Yaourt maison à la glacière


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Depuis quelques mois je fabrique moi-même mon yaourt, pour profiter de ses bienfaits sur la flore intestinale, pour manger un produit laitier artisanal, dans lequel je sais exactement ce qu'il y a, et que je tolère très bien malgré mes anciennes réactions. De plus c'est très facile, rapide, et je le fais sans électricité.



Voici [ ici l'article ] qui détaille le mode opératoire dont je m'inspire largement et qui explique dans le mêmes temps les nombreuses bonnes raisons de faire soi-même ses yaourts.
Et voilà comment je m'y prends.
C'est un peu différent.

Ingrédients
  • 1 litre de lait entier et cru (de préférence de brebis ou de chèvre et bio)
  • 3 c-à-c de yaourt de chèvre bio
Matériel
  • une glacière
  • un thermomètre de cuisson
  • un pot hermétique d'un litre
Préparation
  • Je chauffe mon litre de lait à feu moyen jusqu'à une température comprise entre 85°C et 90°C. J'ai lu dans le bouquin de [ Giulia Enders ] que la plupart des bactéries pathogènes meurent quand elles sont soumises à une température de 60°C durant au moins dix minutes. Comme je trouve dommage de stériliser un lait cru alors que l'on recherche justement à profiter de sa spécificité, je le chauffe seulement 15 minutes, pas plus, et sur un feu très doux.
  • Puis je coupe le feu et je le verse dans un pichet pour le laisser refroidir. Quand il descend autour de 55°C, j'en prélève 3 c-à-s que je fouette dans un bol avec le yaourt. Le mélange mousse et forme une crème. Puis je le reverse dans mon pichet, je fouette et je remplis un pot avec, qui ferme hermétiquement.
  • Entre temps j'ai fait chauffer de l'eau jusqu'à 60°C que je verse dans le fond de ma glacière. Je surveille son refroidissement jusqu'à 55°C et je place mon pot dedans. Je ferme et je laisse lactofermenter pendant 10-12 heures.
Je n'ai jamais obtenu un yaourt après seulement 3 heures, contrairement à ce qui est indiqué dans l'article que je mentionne plus haut. Et le goût du yaourt que j'obtiens n'est pas du tout acide pour autant. C'est juste de la crème, riche en matières grasses, un vrai délice. D'autant que plus la fermentation est longue, plus le lactose est transformé par les lactobacilles, plus le yaourt devient digeste.

Je n'ai jamais raté une fournée, ce qui semble souvent arriver avec les machines électriques si on se fie aux forums qui en parle sur le net.

J'ai essayé une méthode sans chauffe du lait mais avec une fermentation très longue de 24 heures, et il n'a que partiellement coagulé, comme un yaourt à boire. Ce n'était pas mauvais du tout, mais je préfère chauffer afin de dénaturer la caséine et la lactoglobuline, deux protéines qui ainsi vont pouvoir ensuite réagir à l'acide lactique produit par les bactéries et participer à l'épaississement du yaourt.

Inutile donc d'investir dans une machine électrique, parfois complexe avec de l'électronique embarqué, et surtout beaucoup de plastique autour. Et en cas de panne de l'engin, ou de courant tout bêtement, plus possible de faire du yaourt. Pour ma part, puisque je n'avais rien qui ressemble de près ou de loin à une boîte isotherme, je me suis équipée d'une Me&Yo pour 35 euros, séduite par la garantie sans BPA et son tout petit format. Mais n'importe quelle petite glacière peut faire l'affaire.



Le lait, le yaourt et moi

Par défaut j'utilise pour le moment du lait de vache, pas bio mais certifié AOC. Dès que je trouve du lait de chèvre, cru et entier, je change. On pourrait croire que c'est le genre de produits faciles à dénicher maintenant dans les magasins bio, et bien pas du tout. On peut souvent aussi entendre qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre les laits de vache, de brebis et de chèvre, notamment concernant les protéines, ce qui peut être le cas si on n'y regarde pas de plus près.

Pourtant le lait de brebis est le plus riche des trois en caséine, c'est d'ailleurs ce qui lui permet de coaguler très vite et le rend particulièrement intéressant pour faire du fromage. Mais c'est aussi le lait qui contient le plus de minéraux. En fait chaque lait présente des particularités à différents niveaux qui peuvent devenir notoires en terme de digestion selon les difficultés à tolérer tel ou tel de leurs composants, comme leurs protéines, leurs sucres ou leur cholestérol. C'est donc à chacun de tester, de sentir et d'observer les réactions.

