Feed christmas free


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

This is the season for donations. We give, it's easy. It costs nothing. Way of speaking. Give a little bit to a side, to be forgiven of so much wasting from the other. Because, paradoxically, when on the occasion of end-of-year feasts, we suggest to spend nothing specially, to stop participating in that consumer debauchery, those rituals that make no sense, except that of plunging people into a state of tremendous stress, we get outraged reactions, as if it were very expensive.



Henceforth, we see arriving on the supermarket shelves the boxes of chocolates as soon as the fournitures of the back to school are put in reserve. As people's incomes are increasingly bloodless, it is a question of encouraging them to staggering christmas purchases over several months, to pay in several installments for the very expensive presents, or nothing before the begining of the new year. Like prices in 99 cents, paying next year, even if in fact it is in a few weeks, seems to leave a psychological respite enough to no longer see the expense.

This general frenzy causes over-indebtedness, makes people a bit more sick, and destroys the planet a little bit more.



Does this injunction to happiness justifie irresponsability ? Even if it increases cholesterol, poisons the oceans with more plastic, accelerates the extinction of the living ? This gurgling of food does not nourish in any way, heals nothing, brings nothing more than the fake satisfaction of a collective impulse, generated by a continuous pounding of the brain, to that ultime frightening point of persuading that evading all of that would amount a kidney self-amputation, or other same kind of torture.

So we go all together, armed with the checkbook and the blue card. We believe in Santa Claus and we ejaculate of spending money in a great collective groan, just before the hangover, the blow of bamboo, before the first payment notice for the credit of the new flat screen, the latest smartphone, the new robot to make fresh raw multivitaminated juice that we will never have time to use, but so indispensable on the counter of the kitchen.



Do we really need all this to take good time with our loved ones? What would happen so unbearable if we make the choice right now to stop ? If you must spend money to share something, give it to a good cause. No need to do it for an excuse. Give freely. For example, to a wild animals clinic association like [Le centre de Soins de la Faune Sauvage] in Châtellerault. Money or supplies will be accepted with great pleasure.

Our brain supposedly an exceptional fruit of evolution cannot it be used to imagine doing otherwise? Offer home made stuff, eat simple but lovingly cooked at home, decorate home without cut tree. There are so many free opportunities to share more, to meet themselves for real around a simple pretext without that huge waste of ressources. A pretext to renew as much as we want, by the way, and not just once a year when the whole system calls for it.



In my city, henceforth from the holidays of Toussaint to christmas eve, it is the rush in the shops, the traffic jams and the people who everywhere jostle, like a herd of marathoners. I'm not saying that giving up this commercial bleeding will fix hunger in the world, prevent the sea level from rising and protect from a nuclear disaster. For all this, it's already too late.

But, remember what is it about in A Christmas Carol, putting forth the idea that charity, celebration and sincere human connection are more important than wealth and ritual. Therefore, since this is a children's celebration, a little bit of coherence would be welcome about their own future and what legacy we are about to leave to them.



DClassé dans : Ma ville ,Mots clés : Christmas, Winter, Kufuu, Minimalism, Way of life, Degrowth, Ethic

Triturbulations du bonnet


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Six mois sans exercice physique, sans bouger un orteil. C'est que plusieurs semaines de sinusite, ça refroidit. Voilà ce que j'ai gagné en allant nager en plein janvier à la piscine de mon quartier.



Comme désormais cette dernière n’ouvre que quelques heures par jour, évidemment le chauffage est coupé entre deux créneaux. C’est ainsi que j'ai attrapé froid, par les oreilles. Sachant la chaleur qu'il fait en principe à l'intérieur d'une piscine, et l'obligation de porter un bonnet de bain, je ne pensais vraiment pas prendre le risque d'un tel désagrément. Juste celui, éminemment inhérent au port d'un bonnet en caoutchouc, d’un cerveau totalement comprimé.

J'ai horreur de porter ce genre de bonnet. Et j'ai horreur de nager avec ce qui isole ma tête de l'élément dans lequel le reste de mon corps baigne. Pour la même raison, j'ai la préférence du bain sans maillot. De plus, mes cheveux étant longs, bouclés et anarchistes à tendance fortement ébouriffés, cela suppose de les rassembler en chignon, puis de les plaquer d'une main tout en attrapant de l'autre chaque mèche trop courte pour être prise dans mon élastique qui borde le front, les tempes et le cou, et de réussir à enfermer tout ça dans un dé à coudre.

