La cosmétique de la récompense


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Mercredi 3 mai se tenait au Futuroscope une cérémonie de la remise du Trophée des Femmes de l'Économie. Si ce type de manifestation peut être perçue par les lauréates comme un premier pas vers la reconnaissance, ou du moins une forme d'encouragement dans leur choix d'entreprendre, on peut néanmoins regretter qu'aucune forme d'éthique ne soit liée à la récompense, ni même une volonté de changement.



En effet, sur le site internet de l'organisation, seul le critère de cheffe d'entreprise dans la communication, les ressources humaines ou à l’international permet de poser sa candidature. Aucun portrait détaillé des juré.es et des précédentes gagnantes n'y est présenté, pas plus qu'un suivi qui permettrait d'évaluer l'impact du prix remporté ainsi que les opportunités qu'il est sensé ouvrir aux carrières.

À vue de nez, cela ressemble à une coquille vide, un simple coup de communication pour les partenaires qui s'offrent ainsi une conscience concernant les discriminations faîtes aux femmes, un effet cosmétique et une image bienveillante portée en bannière, un masque sur les réalités pour mieux les faire taire.

L'amusement dînatoire en l'honneur de quelques cas érigés en exemple, parce que ces femmes ont réalisé une chose tellement plus acquise parmi les choix de parcours offerts à la seconde moitié, est très loin de pouvoir constituer la première pierre d'une évolution vers l'égalité. C'est juste l’acceptation polie d'une situation regrettable.



Le fait de créer des prix de cette sorte ne fait qu’entériner le statut de minorité sociale des femmes et le non respect de la loi où l’égalité avec les hommes est pourtant inscrite. Les mettre en concurrence exclusivement entre elles, c’est admettre qu’elles ne sont pas en mesure par définition de participer à un concours général ouvert à tous, juste avant de les diviser par le choix d’un jury qui a l’ironie d’être mixte et décide de la meilleure forme de la réussite. Cela contribue à entretenir cette sous-valeur attribuée par le système à la moitié majoritaire de la population, une construction culturelle dans le but de l’opprimer et l’exploiter pour sa capacité reproductive et sa force de travail, tout en éloignant son attention des véritables causes et responsabilités de sa condition.

Ceci dit, on ne saurait en attendre davantage d'une fête sponsorisée par un monopole de l'hôtellerie, un magazine féminin installé au Luxembourg et des enseignes de substitution au service public de la sécurité sociale, de l'enseignement et de l'emploi. Mais également par Forbes qui référence les plus grands milliardaires, les plus grosses entreprises du CAC40 ou les femmes les plus puissantes du monde, comme Angela Merkel qui détient la tête de liste depuis dix années presque consécutives. Ou bien encore par Émirates, compagnie aérienne d'un pays où les immigré.e.s sont victimes de trafics humains, où sont légales la torture et la peine de mort par lapidation, et où, entre autres joyeusetés du même acabit, le code pénal donne aux hommes le droit de discipliner leurs femmes et leurs enfants, y compris en usant de la violence physique.



J'aimerais rappeler que nous vivons dans un écosystème unique aux ressources limitées et que nous avons l’obligation désormais d’en tenir compte dans notre manière d'entreprendre, de produire et de consommer, dans l’intérêt même de l’Humanité et des générations à venir. Et au delà de cette réalité, nous serions avisés d'avoir une autre ambition qu'un simple prix en aval pour quelques unes parmi celles qui ont créé leur emploi, et aucun plan en amont pour changer les difficultés seulement liées à leur genre.

Il faut inscrire dans les lois de la République le statut des citoyen·ne·s égales et égaux en droit, et y allouer des moyens substantiels afin de le faire respecter. Tel, entre autres cadres incitateurs, un commissariat de l’égalité et de lutte contre les discriminations qui serait doté d’un pouvoir de contrôle, d’alerte, de saisie et de sanction. Tout ceci relève simplement d'une volonté politique, et du législatif. Or nous voici à quelques semaines des élections législatives. Saisissons l'opportunité de ce troisième tour pour faire basculer les rapports de force.