Ceci dit, la brebis et la chèvre étant des petits animaux, il y a moins de facteurs de croissance et d'hormones, et leur élevage est aussi moins industriel. Leur alimentation étant essentiellement végétale, cela se répercute sur la qualité du lait qui chez la chèvre contient jusqu'à quatre fois plus d'oligosaccharides que celui de la vache, un prébiotique bénéfique pour les bactéries intestinales et le système immunitaire. Enfin la taille des particules de protéines et de lipides de leur lait sont beaucoup plus petites et les rendent ainsi de fait plus digestes. Une récente étude montrerait que 20 minutes suffisent pour les digérer, contre 3-4 heures pour le lait de vache.

Le lait de chèvre a ma préférence pour son goût et sa texture fine et crémeuse. Et en bonus, il est riche en vitamines A, D, et B3 qui joue un rôle important dans la formation des globules rouges et le transport de l'oxygène vers les cellules. Ce qui chez moi présente un intérêt quand on manque un peu de minéraux, comme le fer, suite à une relative habitude de la junkfood pendant longtemps, suivie de quatre années de végétalisme. Je parle de tout cela [ ici ].

Cependant, il est juste que le lait reste un aliment dont il ne faut pas abuser et qu'il est préférable de le manger sous sa forme fermentée, issue d'une recette la plus simple possible, c'est à dire à base de lait cru et entier, bio si possible, avec des ferments naturels, sans ajout de coagulant de synthèse, sans présure animale, sans OGM.

Cru, car un produit microfiltré, pasteurisé, ou UHT surtout, est un produit quasi mort. Et puis d'après l'article en lien plus haut dans ce billet, on n'obtiendrait pas le même résultat pour le yaourt. Ceci dit, dernièrement j'ai testé le lait microfiltré bio, qui n'a pas formé une couche de matière grasse sur le dessus, mais il était tout aussi ferme et délicieux. Bien sûr il était entier pour éviter les procédés industriels qui dénaturent et puis parce que c'est bien meilleur. Bio car c'est la garantie d'un cahier des charges dans une moindre mesure respectueux de l'environnement, mais AOC c'est bien aussi.

Pour l'ensemble des produits laitiers fermentés, l'idéal est de les choisir sans présure animale, un coagulant qu'on appelle la caillette et qui est prélevé dans le quatrième estomac de jeunes ruminants avant leur sevrage, ce qui inclut l’abatage de l’animal. Et enfin sans coagulant de synthèse ou d'origine fermentaire, par exemple celui produit par l'aspergille noir, un champignon génétiquement modifié.

La réglementation de l'étiquetage en France est très peu exigeante dans ce domaine. En effet, la présure peut être animale mais parfois aussi végétale, extraite du Gaillet jaune, du lait de figuier, de la fleur de chardon sauvage ou de celle de l'artichaut. Or l'origine et le procédé de fabrication des coagulants n'est pour ainsi dire jamais mentionnée. Ainsi les végétariens ignorent souvent qu'en mangeant du fromage ou du yaourt, ils peuvent aussi manger un produit animal.

En fait, c'est le cas avec tous les produits qui contiennent des matières grasses, certains arômes et colorants, et des épaississants. Même le sucre blanc est un problème, outre le fait que c'est un aliment mort, car sa blancheur peut être obtenue par un filtre composé d'os de bovins calcinés. Nous n'avons aucun moyen de l'éviter sans un étiquetage très précis sur l'origine et la fabrication des ingrédients. Sauf en décidant de gagner en autonomie, car reste une solution pour réduire les inconnues, faire soi-même !



DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Cuisine, Mode de vie, Recettes

Potimarron coco en soupe


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Un délice d'automne avec une pointe de soleil. De quoi se réchauffer à la tombée de la nuit en narguant l'hiver... qui ne vient pas vraiment en fait. Mais on s'en fout, vite la recette !



Ingrédients
  • 800g de potimarron
  • 1 gros oignon
  • 1 c-à-s d'huile d'olive
  • 50cl de bouillon fait maison (de poule c'est le mieux) - ou moins avec de l'eau en complément
  • 20cl de lait de coco
  • 1 c-à-c rase de gros sel


Préparation
  • Peler le potimarron et le débiter en cubes.
  • Chauffer l'huile.
  • Verser le potimarron, mélanger bien avec l'oignon et laisser transpirer 2 mins.
  • Ajouter le bouillon, l'eau et le lait de coco.
  • Laisser cuire à couvert 30 mins.
  • Ensuite, tu sales, tu mixes et le tour est joué.


DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Cuisine, Recettes, Automne

L'éducation par le hurlement


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Aussi loin que je me souvienne, dans les différents logements que j'ai occupé, que ce soit dans une cité HLM, un quartier ouvriers ou bobos de province, en plein centre ville ou à la campagne, je n'ai jamais été témoin de cette méthode d'éducation, jusqu'à aujourd'hui.

