m'y a amenée. Puis les modalités, dans chaque domaine qu'implique cette manière de vie différente, ne se sont pas imposés d'emblée, mais me sont apparues de manière empirique, sur la durée, au rythme des ressources disponibles, des essais, des ratages et de l'évolution de mes besoins.



Prenons le seul exemple de mon crâne. Voilà quelques années que mon cuir chevelu revendiquait allègrement qu'il ne supportait plus les colorations au henné, ce que j'ai commencé à faire dès l'âge de 20 ans. J'ai très longtemps été rousse, avant d'arborer un châtain doré tirant sur le vénitien pour cacher des racines de plus en plus dépigmentées... Et puis j'ai tout arrêté, laissant libre le gris d'envahir ma tignasse.

Mais bien avant cela, au fil des mois et de mes expériences capillaires pour soigner naturellement la peau de ma tête, et ce qui poussait laborieusement dessus, ces derniers m'ont clairement laissé aussi comprendre qu'ils se passeraient bien des tensio-actifs. Aux shampooings que j'utilisais, quels que soient la marque et le label bio, même le [ Flore de Saintonge ] qui a une composition minimaliste irréprochable et que je recommande à l'occasion, toujours mon cuir chevelu et ce qui le prolonge préféraient la douceur de l'eau pure, un exhaustif brossage aux poils naturels, ou encore des poudres de racines, de fleurs ou autres infusions hydratantes, calmantes, éclaircissantes...



Les solutions les plus simples sont souvent les moins évidentes, les plus éloignées de notre cerveau tellement lavé, formaté, déformé. Le bon sens nous a quitté.e.s depuis belle lurette, plus enclin.e.s que nous sommes à faire aveuglément confiance à l'homme en blouse blanche plutôt qu'à la femme au tablier.

Pour autant, la simplicité n'exclue pas les difficultés.

Dans un environnement pollué et anxiogène, pour compenser les agressions quotidiennes, cette touffe qui me sert de chevelure, qui boucle, mousse et s'évapore, réclame des soins sur mesure. Sans la coloration végétale qui recouvre la fibre d'un exo-squelette, sans la mélatonine qui lui donne sa couleur et que remplacent des bulles d'air, mon cheveu a reprit alors sa véritable et vulnérable nature, depuis des décennies par moi oubliée - si ce n'est totalement ignorée.



Au fil du temps et des changements, de l'âge, de l'état général, des éventuelles carences, il a fallu partir à la conquète d'une fibre mystérieuse, que l'on dit morte et qui pour autant réagit sans cesse aux éléments et à son environnement. Autrement dit, il n'a pas été une mince affaire de se réconcilier avec ce phanère qui renferme et accumule pour les évacuer toutes sortes de toxines et traumatismes anciens.

De l'élimination des bulles de savon vers l'envahissement des bulles d'air.

Voilà deux ans que je suis adepte du no-poo et quinze mois que j'ai arrêté le henné. Et j'ai de plus l'arrogance de laisser pousser. Pour laisser apparaître mon vrai visage, celui que façonne le temps, celui d'une femme autonome, mature, désireuse d'être soi, sans plus tricher. Et pour découvrir la palette incroyable des teintes que seule la nature sait produire, en toute discrétion, dans l'intimité d'une humilité baroque.



Au risque de ressembler à une sorcière, ce qui n'est pas pour me déplaire, j'ai laissé faire. Après tout, à l'origine les mots "glamour" en anglais et "charme" en français signifient tout deux "sortilège". Du reste, à la moitié du processus, il était évident qu'il s'agissait d'un projet, et non plus d'une phase pathétique de négligence avérée. Cependant, c'est à partir d'une certaine longueur, d'une évidence du temps qui passe assumée et affichée, une fois que le gris était pleinement installé sur les deux tiers de mes longueurs, que le secret de mon essence s'est, dans sa forme kératinesque, révélé à moi. Jusqu'à changer la lumière de la couleur de mes yeux.

C'est une transformation, une apparition, avec tout ce qu'elle suppose de sauvage, d'indompté, de libre et de mélancolique. La crainte de quelque chose d'un peu dur et de dérangeant, le doute, le désir par moment quotidien de tout tailler à raz, ont laissé place à la fascination pour la magie de la nature.



Figurez-vous que la compote de pomme lave. Mais également le miel, l'œuf, la poudre d'ortie, l'argile et la farine de pois chiche.