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Le confort de Tokyo


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Si je me suis installée dans ma ville actuelle, c'était un choix par défaut. Il s'est présenté au bout de neuf ans un moyen de quitter un logement minuscule et insalubre dans un quartier populaire de Bordeaux. Un moyen, pas une solution. C'est juste dorénavant moins pire.



Mon logement est plus grand, il n'est pas rongé de moisissures et dévoré par les termites, aucun chien ne pisse sur la porte d'entrée et j'ai du soleil qui filtre par les fenêtres toute l'année. Du moins quand il fait beau. C'est pas mal quand même.

Dans mon quartier il y a un bon petit supermarché bien achalandé en bio, en légumes et fruits, en produits courants écologiques à prix tout à fait abordables. Il y a aussi une fois par semaine un maraîcher qui vient vendre sa production sur le parking de l'auberge de jeunesse, un producteur en agriculture raisonnée qui cultive une succulente variété d'épinards. Je peux tout faire à pied, ou presque. Même plus besoin de bus. D'autant que la qualité de l'offre de service de ce dernier ne cesse de se détériorer.



Mais on reste loin du confort d'une ville comme Tokyo. Sans doute parce que le confort, dans la culture japonaise, est devenu assez tôt dans leur Histoire un paramètre obligatoire dans un pays insulaire secoué tout au long de l'année par les forces de phénomènes naturels destructeurs. Et pour un peuple très curieux mais dans le même temps prudent, surtout envers ce qui lui est étranger, rien de plus naturel que d'élaborer des moyens d'assurer des voyages confortables.

Les Japonais sont de grands voyageurs, dans le monde mais aussi à l'intérieur même de leur pays, et ce depuis le 17ème siècle. Malgré l'absence de revêtement sur les chemins et de ponts pour traverser les rivières, les routes principales étaient noir de monde, et partir exigeait peu de préparatifs. Que ce soit pour se rendre en pèlerinage dans les sanctuaires et goûter les spécialités locales, ou mu par leur fonction administrative ou leur statut professionnel, tels les marchands, les saisonniers, les chefs régionaux, les escortes, les samouraïs, tout une foule trottait au gré de leurs obligations à travers le pays. Et par un seul moyen de transport, les pieds.



Pas étonnant qu'ils aient su mettre en place et développer un savoir-faire unique en terme d'accueil. Les routes du Japon offrent depuis plusieurs siècles un large panel de structures et de services pour pouvoir passer la nuit ou simplement se reposer, pour se restaurer, se rafraîchir, se laver et repartir frais de la moustache. Les autorités tenaient particulièrement à maintenir la sécurité sur les routes étant donné que celle-ci bénéficiait aux affaires, autant commerciales, administratives, structurelles que politiques. La qualité de la libre circulation assurait la stabilité du pays. Ce principe progressiste a de quoi inspirer.

Paradoxalement, plusieurs époques ayant été marquées par des incendies ravageurs et de terribles tremblements de terre, des habitats de conception légère se sont imposés, préservant sommairement l'intimité, très inconfortables par la chaleur étouffante qui y règne l'été et l'atmosphère frigorifique l'hiver. Ce sont ces contraintes qui ont sans doute d'autant contribué à la recherche de sécurité et de confort que certains lieux en dehors du foyer vont offrir. Tels les onsen 温泉, littéralement "source d'eau chaude" autour de laquelle est construit un établissement thermal, et bien sûr les sentō 銭湯 c'est à dire les bains publics. Tous sont des espaces de relaxation et d'hygiène corporel, autant que d'occasions de se réchauffer et de créer du lien social.

D'ailleurs ils sont traditionnellement mixtes, ou le sont restés jusqu'à ce que les Américains occupent le pays et imposent leur pudibonderie.



De cette culture de la sécurité, ce pays n'a jamais cessé de s'y dédié. Aujourd'hui cela se présente sous la forme d'une sensation de quiétude, même dans la plus grosse mégalopole du monde.

Outre que chacun respecte les termes d'un contrat tacite afin d'assurer la paix social - en respectant les files d'attente par exemple, même aux passages piétons - il est naturel de trouver facilement les commodités qui rendent tous déplacements plus agréables. Par exemple, dans Tokyo on n'angoisse pas à l'idée de devoir faire pipi à un moment donné. Mais ce n'est pas tout. Ceci dit, ici en France ce serait déjà beaucoup.