Aussi, sur la dernière heure d'ouverture, temps de moindre affluence qui a ma préférence, un bon quart d'heure passe avant que je ne sois prête à tremper un pâle et frileux orteil. Forcément, à ce stade mon humeur est déjà passablement assombrie. C’est que dix minutes à triturer mon cuir chevelu devant un miroir en frisant le casse-tête, cinq autres à tenter de rétablir la forme initiale de mon visage lifté en biais par le bonnet, le tout en soliloquant une guirlande de mots fleuris, ça met dans une toute relative condition pour un moment de détente dans un espace entièrement carrelé de blanc crème rayé d'anthracite.

Ce qui m'extorque un pas vers le grand bain, c'est le souvenir de mes douleurs de dos, de jambes et de cervicales. Donc, quand au jugé de la pulpe de mes doigts mon crâne semble enfin étanche, j'inspire un grand coup en quittant mon reflet et me dirige droit vers le brouhaha des pieds qui battent la surface de l'eau. Ruisselante de la douche *obligatoire*, chacun de mes pieds clipsé à un tong pour éviter à mes orteils de s'emmêler dans des cheveux jonchant sur le sol comme des anguilles, je passe l'eau tiéde du pédiluve *obligatoire* et rejoins le bord du bassin.



Assise à côté de l'escalier, là où la profondeur est de quelques dizaines de centimètres, je chausse mes lunettes de plongée et effleure de ma voûte plantaire l'eau qui, plus fraîche que confortable, ne réserve pas au nouvel arrivant un accueil chaleureux. Quoique la somme des efforts pour arriver à son seuil pourrait, si j'y réfléchissais bien, légitimement me faire rebrousser chemin, je prends le parti de m'infliger toutes les autres étapes.

Ne regardant plus à la dépense, balafrée d'un rictus montrant mes dents, les yeux plissés, le front plié en deux, les épaules crispées, mes omoplates tentent de se refermer sur elles-mêmes, comme le ferait en cape une paire d'ailes. Je descends lentement les marches, cramponnée à ma résolution, comptant chaque millimètre cube de la substance frigorifique qui, petit à petit, m'enrobe jusqu'à la taille et, comme pour me féliciter amicalement de ma persévérance, inonde mes narines de son parfum chloré.

Arrivée à ce palier d'accoutumance, je vise le centre du bassin, là où je n'ai plus pied, mes jambes pourfendant le liquide comme le premier homme a marché sur la lune. Toute à ma progression et à l'imminence de mon flottement à l'horizontal, j'accélère le ralenti de ma marche pour tenter de me réchauffer, j'appuie sur les ventouses de mes lunettes et cale minutieusement mon pince-nez, dont le cordon cerne mes joues comme un collier pendouille au milieu du visage quand on fait le cochon pendu, apportant à mon allure générale sa touche finale.

Là, tête sous l'eau à l'expiration, je nage enfin, de la buée plein les carreaux à l'inspiration.



À ce stade de ma séance de sport aquatique, me voici les sourcils arrachés du globe oculaire, les yeux écartelés dans une brume perlée, les narines écrasées virant au violet, et les pommettes repulpées par deux fines membranes en plastique. Contrariétés oto-rhino-laryngologiques que surplombe un bonnet cloquant sur mon crâne... duquel je n'ai jamais su s'il était plus seyant de laisser dedans ou dehors les oreilles.

Ainsi ce matin là, coiffée d'une cloche en silicone annexée de quelques appendices, comme une sorte de spécimen muté d'un gène papilionacé, posant les mains sur la surface de l'eau comme pour mieux la contenir, avant de glisser dès que je perdis pied dans le bouillon d'une brasse coulée, j'ai pris froid. Par le froid liquide s'infiltrant douloureusement dans mon conduit auditif.

Tout à la réalisation de mon défi, j'exécutais, envers et contre tout frisson, mes longueurs depuis presque vingt minutes au milieu de tas d'autres usagers à tête d'épingle, quand en vinrent aux mains deux autres nageurs obstinés et manifestement en désaccord brutal sur la manière de partager l'espace. Au bruit de leurs échanges de compliments relatifs à leur lacune respective, je sortis promptement du bassin, secouée de toute part de tremblements dont je n'aurais plus su distinguer la part induite par la température de l'eau de celle provoquée par ce consternant spectacle imposé de leur bêtise vulgaire.