Est-ce la nature qui imite la télévision ?

Certaines études récentes démontrent qu'après une progression importante et régulière du quotient intellectuel de la population occidentale à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, on constate depuis une grosse décennie, si mes souvenirs sont bons, d'une baisse significative, continue et plus rapide que son augmentation.

Est-ce les jeux vidéos et les interfaces graphiques qui ne sollicitent plus le système cognitif de la même façon que le monde en dur ?

Depuis six ans que je vis ici, dans cet appartement HLM, plusieurs locataires de mon immeuble sont morts ou ont abandonné leur logement. Ou encore ont fui, parce qu'ils le pouvaient, les veinards, le bruit qui les entouraient. Et d'autres sont venus les remplacer, tous parents isolés, âgés entre 30 et 40 ans. Et tous ont donné à entendre allègrement leur manière d'éduquer leurs gamins.

Par le cri.

Tous, sans exception. Homme comme femme. La même hystérie, régulière, passagère. Les mêmes hurlements, qui sonnent comme des démissions, des dépressions nerveuses suicidaires. Mais dès que les décibels retombent, le ton se métamorphose, la parole est posée, légèrement nerveuse certes, mais rivée dans une bulle spaciotemporelle, celle d'un individu amnésique, incapable de se remémorer la demie-heure passée à se donner en spectacle aux oreilles de tout son environnement.



La seule chose qui trahit la crétinerie et l'abrutissement général dans laquelle surnagent ces gens, sont les bruits qu'ils produisent avant et après les hurlements. Claquements de porte, chaises que l'on traîne sur cinquante centimètres, coups dans les murs, objets qui tombent, ballon qui joue au foot, coups dans les portes, trottinette qui roule dans un sens puis dans l'autre dans chaque pièce, talons qui claquent en long en large, coups dans les meubles, chaussures qui galopent dans les lignes droites, bouteilles qui roulent sur le carrelage, aspirateur qu'on passe à sept heures du matin pendant que la machine à laver essore, coups dans la rambarde du balcon...

Dans cet environnement exempte de toute discrétion polie dont est normalement pourvu tout individu mu par une conscience éveillé, au même titre que n'importe quelle souris ou blatte attachées à l'harmonie au sein du groupe et à l'invisibilité sécuritaire de son passage, l'enfant excrété par ces adultes expriment forcément aussi ses propres bruits, sa propre connerie jusqu'à ce que le hurlement éclate. Quoique la moitié du temps, le hurlement survient spontanément sans signes avant coureurs.



Le plus effarant dans cette histoire, c'est moins la vulgarité de ces gens que l'indifférence de tous les autres. Personne ne réagit. Tout le monde s'en fout. Et du reste, ça les arrange presque tous puisque cela les autorise de manière tacite à produire eux-mêmes d'autres nuisances.

Permission est donnée de faire chier.

Ça me dresse les cheveux dans l'estomac. Je boue comme une cocotte, tant je me sens emprisonnée par la bêtise la plus crasse. Taper moi-même dans un mur ? Dans un radiateur ? Ça me fait participer malgré moi à tout ce capharnaüm sourd, voisé, et ne donne aucune satisfaction durable. La nécessité de se défouler pourtant, sur une des causes de ce tumulte épuisant, se fait avec le temps violemment ressentir, et durablement lui. Et j'ai beau me creuser la tête, je ne vois aucune solution, si ce n'est la fuite.

Prisonnière. Au point de finir, quand la colère me sort par les narines, par faire valoir mon droit au respect et à la pleine jouissance de mon logement en me manifestant par le seul moyen disponible et à priori compréhensible dans ce milieu, tout autant qu'il est, je l'ai dit, totalement vain, et qui se résume à peu de choses, au final, bien qu'il exige de sortir de ses gonds et provoque chez moi bouffées de chaleur et tremblements des genoux jusqu'aux côtes supérieures, du seul fait d'ouvrir ma porte d'entrée et dans les escaliers, de hurler.



DClassé dans : Mes voisins ,Mots clés : Bruit, Savoir-vivre

Japon et Savon


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Figurez-vous qu'il existe en France une fabrique de Nattō, cette spécialité très spéciale du Japon. Si vous ne connaissez pas cette curiosité locale, il s'agit d'un aliment traditionnel à base de graines de soja fermentées selon un procédé ancestral et universel qu'on appelle [ lactofermentation ].