Ajoutés aux nombreux toilettes disponibles dans toutes les galeries et les quartiers commerciaux, des distributeurs de boissons, de snacks ou de cigarettes sont disséminés partout dans la ville. Le sentiment de sécurité est d'autant plus favorisé par la présence de panneaux d'informations partout où l'attention des usagers est requise - en cas de travaux ou d'intempéries par exemple - et par des annonces vocales ou des signaux sonores qui orientent, fluidifient la circulation, facilitent les flux.

Parfois trop même, au point que certains Japonais se sentent infantilisés.



Autres services pratiques et gratuits sont les sachets et les consignes pour parapluies placés à l'entrée des magasins afin d'éviter lorsqu'il pleut de mouiller les sols. Sachets dans lequel on enfile le parapluie si on souhaite le garder avec soi dans le magasin. Consignes qui se résument souvent par un simple pot sans que l'on soit inquiété pour autant de se faire voler son pépin. Et si ça se produisait malgré tout, ce serait sans doute contraint par un cas de force majeur et plus sous la forme d'un emprunt, votre parapluie ayant de forte chance de réapparaître quelques jours plus tard au même endroit.

Au pire, on rachète un parapluie à 3€ dans n'importe quel combini コンビニ, ces supérettes multi-services ouvertes 24h/24 où l'on trouve de tout, de quoi manger et boire chaud ou froid, des produits et ustensiles d'hygiène et d'entretien pour la maison, de la papeterie, des magazines, des sous-vêtements, des cravates et des mouchoirs, un service postal, des téléphones portables, des nécessaires de voyage et de bricolage, un distributeur de billets ou même la possibilité de payer ses factures.



À Tokyo, on gère les caprices de sa vessie et de la météo très facilement. Mais on peut aussi nettoyer ses lunettes, toujours gratuitement, dans un des bains ionisants qui sont installés sur des tables devant les vitrines des opticiens, ou bien encore utiliser des lunettes quand on n'y voit pas bien de près, mises à disposition gracieusement aux guichets des banques, des assurances, des bureaux administratifs...

Sans oublier les célèbres hôtels capsules mais aussi les cybercafés qui offrent un petit espace d'intimité pour les salarymen サラリーマン ayant raté leur dernier train du soir ou pour les personnes sans domicile.





Nombreux sont aussi les coins où s'asseoir. Même si parfois ils sont d'un confort spartiate. Très agréable également la vapeur d'eau propulsée dans certaines rues commerçantes durant la saison très chaude, ou bien encore les baies vitrées, surtout au dernier étage des buildings, devant lesquelles on a aménagé des tables et des chaises, des fauteuils, des banquettes, ou toute autre sorte d'appuis pour pouvoir se poser et profiter un instant du point de vue offert sur la ville. Le spectacle gratuit de la rue.





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L'inventaire circulaire


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

La nuit est une bataille. Contre la douleur. Parce que l'été la chaleur tombante du toit rend les pièces étouffantes, parce que l'hiver le chauffage central turbine autant que le jour est fait de la chambre une étuve. Et cette chaleur apparemment est mal tolérée par mon organisme qui manifeste tout au long de la nuit des courbatures douloureuses dans les jambes, des tiraillements, des fourmis et des impatiences.



La dureté de mon matelas futon en laine n'aide pas. J'ai donc ajouté un sur-matelas, en réalité une simple couette, pour adoucir sa surface. L'effet a été immédiat sur la qualité de mon sommeil, mais aussi très bref. Et je ne me l'explique pas.

J'ai essayé de dormir sous une couette plus légère, puis j'ai remis ma grande couette en laine, aucune différence. Depuis quelques nuits, je garde alors la fenêtre ouverte pour tenter de rafraîchir mes jambes, mais rien n'y fait.

Cependant, une douceur surprenante d'une autre nature m'a bercée l'instant d'un lever de soleil. Alors que mon corps gagnait petit à petit un certain répit, vers six heures l'autre matin, un oiseau s'est mis à chanter tout près. Peut-être était-il même perché sur le rebord de la fenêtre. Sa mélodie a envahi l'obscurité de la chambre et m'a plongée dans un profond repos d'où j'entendais, au loin, le souffle si coloré.