Et puis il y a toutes les poudres de plantes, qui lavent et/ou qui soignent, parmi lesquelles tout un choix est à faire selon la nature du cheveu et ses besoins. Pour ma part, j'expérimente de temps en temps le shikakaï issu d'une variété d'acacia. J'utilise plus souvent le kachur sugandhi, provenant d'un rhizome de la famille du curcuma et du gingembre, qui stimule la pousse et donne du volume. Ou bien le shampœuf, c'est à dire un œuf battu en omelette, qui lave aussi, nourrit et gaine.



Mais le plus utile sur mon crâne ingrat, ce sont le gel de lin, l'infusion de camomille et lemongrass, ou d'hibiscus, l'huile végétale de piqui, le sirop d'agave... et mon indispensable compote de pomme, faîte maison évidemment. Je la mélange à de la poudre de racine de guimauve, et ça me fait une pâte veloutée qui rafraîchit les racines, hydrate les longueurs, démêle l'ensemble et laisse une soyeuse douceur discrètement parfumée.

Pour les utiliser, c'est bête à pleurer. On mixe, on touille, on ajoute de l'eau, des actifs humectants, hydratants, nourrissants, comme un yaourt, une banane, de la glycérine végétale, du gel d'aloe vera, de l'urée, de la provitamine B5, des protéines de riz... Ou bien on se complique pas et on laisse tout seul, nature. Puis on applique la mixture obtenue sur toute la chevelure, comme n'importe quel shampooing ou masque du commerce. On masse, on triture doucement, on laisse agir plus ou moins longtemps, selon les propriétés de ce que l'on utilise, puis on passe sous la douchette. On finit par un rinçage à l'eau douce, ou infusée de plantes, ou vinaigrée, puis on enveloppe le tout dans une serviette éponge douce, et enfin on laisse sécher à l'air libre.



Au début c'est assez déconcertant parce que ça ne mousse pas du tout. Encore que ça peut si on utilise des noix de lavage ou de la saponaire. Mais pour ma part, aucune bulle. La plupart du temps, je peux même manger ce que je mets sur ma tête. Ça me rassure de traiter mes phanères comme je traite mon estomac. Mes cheveux vont boire, manger les nutriments, assimiler les actifs, digérer les composants. Ce n'est jamais pareil, selon l'humeur, la météo, la qualité de l'eau, mais ça fait toujours du bien.

Une fois bien séchés, je les démêle aux doigts et, Ô miracle, c'est tout propre, tout beau, tout sain, ça ne gratouille plus, ça sent bon, et ça met une - voire deux semaines - avant de regraisser. Le pire est que plus on patiente, plus on fait dans la simplicité - voire moins on en fait - mieux c'est.



DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Autonomie, Corps, Salle de Bain, Soins naturels, Mode de vie, Éthique

Soft colors words


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

When I was a child, about seven years old, I was jalous about my sister who began to learn English. This language appeared to me with sunny and brightly colors. Yes, I see colors on each vowels and consonants. And at this time, french was dark, grey and a sad way to talk.



French was the language of the bible, of the pastor's sermon every Sabbath morning, of the argues between my parents, of the children at school who called me "Serpent à lunettes", "Jambes d'allumettes", "Trisomie 21" or "Bâtons de tambour".

Yes, I weared glasses, I got almond eyes and a very straight hair at this time. Which, by the way, is a little bit wird considering my curly hair today. I was also smaller than the other kids of my age, all the more so because of my anorexia.

On the other hand, English was the language of those mysterious words embedded in some scenes in Charlie Chaplin's movies that I could see on the french public tv each Christmas. Evenly the language of Mowgli and Mary Poppins, of those movie stars such as Marilyn Monroe in Some Like It Hot or Dustin Hofman in Little Big Man.



To pronounce this sweet and singing language was, and still be, a real enjoyness for my mouth. I don't exagerate. In a way, this is a body language. And the pictures the english words create in my mind, as well as the links between ideas, are more close to my way of thinking, and logical to me, than French.

I have been liking my mother tongue only recently, since about ten years, through my blogging activity which makes me read more and work on a text for a long time before publishing it. But I love English for fourty years. And this summer, I have choosen to study it again.

Firstable, to become able to understand international anglophone web ressources, like news and receipes, Yoga and DIY videos, films, series or documentories. Knowing that 54% of the websites content are in English and the English-speaking population online was about 873 millions in 2015, with growth of 300% the last ten years...

It would be second to none to explore all that without subtitles. And secondly, of course, to be able to speak fluently.



In a legitimate way, the prevalence of English in many domains can be seen as a problem and criticized. It is necessary indeed to help the others languages proportion increase. I would'nt like to see French disappear from screens.

In fact, I contribute with my blog to the contrary and also to its evolution, in particular through the inclusive writing that I defend ardently.

But this is not the point, this is about learning several languages. English is a first choice for me, but then no question to stop, because I will be even more able to learn languages which are close to it, for example Japanese... Or why not Korean !