Des bactéries lactiques vont se développer et permettre de conserver un aliment en éloignant les bactéries pathogènes, tout en augmentant sa valeur nutritive. Pour le Nattō, une substance couleur crème va apparaître, et enrober les fèves jusqu'à un film très élastique qui forme des fils interminables lorsqu'on les malaxe.

Sachez qu'on épate durablement n'importe quel-le Japonais-e en mangeant du Nattō en sa compagnie.



C'est bourré de probiotiques, de potassium, de fer, de magnésium, de vitamine K2 et de fibres. Ça contient autant de protéines que la viande, autant de calcium qu'un yaourt, et c'est pauvre en glucides et en cholestérol. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est [ une récente étude de l'Institut Pasteur ] où les bienfaits du Nattō sont énumérés, tels son action préventive contre le cancer, sur l'absorption du fer et sur le métabolisme osseux.

Le goût du Nattō se rapproche un peu de celui d'une croûte de camembert bien fait. On l'accompagne de riz ou de salades. On l'accommode en le touillant vigoureusement avec de l'huile de colza, du Tamari et du vinaigre de cidre ou bien de la moutarde. Si l'aventure gustative vous tente, voici la fabrique [ Natto du Dragon ] qui vend sa petite production 100% bio en ligne.



Depuis longtemps nous consommons sans le savoir des aliments lactofermentés. Du moins lorsque ces produits sont fabriqués artisanalement, car l'industrie a remplacé le long procédé par une dénaturation à base de produits chimiques, pour aller plus vite, sans passer par l'étape fermentation. Enfin globalement pour augmenter ses profits, au détriment évidemment de leur valeur nutritive d'origine. Par exemple les olives, la choucroute, le ketchup, les yaourts, les fromages au lait cru ou le babeurre. Mais aussi des spécialités venues d'ailleurs que l'on commence à trouver facilement dans les rayons comme le Miso, le Tempeh, le Kimchi ou le vinaigre d'Umeboshi.

L'industrie agro-alimentaire nous a donné l'habitude de croire que plus c'est compliqué, mécanisé, aseptisé, mieux c'est pour notre santé. Or on s'est nourri sans elle durant des millénaires. Et à en croire les récentes découvertes archéologiques, sans souffrir de maladies dégénératives, d'obésité, de diabète et de cancers comme aujourd'hui.



À la maison, il est enfantin de préparer des légumes lactofermentés. On râpe ou on cisèle finement les légumes, on les tasse fortement dans un bocal qui ferme hermétiquement, et on ajoute de l'eau salée à raison de 30g de sel par litre d'eau, de préférence filtrée. Pour les yaourts, c'est aussi vachement très simple, même sans machine électrique, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain billet.



Également dans la famille "production locale et bio", je suis tombée par hasard dans un supermarché (dont le nom se termine par u) sur un petit savon à la composition idéale et pas cher du tout. 1,70€, c'est vraiment pas cher pour une telle composition : 99,8% des ingrédients sont naturels, 80% sont bio, il est riche de sa propre glycérine, sans parfum, sans conservateur et non-testé sur les animaux.

J'ai d'abord crains qu'il ne fonde très vite à l'utilisation, comme certains savons qui coûtent un bras vendus en magasin bio, mais en fait pas du tout. Et surprise, il est encore mieux : il est très doux. Ma peau réactive qui se dessèche facilement tire à peine après avoir été nettoyée, voire pas du tout par moment. Contrairement à ce que me fait le savon de Marseille, le savon d'Alep, des savons ayurvédiques aux plantes, ou même des savons par saponification à froid, et pourtant tous achetés en magasin bio.

Et cette petite trouvaille a une autre qualité de taille, il mousse...



Mais aussi bon et bio soit-il, vous ne le trouverez pas en magasin bio. Comme quoi ce dernier n'est pas le repère exclusif de la qualité. Ce savon est surtout vendu dans le grand ouest de la France, et exclusivement dans la chaîne de supermarchés plus haut citée. Ou alors il faudra voyager, car [ La Cigale ] est distribuée un peu partout dans le monde, jusqu'au Japon où French Touch oblige, les emballages n'affichent même pas de traduction en japonais.


DClassé dans : Mes découvertes ,Mots clés : Corps, Soins naturels, Japon, Alimentation vivante, Cuisine, Salle de Bain

Pain-Cake aux amandes


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Ne mangeant ni gluten ni œuf durant quatre années, il était très difficile de réussir à faire du pain avec d'autres ingrédients. Bien sûr il existe toutes sortes de farines sans gluten et plein de recettes différentes. Mais jusqu'ici celles que j'ai réalisées, même réussies, ce qui avec mon four au gaz primitif n'était pas souvent le cas, ont donné un résultat pas terrible du tout côté goût et texture. Le pire a été avec de la farine de millet...