À demi rêvant, mon subconscient a eu accès au décryptage du discours de ce petit sauvage à plumes si matinal. J'assistais à un concert d'images, toutes circulaires, faisant l'inventaire en chiffres et en durées cycliques d'une histoire. Leur Histoire. Celle de leur groupe, un groupe lui-même formé de clans.

Le récit des origines, des épreuves, des ententes. Un énoncé riche de contenus géopolitiques, stratégiques et sociaux, dans une continuité chronologique autant que géographique et environnementale, dont les chapitres, ou plutôt cercles d'archives, étaient clôturés avec fluidité par certaines boucles de notes avant de passer à l'ellipse suivante.

J'assistais ainsi en secret à la transmission orale de leur passé et de leur présent, de l'énoncé historique de la structure du groupe qui détermine l'actuelle, auquel s'ajoutait la description précise des arbres de leur état et les armoiries de leurs plumages, emblèmes de leurs clans. Autant d'informations sur la hiérarchie de leur organisation que sur les ressources à disposition, matériaux, nourriture, abris, relais et autres bonnes choses à savoir pour bien organiser sa journée.



À mon ami à qui je racontais mon rêve d'oiseaux et qui se demandait si ce n'était pas également ce genre de discussions qui les occupent lorsqu'ils se rassemblent sur les fils qui hérissent le toit des châteaux d'eau du quartier, je répondis qu'à mon avis c'était là plutôt des réunions de plusieurs groupes pour partager les mises à jour des inventaires circulaires, du bilan des coopératives, et mener à bien les négociations du partage des ressources et des territoires.

Car désormais j'en suis convaincue, les oiseaux pratiquent la démocratie participative, l'organisation horizontale et la coopération. D'ailleurs ma lapine, quoiqu'elle ai l'air absorbé par son occupation favorite, partage tout à fait ce point de vue et cette conception de la cohabitation sur notre planète.



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Gâteau pomme cannelle


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Un délice en automne comme en hiver, cuit rond, carré ou rectangulaire, en dessert ou au goûter, servi avec une boisson chaude ou une coupe de champagne, le gâteau aux pommes est en pâtisserie un classique incontournable comme la tunique brodée en coton indien l'est à une garde-robe hippie chic minimaliste.



Celui dont je m'apprête à vous livrer le secret est une douceur légère, à IG bas, sans céréales, sans gluten par conséquent, et sans lactose. Une gourmandise pour végétarien et paléo, mais surtout un délice pour absolument tout le monde.

Et il est très simple à faire.



Ingrédients
  • 3 ou 4 belles pommes sucrées et croquantes
  • 150g de poudre d'amande
  • la pulpe d'une gousse de vanille
  • 2 grosses c-à-s bombées de miel
  • 1 c-à-c de cannelle
  • 3 œufs
  • un peu d'eau



Préparation
  • Préchauffer le four à 180°C
  • Dans un saladier, fouetter l'amande, les œufs, le miel et la cannelle
  • Ajouter un peu d'eau pour obtenir une consistance ruban souple, mais pas liquide
  • Peler et couper les pommes en petits morceaux de 2cm de large environ
  • Gardez-en une partie pour la décoration
  • Incorporer-les à la pâte et corriger la texture avec de l'eau si besoin
  • Disposer sur le dessus le reste de pommes
  • Saupoudrer de cannelle
  • Enfourner pour 25mins



La vanille peut être remplacée par du sucre vanillé. Pour ma part, j'ai une préférence pour les miels foncés et celui de châtaigner se marie très bien avec la pomme à la cannelle. Pour un peu de croquant, je recouvre les pommes sur le dessus d'une poignée d'amandes concassées qui vont toaster à la cuisson. 



J'ai bien envie de le tester prochainement avec une poignée de raisins secs en plus, ou une couche de cacao brut saupoudrée à mi-hauteur de la pâte, ou avec des carrés de chocolat à 85% réduits en pépites et mélangés à la pâte...

Ou juste sur le dessus, avec des noisettes effilées...

Ou avec le jus d'une orange pressée à la place de l'eau...

Ou encore servi avec une chantilly de lait de coco...