Reste de cette tribulation hivernale l'expérience d'un mois de mal de crâne et de nez bouché. Et une carte de piscine neuve pleine de 50 points. Mais depuis je vais beaucoup mieux. Je ne prends froid qu'à l'automne, dans ma cuisine et par les pieds, en attendant la date départementale où le chauffage collectif de mon immeuble est allumé.



DClassé dans : Mon quartier, Ma ville ,Mots clés : Hiver, Automne, Corps, Matin, Politique

Le cacao de la médiathèque


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

À croire que le bruit est mon obsession. Ceci dit, il faut bien reconnaître que dans le monde d'aujourd'hui, le silence est un luxe que peu d'entre nous a les moyens de s'offrir, autant que la douce et harmonieuse vue d'un paysage naturel.



Pour échapper à l'épuisement que suscite chez moi le bruit dans mon appartement, je sors. Je vais dans un café, ou plus fréquemment à la médiathèque.

Pourtant, dehors le bruit est aussi au rendez-vous. Le bruit et l'odeur...

Quand on se déplace exclusivement à pieds et en bus, les oreilles et le nez mangent en continu du klaxon, des sirènes, du pot d'échappement débridé, comme des particules fines de diesel, de l'haleine à la mauvaise bière et du tee-shirt synthétique saturé de transpiration.



Même dans des lieux dédiés au calme et à la concentration comme la médiathèque, peu d'usagers ont l'intelligence du savoir-vivre qui incite à parler en chuchotant, à porter une chaise plutôt que de la traîner, à éteindre la sonnerie de son téléphone et à éviter d'y répondre quand il se met à grésiller à tue-tête "Il tape sur des bambous et c'est numéro un...."

De mon point de vue, la médiathèque de ma ville est également un bâtiment très moche.

Toutes ces surfaces de béton comme autant d'aires stériles me dépriment. Cet édifice gagnerait en chaleur s'il se parait de persiennes en bois et de matières végétales. Tant de techniques maîtrisées aujourd'hui permettent de climatiser et orienter le soleil qui frappent trop directement une baie vitrée, mais aussi de verdir en verticalité, d'étoffer les façades de chlorophylle, d'épaissir leur surface de tiges et cuticules, de feuilles persistantes et autres lignines enracinées, d'orner d'arabesques et de guirlandes vivantes, bigarrées, panachées et convolutées.



Cependant à l'intérieur l'accueil est moins catastrophique.

Bien qu'il manque un peu partout de tables et de chaises, et que le rez-de-chaussée où loge le comptoir de l'Artothèque serait idéal pour y disposer un vrai café, l'endroit cependant apporte quelques compensations pour qui cherche un refuge pour étudier, lire, s'informer, jouer, méditer, surfer sur le net, écouter de la musique, et même déjeuner sur le pouce, socialiser...

Bref... se changer les idées.

En fait, en ce qui me concerne, je distingue cinq bonnes raisons d'aller à la médiathèque.



➊ L'absence de distraction ménagère

En dehors de chez soi et loin de son frigo, entouré de livres et de journaux, point de diversion du type couche de poussière que l'on aperçoit soudain sur ses étagères. Extraite de mon habitat et de ses distractions intempestives, postée à une table dans un décor qui n'est pas le mien, le moment dont je fixe seule la durée se prête plus facilement au détachement et au travail intellectuel.



➋ Le spectacle de la rue et des gens

Sans conséquence sur la concentration, pouvant même au contraire favoriser l'assimilation et l'imagination, si l'on a une place assise près d'une baie vitrée, on peut poser son regard un instant sur un reflet de soleil dans une chevelure, un nuage qui s'étire, la fenêtre de l'immeuble d'en face qui s'ouvre. Puis on revient à son ouvrage, les neurones quelque peu réactivés.

De même à l'intérieur de la médiathèque. On regarde les choses s'égrener autour de soi, un visage centré sur une copie qu'un stylo noircit, des doigts qui dansent sur un clavier, des lèvres qui effleurent le titre d'un livre survolé. Dehors et dedans, voir le flot et le flux des choses avec la jouissance de n'y prendre aucune part.



➌ L'unité de temps

Cette posture d'ailleurs donne au temps un tout autre rythme. Soit qu'il accélère follement quand on est pris par un sujet, plongé dans des ouvrages et des prises de notes. Soit qu'il freine soudain de ses grands pieds - oui le temps chausse grand - et s'effiloche en de multiples secondes suspendues au geste d'un enfant, à l'œil malicieux d'un joueur d'échec, à la bouche crispé d'un buveur de café brûlant, à l'élégance d'une grande femme aux cheveux blancs qui traverse le hall, à une main qui se glisse dans un chignon.