A few studies prove today that speaking different languages maintains a healthy brain, produces new neuronal connections, preserves from degerenative diseases and makes people be more curious and tolerant.

Who knows, perhaps it will also open doors on my jobseeker route.

In the meantime, I love to think in, read and listen to the language of Virginia Woolf, Mark Twain, William Egglestone or even Jane Jacobs. But here I am going to do the effort to write too, regularly, that will make me do some research on my own, as I always do obviously, but it would be supplementary usefull homework besides my english class.

So, this is the first article, hoping of a long list which will be less and less full of mistakes and clumsiness... and perhaps more and more stylish.



DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Autonomy, Body, English, Reading, Way of life

Japon et Savon


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Figurez-vous qu'il existe en France une fabrique de Nattō, cette spécialité très spéciale du Japon. Si vous ne connaissez pas cette curiosité locale, il s'agit d'un aliment traditionnel à base de graines de soja fermentées selon un procédé ancestral et universel qu'on appelle [ lactofermentation ].

Des bactéries lactiques vont se développer et permettre de conserver un aliment en éloignant les bactéries pathogènes, tout en augmentant sa valeur nutritive. Pour le Nattō, une substance couleur crème va apparaître, et enrober les fèves jusqu'à un film très élastique qui forme des fils interminables lorsqu'on les malaxe.

Sachez qu'on épate durablement n'importe quel-le Japonais-e en mangeant du Nattō en sa compagnie.



C'est bourré de probiotiques, de potassium, de fer, de magnésium, de vitamine K2 et de fibres. Ça contient autant de protéines que la viande, autant de calcium qu'un yaourt, et c'est pauvre en glucides et en cholestérol. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est [ une récente étude de l'Institut Pasteur ] où les bienfaits du Nattō sont énumérés, tels son action préventive contre le cancer, sur l'absorption du fer et sur le métabolisme osseux.

Le goût du Nattō se rapproche un peu de celui d'une croûte de camembert bien fait. On l'accompagne de riz ou de salades. On l'accommode en le touillant vigoureusement avec de l'huile de colza, du Tamari et du vinaigre de cidre ou bien de la moutarde. Si l'aventure gustative vous tente, voici la fabrique [ Natto du Dragon ] qui vend sa petite production 100% bio en ligne.



Depuis longtemps nous consommons sans le savoir des aliments lactofermentés. Du moins lorsque ces produits sont fabriqués artisanalement, car l'industrie a remplacé le long procédé par une dénaturation à base de produits chimiques, pour aller plus vite, sans passer par l'étape fermentation. Enfin globalement pour augmenter ses profits, au détriment évidemment de leur valeur nutritive d'origine. Par exemple les olives, la choucroute, le ketchup, les yaourts, les fromages au lait cru ou le babeurre. Mais aussi des spécialités venues d'ailleurs que l'on commence à trouver facilement dans les rayons comme le Miso, le Tempeh, le Kimchi ou le vinaigre d'Umeboshi.

L'industrie agro-alimentaire nous a donné l'habitude de croire que plus c'est compliqué, mécanisé, aseptisé, mieux c'est pour notre santé. Or on s'est nourri sans elle durant des millénaires. Et à en croire les récentes découvertes archéologiques, sans souffrir de maladies dégénératives, d'obésité, de diabète et de cancers comme aujourd'hui.



À la maison, il est enfantin de préparer des légumes lactofermentés. On râpe ou on cisèle finement les légumes, on les tasse fortement dans un bocal qui ferme hermétiquement, et on ajoute de l'eau salée à raison de 30g de sel par litre d'eau, de préférence filtrée. Pour les yaourts, c'est aussi vachement très simple, même sans machine électrique, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain billet.



Également dans la famille "production locale et bio", je suis tombée par hasard dans un supermarché (dont le nom se termine par u) sur un petit savon à la composition idéale et pas cher du tout. 1,70€, c'est vraiment pas cher pour une telle composition : 99,8% des ingrédients sont naturels, 80% sont bio, il est riche de sa propre glycérine, sans parfum, sans conservateur et non-testé sur les animaux.

J'ai d'abord crains qu'il ne fonde très vite à l'utilisation, comme certains savons qui coûtent un bras vendus en magasin bio, mais en fait pas du tout. Et surprise, il est encore mieux : il est très doux. Ma peau réactive qui se dessèche facilement tire à peine après avoir été nettoyée, voire pas du tout par moment. Contrairement à ce que me fait le savon de Marseille, le savon d'Alep, des savons ayurvédiques aux plantes, ou même des savons par saponification à froid, et pourtant tous achetés en magasin bio.