En tous les cas j'obtenais tout sauf du pain.



Et puis dans les recettes sans gluten, c'est souvent assez compliqué, avec toute une liste d'ingrédients chers ou pas facile à trouver. C'est aussi très long quand il faut faire son levain soi-même, puis attendre plusieurs heures que la pâte lève... Pour finalement s'aplatir à la sortie du four comme un parachute à l'atterrissage.

Depuis que je remange des œufs, c'est devenu beaucoup plus simple.

(Lire aussi [ Tout allant vert ] concernant mon mode d'alimentation.)

Après moult recherches pour trouver une nouvelle alternative, j'ai choisi l'option d'un pain carrément sans céréales - d'aucuns diront un pain paléo - et je me suis lancée sur une base de poudre d'amande et de farine de lin. Et le résultat me comble tout à fait. Ce petit goût d'amande, le moelleux de la mie, le croustillant de la pâte...

À la base le vrai pain ne contient pas d'œuf, certes. Mais dans une recette sans farine de blé, il permet de compenser l'effet coagulant du gluten. D'où le terme de pain-cake, plus juste pour désigner ce type de pains.

C'est surprenant mais ce cake boulanger est une vraie réussite pour obtenir de vraies tartines. Il se tient bien et se conserve plusieurs jours dans un torchon sans devenir sec et friable. De plus il est facile et rapide à fabriquer avec peu d'ingrédients, et je le trouve délicieux.



Si certains ingrédients semblent exotiques ou onéreux, leur petite quantité dans la recette permet avec un pot ou un paquet de faire de nombreux pains. Mais du fait de la base à la poudre d'amande, le coût de revient reste très élevé comparé à une baguette du supermarché, j'en conviens.

Pour ma part, j'en prépare occasionnellement pour cette raison, mais aussi parce que le pain n'est pas une base dans mes repas, ni un accompagnement incontournable. Ceci dit, ce fut une joie papillaire jubilatoire de pouvoir remanger des mouillettes avec un œuf à la coque...

Mais venons-en à l'essentiel.



Ingrédients
  • 35g de farine de lin (graines fraîchement moulues)
  • 1 c-à-c bombée de bicarbonate
  • 130g de poudre d'amande
  • 20g de psyllium blond
  • 10g de farine de coco
  • 6g de sel
  • 3 œufs
  • 1 tasse d'eau environ
  • 2 c-à-s de vinaigre de cidre
  • 4 c-à-s d'huile de coco fondue


Préparation
  • Chemiser un moule à cake.
  • Préchauffer le four à 180°C.
  • Mélanger les ingrédients secs.
  • Ajouter l'huile, les œufs, puis l'eau progressivement.
  • Travailler pour obtenir une pâte bien souple mais pas collante.
  • Rajouter de l'eau si nécessaire pour que l'ensemble soit homogène.
  • Finir par le vinaigre qui va réagir avec le bds et verser dans le moule.
  • Enfourner pour 35 mins, voire plus selon le four et le croustillant de la croûte désiré.


Variantes
  • On peut battre et faire mousser les œufs au préalable.
  • On peut aussi monter les blancs en neige, la mie sera un peu plus aérée.
  • Parfois je mets moitié huile de coco, moitié huile d'olive, ça donne une texture fougasse.
  • L'eau peut se remplacer je pense par du lait de coco, d'amande ou de noisette, mais je n'ai pas encore essayé.
  • Si je veux mettre moins d'œuf, j'en remplace un par 2/3 d'un sachet d'agar-agar dilué au préalable dans 3 c-à-s d'eau à température ambiante.


DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Cuisine, Recettes, Sans gluten, Sans grain, Sans PLV

L'aménagement rubicubique


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Cette pièce essentielle à la vie, où l'on profite d'un point d'eau chaude et d'un point d'eau froide, où l'on peut installer un appareil de cuisson, un réfrigérateur, une table et des chaises pour manger confortablement, cette pièce a été conçue dans mon appartement pour que tout cela ne puisse jamais loger dans le même temps.



Ce n'est pas qu'elle soit foncièrement petite, mais elle est relativement étroite, tout en longueur. Sa porte, une fois ouverte en grand sur la gauche, empiète sur les deux tiers du mur. Un mur justement pourvu d'un large radiateur en fonte. En face, sur la droite, un branchement au gaz de ville fixé au beau milieu du mur empêche tout meuble d'être disposé en étant correctement aligné contre le mur.