➍ Le hasard de la convivialité

Dans le hall, plusieurs tables, hautes et basses, fauteuils et canapés sont disponibles pour se détendre. Rien n'empêche de s'y installer également pour travailler, mais dans ce cas, il faut être dans de bonnes dispositions quant à cette tendance attachée au lieu qui porte les gens à la curiosité et à entamer facilement avec vous une conversation. La disponibilité s'impose pour la rencontre. Pour aborder le sujet de la couverture du magazine que vous lisez, de la climatisation toujours un peu trop froide, de la pluie qui commence à tomber, du livre et du cahier ouverts qui trahissent à la vue de tous l'objet de votre étude, ou de la monnaie qui manque pour une barre de chocolat.

➎ Le cacao liquide

En parlant de chocolat, dans ce même hall est à disposition un distributeur de réconfort, sous forme de caféine principalement, mais aussi de différents thés et d'une préparation industrielle déshydratée appelée "Cacao fort" à laquelle va ma préférence. Tout à fait mousseux, parfumé mais pas trop sucré, c'est une douceur liquide et veloutée que je recommande chaudement.



DClassé dans : Ma ville ,Mots clés : Bruit, Autonomie, Savoir-vivre, Couleurs

Bilan des bruits


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Dernière mise à jour 12 janvier 2018

Au bout de sept années, je n'en finis pas de lister les sources de nuisances sonores que je peux subir dans cet appartement. Chaque année, un nouveau motif de bruits survient, les répits ne durant que quelques mois. Ceux liés à une configuration constante comme la circulation par exemple, mais aussi les occasionnels qui s'additionnent aux premiers et ensemble créent un environnement de stress continu parfois très difficile à surmonter.



Voici depuis que j'ai emménagé jusqu'à ce jour, la chronologie des événements exceptionnels survenus à l'extérieur de mon immeuble et ayant entraîné du bruit mais aussi pas mal de pollution :
  • Chantier de rénovation de l'usine de traitement de l'eau (durée 2 ans)
  • Chantier de ravalement de la façade de l'immeuble, peinture des volets et rambardes de balcon (durée 3 mois)
  • Chantier de construction de l'épicerie solidaire (durée 6 mois)
  • Chantier d'isolation extérieure de la maison de quartier
  • Réaménagement du terrain autour de l'épicerie solidaire
  • Chantier de construction de trois maisons en face du city park (durée 18 mois)
  • Chantier d'isolation extérieure de la salle de sport
  • Chantier de construction du foyer des jeunes handicapés (durée 1 an)
  • Chantier de démolition de l'ancien foyer
  • Chantier de réaménagement des voiries du quartier et des espaces verts (durée 2 ans)
  • Chantier de réfection de la route entre le château d'eau et l'entrée du quartier
  • Chantier de rénovation de la maison en face du city park.
  • Chantier de mise aux normes des égouts fluviaux au bassin d'orage.
  • Chantier de tranchées dans le terrain de la résidence en face du gymnase.
  • Chantier de terrassement derrière la maison de retraite.
Maintenant ceux s'étant déroulés à l'intérieur de l'immeuble, sur plusieurs jours, voire plusieurs mois :
  • Remplacement des portes d'entrée des appartements et de leur cave
  • Installation d'un digicode et d'une nouvelle porte d'entrée d'immeuble
  • Installation d'un compteur d'eau individuel dans les toilettes
  • Installation d'un détecteur de fumée dans chaque appartement
  • Remplacement des fenêtres et des portes-fenêtres pour les chambres et salons (durée 2 mois)
  • Installation d'une VMC dans l'immeuble (durée 3 mois)
  • Remplacement du compteur électrique pour un modèle Linky