Et cette petite trouvaille a une autre qualité de taille, il mousse...



Mais aussi bon et bio soit-il, vous ne le trouverez pas en magasin bio. Comme quoi ce dernier n'est pas le repère exclusif de la qualité. Ce savon est surtout vendu dans le grand ouest de la France, et exclusivement dans la chaîne de supermarchés plus haut citée. Ou alors il faudra voyager, car [ La Cigale ] est distribuée un peu partout dans le monde, jusqu'au Japon où French Touch oblige, les emballages n'affichent même pas de traduction en japonais.


DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Corps, Soins naturels, Japon, Alimentation vivante, Cuisine, Salle de Bain

Tisane et boyaux


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Imaginez de la glace à la fraise... mais liquide... et à boire... chaude... dans un mug...



C'est l'impression que me donne ces infusions, trouvées au rayon bio du petit supermarché tout à côté de chez moi, de la marque anglaise [Clipper]. Elle propose également une gamme de différents thés, toujours bio, mais aussi équitables. C'est une marque assez facile à trouver en grande surface et vendue à un prix abordable.

J'avais d'abord goûté le mélange citron et gingembre, qui est rafraîchissant, et le "Marchand de sable" qui est doux et bien équilibré, on ne s'en lasse pas. Mais celle dont j'abuse en ce moment s'appelle "Mes belles gambettes", à la fraise et fleur de sureau. D'ailleurs une simple tisane de sureau en vrac est déjà un délice. Mais alors là, j'ai l'impression de boire un dessert à la crème et aux fruits rouges.

Les infusions et les thés verts sont un bon moyen pour moi de boire toute la journée sans que ce soit une corvée. J'avoue avoir des difficultés à sentir la soif. Mais c'est aussi une manière de se soigner en douceur puisque les plantes offrent divers bienfaits, soit détoxifiant, astringent, antibactérien, calmant, drainant, décongestionnant, digestif, ou encore aphrodisiaque...

Boire chaud est également moins épuisant pour l'organisme qui ne perd pas d'énergie à réchauffer le liquide. La boisson devient en un sens plus digeste. C'est un truc qui me réussit plutôt bien, donc j'ai pris l'habitude de remplir un thermos d'eau bouillante dès que je me lève, et l'installe dans le salon sur la table basse, à l'instar d'un rituel bien japonais. Il n'est pas aussi pratique que ceux qu'ils utilisent là-bas, munis d'une pompe, mais il fait son boulot.

Ce qui est chouette aussi chez cette marque d'infusions bio c'est leurs emballages, simples et graphiques, fleuris et colorés. Un gros avantage quand, comme moi, on dispose les boîtes de plantes à thé dans une corbeille, sur la table à côté du thermos. Ça sort vraiment de l'ordinaire, tellement joli que lorsqu'elles sont terminées, j'en fais des marques pages.



D'ailleurs côté lecture et digestion, récemment j'ai dévoré le livre de Giulia Enders [Le charme discret de l'intestin]. On y découvre comment fonctionne notre tuyauterie et c'est beaucoup plus glamour qu'on ne le soupçonne.

Depuis, mon regard a complètement changé sur l'intérieur de mes entrailles. Auparavant j'imaginais un cloaque où s'opérait sans cesse une chimie fastidieuse, un lieu de batailles perdues qui exigeaient un nettoyage régulier. Comme une partie de moi, à l'intérieur, jouant sans cesse contre moi, et qu'il fallait gérer malgré elle, pour son bien, ou plutôt le mien. Ce qui était nettement débile.

À présent je suis réconciliée avec mes boyaux. Ils sont en réalité un moteur essentiel auquel je dois être attentive et respecter les besoins. Ils forment tout un réseau savant, mouvant, où s'opèrent des milliers de réactions moléculaires subtiles. C'est l'antre stérile d'une vie intelligente, sensible, complexe, dans un décor de velours rose. Rien là dedans ne justifie des lavements quand aucune urgence ne l'exige. Tout au contraire.

Un équilibre est à trouver et à maintenir par l'alimentation et le mode de vie, pour favoriser et préserver une flore intestinale capable de filtrer et absorber tous les nutriments essentiels, tout en éliminant les germes et bactéries pathogènes. Dans les intestins s'ébat un microbiote dix fois supérieur au nombre de cellules et s'active un système nerveux aussi complexe que le cerveau. Des neurones communiquent avec l'hypothalamus, via le nerf vague, envoyant dix fois plus de messages qu'ils n'en reçoivent.

Encore un vaste univers au sujet duquel la science commence juste à cerner son ignorance.



DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Lecture, Tisanes