Suit juste après un renfoncement qui accueille un meuble surélevé de l'évier. Perpendiculaire à ce meuble, deux poteaux espacés d'environ un mètre sont les restes d'un mur abattu, autrefois pourvu d'une porte et d'une fenêtre qui donnaient sur une loggia. Sorte de balcon avec un garde-fou plein. L'appui de la fenêtre a été conservé, en béton peint d'une couche de blanc, pour y fixer une tablette en mélamine.



On accède ainsi à ce prolongement de la pièce par l'encadrement qui recevait l'ancienne porte. Et tandis que la cuisine est carrelée de petits carreaux d'un camaïeu beige et ocre, le sol de la loggia a été recouvert de dalles de plastique collées couleur crème. Quant au garde-fou, il a été remplacé par une cloison externe comprenant un ensemble de vitres fixes et de deux fenêtres.

Le double vitrage est nettement apprécié dans cette pièce exposée au nord et côté rue. L'ennui c'est que les battants sont à une hauteur peu confortable. Le cadre des fenêtres a été fixé au raz du plafond. Et sous chacune d'elle, il y a une vitre d'environ trente centimètres de hauteur. Si vous ajoutez à cela la surface du cadre entre chaque vitre, vous obtenez un gabarit de fenêtre pour Wisigoths. Pour faire simple, les poignées m'arrivent au niveau du nez. Et lorsque je secoue un tapis, je dois monter sur la pointe des pieds, le rebord m'arrivant sous les aisselles.



Laver les carreaux suppose d'autant plus une fameuse gymnastique pour accéder à l'extérieur des vitres fixes. Lavage régulier car exposés au nord, les cadres se recouvrent de lichens à l'extérieur et de moisi à l'intérieur. Je fabrique alors un balai-éponge avec une brosse et des torchons, que je trempe dans de la lessive, puis je tourne le dos au mur, bien calée contre la fenêtre ouverte, et je passe le balai à l'extérieur, en étirant les bras au maximum sur le côté, pour effectuer des mouvements de va-et-vient, en hauteur, à la vertical, en espérant atteindre l'angle tout en haut de ce foutu carreau où s'accumule les traces de pluie. Ce à quoi je réussis rarement.

La taille des battants n'est pas non plus un exemple d'ingéniosité. La profondeur de la loggia d'un peu moins d'un mètre n'a pas dû être prise en compte. Du coup on doit choisir entre ouvrir une fenêtre ou passer devant la fenêtre. Les deux n'étant pas compatibles sous peine de se faire énucléer par l'angle du cadre ou la poignée.



Or on passe souvent devant la fenêtre car on accède par là à un petit cagibi où se trouve le cumulus et les branchements pour mon lave-linge.

Ce cagibi a été construit par une cloison coupant en deux la salle de bain. Celle-ci se trouve juste de l'autre côté du mur droit de la cuisine, celui derrière l'évier. Les arrivées d'eau et les évacuations ont alors été refaites dans l'ignorance totale des effets de la gravité. Un gros bricolage par un plombier sous amphétamine. Du coup la baignoire reflue environ tous les deux mois, et quand la machine à laver vidange, elle fait déborder le siphon du cumulus.

Trois visites techniques de l'entreprise chargée de la maintenance de l'appartement ont été nécessaires pour établir qu'elle ne pouvait rien faire. Un petit seau en métal reste donc attaché en permanence sous le cumulus.



Pour l'aménagement de la cuisine, enlever la porte a nettement simplifié l'équation. Reste que l'installation d'une table et des chaises pour y manger a été abandonnée, préférant un maximum de plans de travail pour être à l'aise en cuisinant. C'est à dire deux. Un de trente centimètres entre la gazinière et le table top le long du mur de droite avant l'évier, et une console de deux mètres juste en face. Le tout, tout en bois de pin ou de hêtre.

Dans la loggia, même type de meubles, mais plus petits, mis en place au fur et à mesure, en fonction du budget. Pendant longtemps, il n'y avait rien, juste des plantes vertes. Même la gazinière a attendu une année au fond du grand placard avant de trouver sa place. Jusque là, je cuisinais sur deux plaques électriques de camping.

Ailleurs dans la pièce, deux petites dessertes pliables ici et là, puis une petite table ronde en métal, un modèle pour jardin, calée sous la tablette en mélamine de l'ancienne fenêtre. Ça bouche les espaces restant, supporte les paniers de légumes, les bouteilles d'eau ou la vaisselle juste sortie de l'égouttoir.



Par chance, ma grosse poubelle jaune a pu s'incruster contre le radiateur et la longue console. Mais si je devais un jour changer mon frigo vieillissant, qui supporte de moins en moins les épisodes de canicule, à moins de prendre le même petit format, du reste nettement insuffisant, je serais contrainte de brancher le nouvel appareil dans le cagibi, à la place de l'étagère à chaussures.