Et enfin les sources de pollution sonore régulières, voire quotidiennes, à l'intérieur comme à l'extérieur :
  • Entretien des espaces verts (tondeuses, souffleuses, broyeuses, tailles-haies...)
  • Bruits de moteurs électriques et de générateurs provenant de l'usine de traitement de l'eau
  • Nettoyage des voiries (karshers, souffleuses, véhicule balai-aspirateur...)
  • Claquements des volets en métal tous les matins pendant cinq ans
  • Activité de l'épicerie solidaire (livraisons, voitures, atelier bois...)
  • Cris provenant des cours d'école aux heures de récré
  • Cris et hurlements de pleurs parfois incessants provenant de l'aire de jeu de la garderie au pied de l'immeuble
  • Travaux réguliers d'entretien des réseaux sous les voiries
  • Sorties des poubelles par le concierge
  • Nettoyage des aires de jeux de la garderie (karshers, souffleuses...)
  • Cris, hurlements et rebonds des ballons provenant du city park
  • Démarrage brutal sur le gravier du parking (tous les jours pendant six ans)
  • Circulation parfois dense ajoutée au diesel des bus
  • Rondes diurnes et nocturnes de scooters sans échappement
  • Dos d'âne au carrefour qui a été recouvert d'un revêtement aux graviers sur lequel dérapent les pneus des voitures
  • Répétitions et concerts de la maison de quartier
  • Voisins qui hurlent après leurs gamins, parfois toute la journée, voire toute une semaine
  • Gamins des voisins qui jouent au ballon ou à la trottinette, sautent ou courent dans un sens puis dans un autre, ou tout simplement hurlent et pleurent, durant des heures
  • Vent dans la colonne d'aération passive, dans les grilles d'aération des fenêtres, dans les rambardes des balcon
  • Tac-tac du nouveau compteur d'eau lorsqu'on ouvre un robinet et qui s'additionne aux autres tacs-tacs des compteurs des voisins
À titre d'exemple, voici l'ambiance qui régnait ce matin de 9 à 11h30 :
  • Scie de l'atelier bois de l'épicerie
  • Gamins en récré et dans l'aire de jeu de la garderie
  • Gamine du 5 faisant son jogging d'une pièce à l'autre
  • Tondeuse et débroussailleuse autour de l'usine de traitement de l'eau



Et cela ne semble pas vouloir s'arrêter. Des techniciens ont fait dernièrement des repérages sur le toit de la maison de retraite juste en face... Bientôt va débuter un chantier de construction d'habitations à la place de l'ancien foyer des handicapés... Ce qui d'ailleurs, en plus du bruit, prolonge ce temps où des engins brassent les diverses matières qui composent le sol, durant des semaines, provoquant des épisodes d'allergie assez dense, compte tenu de la pollution de l'air déjà importante désormais et des pics devenus routiniers. Enfin je verrais sans doute et sans surprise d'autres épisodes d'entretien ou de réfection éclore ça et là, comme en ce moment ce chantier en cours de rafistolage de l'isolation extérieure d'une des tours du quartier.

À noter que le chantier de réaménagement des voiries a amené des engins de terrassement à œuvrer autour de mon immeuble pendant plusieurs mois, martelant puissamment le sol au point de faire trembler les murs et les fenêtres de toute l'enceinte, d'une force de vibrations se propageant dans les fondations jusqu'au toit, faisant tinter la vaisselle et gigoter les rideaux, jusqu'à ne plus percevoir la différence avec un tremblement de terre. Je dis ça parce qu'en fait _il s'est réellement produit un tremblement de terre à la même période_, et bien que bizarrement secouée un matin dans mon lit, j'ai été persuadée qu'il s'agissait du chantier après lequel je râlais une fois de plus en me réveillant en sursaut.



Et tout ce bruit, ces chantiers, sans voir jamais une amélioration notoire de la vie des habitants. Bien sûr je me félicite du déménagement des jeunes handicapés dans un établissement tout neuf bien plus confortable, je pense, que le bâtiment insalubre qu'ils occupaient auparavant. Mais je n'ai pas le même enthousiasme concernant l'épicerie solidaire qui entérine un système plutôt que de le remettre en cause.

Et je regrette de constater la facture médiocre de tout ce qui est mis en œuvre. Les matériaux, les formes, les aménagements, tout est de mauvaise qualité, pensé à l'envers du bon sens, excluant les opportunités de créer du lien social, de faire ralentir les véhicules, de favoriser la sécurité des déplacements à pieds et à vélo et, d'augmenter la canopée, d'embellir les espaces, de les verdir durablement. Tout au contraire.

La "modernisation" qu'on a pu lire sur les plaquettes n'était là encore qu'un joli mot, un processus cosmétique de surface. En réalité, tout est à court terme. Et dès qu'une parcelle de terrain se libère, c'est d'abord pour la bitumer, la goudronner, la bétonner.

Et dans mon immeuble, c'est la même chose. La peinture de la façade serait déjà à refaire, les doubles vitrages sont des premiers prix, la pose a été bâclée, aucun réglage individuel du chauffage collectif n'est possible, aucune isolation répondant aux normes actuelles n'est envisagée, dans les communs le vasistas d'évacuation des fumées ne s'ouvre pas, aucune issue de secours n'est disponible, ni même un seul extincteur...

Bref. Bienvenue dans _Grenfell_-bis. L'essentiel de ce qui compte et qui devrait être réhabilité est laissé au panier des oubliettes, tout comme les locataires et leur éducation.

DClassé dans : Mon quartier, Mes voisins, Ma ville ,Mots clés : Bruit, Aménagement, Politique, Savoir-vivre

La cosmétique de la récompense


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Mercredi 3 mai se tenait au Futuroscope une cérémonie de la remise du Trophée des Femmes de l'Économie. Si ce type de manifestation peut être perçue par les lauréates comme un premier pas vers la reconnaissance, ou du moins une forme d'encouragement dans leur choix d'entreprendre, on peut néanmoins regretter qu'aucune forme d'éthique ne soit liée à la récompense, ni même une volonté de changement.



En effet, sur le site internet de l'organisation, seul le critère de cheffe d'entreprise dans la communication, les ressources humaines ou à l’international permet de poser sa candidature. Aucun portrait détaillé des juré.es et des précédentes gagnantes n'y est présenté, pas plus qu'un suivi qui permettrait d'évaluer l'impact du prix remporté ainsi que les opportunités qu'il est sensé ouvrir aux carrières.

À vue de nez, cela ressemble à une coquille vide, un simple coup de communication pour les partenaires qui s'offrent ainsi une conscience concernant les discriminations faîtes aux femmes, un effet cosmétique et une image bienveillante portée en bannière, un masque sur les réalités pour mieux les faire taire.

L'amusement dînatoire en l'honneur de quelques cas érigés en exemple, parce que ces femmes ont réalisé une chose tellement plus acquise parmi les choix de parcours offerts à la seconde moitié, est très loin de pouvoir constituer la première pierre d'une évolution vers l'égalité. C'est juste l’acceptation polie d'une situation regrettable.



Le fait de créer des prix de cette sorte ne fait qu’entériner le statut de minorité sociale des femmes et le non respect de la loi où l’égalité avec les hommes est pourtant inscrite. Les mettre en concurrence exclusivement entre elles, c’est admettre qu’elles ne sont pas en mesure par définition de participer à un concours général ouvert à tous, juste avant de les diviser par le choix d’un jury qui a l’ironie d’être mixte et décide de la meilleure forme de la réussite. Cela contribue à entretenir cette sous-valeur attribuée par le système à la moitié majoritaire de la population, une construction culturelle dans le but de l’opprimer et l’exploiter pour sa capacité reproductive et sa force de travail, tout en éloignant son attention des véritables causes et responsabilités de sa condition.

Ceci dit, on ne saurait en attendre davantage d'une fête sponsorisée par un monopole de l'hôtellerie, un magazine féminin installé au Luxembourg et des enseignes de substitution au service public de la sécurité sociale, de l'enseignement et de l'emploi. Mais également par Forbes qui référence les plus grands milliardaires, les plus grosses entreprises du CAC40 ou les femmes les plus puissantes du monde, comme Angela Merkel qui détient la tête de liste depuis dix années presque consécutives. Ou bien encore par Émirates, compagnie aérienne d'un pays où les immigré.e.s sont victimes de trafics humains, où sont légales la torture et la peine de mort par lapidation, et où, entre autres joyeusetés du même acabit, le code pénal donne aux hommes le droit de discipliner leurs femmes et leurs enfants, y compris en usant de la violence physique.



J'aimerais rappeler que nous vivons dans un écosystème unique aux ressources limitées et que nous avons l’obligation désormais d’en tenir compte dans notre manière d'entreprendre, de produire et de consommer, dans l’intérêt même de l’Humanité et des générations à venir. Et au delà de cette réalité, nous serions avisés d'avoir une autre ambition qu'un simple prix en aval pour quelques unes parmi celles qui ont créé leur emploi, et aucun plan en amont pour changer les difficultés seulement liées à leur genre.

Il faut inscrire dans les lois de la République le statut des citoyen·ne·s égales et égaux en droit, et y allouer des moyens substantiels afin de le faire respecter. Tel, entre autres cadres incitateurs, un commissariat de l’égalité et de lutte contre les discriminations qui serait doté d’un pouvoir de contrôle, d’alerte, de saisie et de sanction. Tout ceci relève simplement d'une volonté politique, et du législatif. Or nous voici à quelques semaines des élections législatives. Saisissons l'opportunité de ce troisième tour pour faire basculer les rapports de force.



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