Mais où mettrais-je les chaussures ? Et que faire de l'espace laissé vide par le table top ? Qui sert aussi d'étagère pour les pots d'ustensiles, d'aromates, les allumettes, le gros sel, le sopalin... et même de plan de travail...



DClassé dans : Mon appartement ,Mots clés : Cuisine, Aménagement, Kufuu

Tout allant vert


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Il n'y a pas de terme pour désigner mon mode alimentaire. Je mange selon des choix qui résultent de mon parcours, de mes problèmes de santé, de mes lectures, de mon expérience après quatre années de végétalisme sans gluten, et de mes moyens rudimentaires. Aujourd'hui je pense ne toujours pas savoir exactement ce qui est idéal, si ce n'est qu'à mon sens les extrêmes sont mauvais. En même temps, c'est une histoire personnelle. On a tous un métabolisme différent, chacun a la liberté de choisir ce qui l'aide à se sentir bien.

Pour ma part, pour des raisons de considération pour la vie animale, je n'ai donc plus du tout mangé de viande durant plusieurs années. J'ai arrêté aussi les œufs et les produits laitiers. Tout ce que j'ai pu lire au sujet des protéines animales et végétales se contredisait en permanence. Pas moyen de savoir qui était dans le vrai. Ce qui est sûr, c'est que manger trop de viande est néfaste pour la santé et l'environnement, et particulièrement épouvantables pour les animaux élevés en batterie, par une industrie agro-alimentaire obsédée par les profits à court terme, et absolument insensible au vivant.



Si j'ai complètement exclu le gluten, c'est parce qu'il m'a rendue malade. Toutes les fortes douleurs digestives, les crampes musculaires et la fatigue chroniques, la baisse de la concentration et de la mémoire, les migraines, un cycle menstruel long et pénible, les dermatoses, et en particulier sur une main qui a fini par être handicapante, avec des démangeaisons absolument atroces, tout ce bazar de peines en tous genres a disparu avec l'arrêt du gluten. Ou presque.

Son exclusion a été un remède, mais n'a pas fait de miracle. Sans doute parce que tous mes problèmes ne dépendaient pas uniquement de ce que je mangeais. Et il semblerait que devenir végétalienne quand on a un syndrome de l'intestin irritable, ce n'était pas la meilleure idée du monde. Avec les infos que j'avais à ce moment là, j'ai cru que je trouverais tout ce dont mon organisme a besoin dans les végétaux, et pour les protéines en particulier, dans les céréales et les légumineuses. Mais ces dernières n'ont jamais cessé d'être assez difficile à digérer.

Comme quoi le végétalisme n'est pas un mode d'alimentation universellement salutaire.



Alors depuis quelques semaines je revoie ma copie. À mon grand regret pour toutes les bestioles qu'on élève juste pour les manger. Car la viande, le poisson et les œufs contiennent des acides aminés indispensables à une bonne constitution de la paroi intestinale, notamment la glutamine, qui intervient dans le fonctionnement des cellules des villosités, ces excroissances microscopiques de la muqueuse qui jouent le rôle essentiel du tri et de l'assimilation des micro-nutriments vers le sang. Paroi qu'endommage justement le gluten en rendant ces cellules déficientes, on dit perméables. Ou tout du moins il aggrave le problème si le stress ou un choc émotionnel a commencé à faire des dégâts. Ce qui est mon cas. Et ces acides aminés, on en trouve certes également dans les légumineuses, mais elle y sont apparemment en trop faible quantité.

Car après quatre années de végétalisme sans gluten, un mal être persiste. Ça déconne toujours au niveau digestif par exemple, telles que des lourdeurs après manger et un gonflement général, mais aussi au niveau immunitaire, circulatoire et hormonal, je pense, qui se manifeste par de l'eczéma, de l'urticaire, de l'acné, une rougeur chronique et des démangeaisons au visage, des jambes douloureuses, des impatiences... Enfin bref, la liste est encore longue. Il fallait comprendre ce qui manquait. Et je me suis demandée ce qui était le plus judicieux : se priver de nutriments essentiels mais manger bio et éthique ou... s'adapter intelligemment et être en meilleure santé ?

C'est ainsi que j'ai réintroduis en petite quantité certains produits animaux au quotidien. Les végétaux restent ma base, mais plus forcément tous bio pour pouvoir m'offrir, avec mon budget hyper restreint, plus de variété et de quantité. Les œufs sont revenus, ainsi que le yaourt et le fromage, mais au lait cru, sans présure, et seulement au lait de chèvre ou de brebis. Je prends aussi un complément d'huile de foie de morue l'hiver, afin de pallier à une carence évidente en vitamine D et en acides gras essentiels. Enfin je remange occasionnellement du poulet ou du poisson. J'achète bien sûr tout cela quand c'est labellisé AOC, Label Rouge, Bleu Blanc Cœur, voire Écocert quand le prix n'est pas rédhibitoire.



Du coup, pour des questions d'argent justement, j'ai été obligée d'élargir les adresses où je faisais mes courses. Car jusqu'ici j'achetais tout bio et dans le même magasin. Quand je dis tout, c'était vraiment tout, jusqu'aux éponges et aux allumettes. Ce qui, lorsqu'on ne mange pas de viande, ni de fromage, et que l'on cuisine absolument tout soi-même, malgré de petits revenus, est jouable.

Donc cet été, j'ai découvert l'offre des fruits et légumes bio *et* pas bio en supermarché, un endroit où je n'avais plus mis les pieds depuis belle lurette, ou alors à la sauvette... Depuis plus de six ans en fait. Et j'ai vu le choix hallucinant qui est proposé. Du coup j'ai fureté dans les autres rayons, parmi lesquels on trouve souvent un tout entier consacré au bio. Mais j'ai aussi vu toutes sortes de produits écologiques dans le non-alimentaire, comme les mouchoirs, le savon, le liquide vaisselle ou même encore de la terre de sommières ou de l'acide citrique.

Je dois l'avouer quand même, côté budget ça commençait à coincer méchamment. Dans ce magasin bio où j'avais mes habitudes, les prix augmentent sans cesse. Et au niveau du choix et de la qualité, au fil du temps ça s'est pas mal dégradé. Là où on s'attendrait à trouver moult variétés et diverses productions de culture rustique, d'origine locale et cueillies à maturité, puisqu'on est dans une optique de préservation de la biodiversité et d'éthique, c'est tout le contraire. Je n'ai jamais autant mangé la même chose tous les jours depuis que je m'approvisionnais là-bas. La même salade de feuilles de chêne, les mêmes carottes en botte avec des fanes à l'agonie, les mêmes pommes de terre farineuses, les mêmes bananes vertes et les mêmes avocats tout durs qui coûtent un bras... Il y a de quoi en conclure que les clients des magasins bio, paradoxalement, mangent peu de végétaux. D'ailleurs, si on regarde bien, on y trouve surtout des farines, des pâtes, des flocons d'avoine et du chocolat à tartiner.



Je regrette vraiment de ne pas avoir été assez curieuse plus tôt, j'aurais fait de grosses économies. Mais mes scrupules m'en ont dissuadée, convaincue que j'étais de la valeur de ma démarche. Or c'était être dans une forme de déni, quoique relatif, mais tout de même. Car l'esprit des magasins bio a beaucoup changé. Les prix restent définitivement trop élevés, les remises sont rares et ridiculement basses, sur des produits déjà bon à jeter. Et le choix, j'insiste, est nettement insuffisant. Je me souviens de la tête de la vendeuse quand je lui avais demandé il y a quatre ans si l'on pouvait commander des graines de Chia. Elle m'a demandé trois fois de répéter le mot Chia. Finalement elles sont arrivées cette année, à côté du cacao cru, des baies de Goji et de la farine de bambou. Évidemment à un prix prohibitif, et seulement parce que c'est devenu une tendance.

Il faut voir les choses en face, globalement leur politique commerciale est à présent identique à celle de la grande distribution, et leurs engagements de plus en plus à géométrie variable. Par exemple le hors saison se pratique aussi, dans une certaine mesure, comme des tomates provenant d'Espagne en plein mois de mai. C'est en tous les cas l'habitude du magasin où j'allais. Sans doute pour attirer une clientèle plus large, objectif apparu comme flagrant quand il s'est installé dans l'enceinte même d'un hypermarché.

De mon côté, enfermée dans mon intégrité, des choses m'ont échappé. Bien que franchement critique vis à vis de ce magasin, j'ai manqué de souplesse et d'ouverture, au détriment de mes besoins propres. Alors depuis peu j'adopte un autre angle, mais à ce stade je ne tire aucune conclusion sur les éventuels bénéfices de ces changements. Le temps doit faire son office. C'est une expérience à long terme, un sujet qui reviendra donc régulièrement ici je pense. Ce que je peux dire pour l'instant, c'est que ma liste de courses est devenue mixte : bio et pas bio, végétale et animale. De très fidèle à une seule enseigne je suis devenue très pragmatique. Et bizarrement, depuis il y a chez moi beaucoup plus de vert, et dans mon assiette bien plus de couleurs.



DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Les courses, Couleurs, Éthique, Kufuu