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Jardin naturel en pots


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Après une décennie à ne profiter que d'une seule petite fenêtre craquelée, moisie et située au rez-de-chaussée, avoir un balcon au cinquième étage donne des idées. Des envies de plantes comestibles, ou à fleurs, ou les deux. Surtout dans une ville où ses habitants n'ont pas du tout la culture du balcon fleuri. Un besoin de vert se fait alors lourdement ressentir, d'autant plus dans un immeuble gris et blanc.



Les premières touffes herbues à se voir installer en pots sur ce balcon d'à peine deux mètres carrés furent des fleurs sauvages prélevées avec leurs racines en bord du chemin des Tramways. Achillée millefeuille, sarrasin et carotte sauvages, violette... Puis au fil du temps, avec plus ou moins de succès, j'y ai planté des aromates, des bruyères, du lierre, des soucis, du lin, des capucines, de la bourrache, de la mousse, des framboisiers, et toutes sortes de graines de plantes à papillons ou mellifères.



Les moineaux ont parfois adoré guillotiner les pâquerettes, répandre partout le millet accroché à la rambarde l'hiver ou abandonner quelques plumes en atterrissant sur la gouttière du toit juste au-dessus. Quelques bestioles velues et bourdonnantes y ont chaque année leurs habitudes, picorant le cœur de chaque fleur. Une poignée de coccinelles et de mésanges. Une tourterelle. Certains autres engins aussi qui me font dresser les poils à chaque coup, tels les punaises, les mille-pattes, les faucheuses, ou pire encore, les pince-oreilles. Et parfois de rares spécimens tout à fait fascinants et méconnus de ma nomenclature entomologique.



Également une colonie de fourmis qui s'est installée au printemps dernier. Avec ses avantages, et ses inconvénients. Pas agréable en effet de s'installer au soleil pour lire un bon bouquin au milieu d'une myriade d'ouvrières affairées et très curieuses de l'odeur de votre épiderme. Très agaçant du reste aussi quand elles réussissent à trouver un chemin dans le châssis en bois de la porte-fenêtre et s'invitent dans le salon. Jusqu'à m'obliger à faire les finitions du travail bâclé des poseurs de menuiserie venus l'été dernier la changer. Pour la seconde fois depuis mon emménagement...

Mais très pratique cependant d'avoir à domicile toute une petite armée qui veille à la bonne santé des plantes de leur environnement, en mangeant les parasites, en aérant le terreau, en disséminant les graines, en enrichissant la terre par leur travail de recyclage des déchets végétaux et animaliers, tout en étant elles-même une source de nourriture pour d’autres insectes et pour des oiseaux. Et cela sans autre contribution qu'un peu d'attention afin d'éviter de les écraser à chaque pose d'un pied. C'est légèrement acrobatique comme démarche horticole, mais ça en vaut la peine. Évidemment, c'est moins rigolo quand on a aussi des rosiers.

Je pense qu'elles ont élu domicile sur ce balcon, attirées par le bois de palettes avec lequel j'ai construit des supports pour aménager l'espace et isoler les pots du béton. Je n'ai pas réussi à localiser leur nid, cependant. J'attends de voir si l'été prochain elles élèveront des pucerons, mais jusqu'ici je n'en ai pas vu.



Un jardin en pots sur un balcon, c'est aussi un témoin vivant à long terme du changement climatique. Orienté au sud et balayé par les vents à cet étage, les conditions sont difficiles pour de nombreuses plantes. Et au fil des années j'ai du adapter les variétés à ces contraintes. Enfin ce sont elles qui se sont adaptées. Car je laisse faire la nature, comme en permaculture. Je ne change plus le terreau depuis trois ans, je l'enrichis seulement régulièrement avec des crottes de lapin séchées et broyées. Ça tombe bien, j'ai une production d'engrais à domicile, gratuite et illimitée.



Je laisse également les fleurs monter en graines et les disperse, permettant ainsi à des annuelles de repousser à la saison suivante, sans devoir faire de nouveau semis. Je conserve la plupart des pousses spontanées, de variétés exportées par les insectes et les oiseaux. Quand je sème, je ne respecte aucune distance, j'étale généreusement un mélange aléatoire. Je laisse ensuite les cohabitations s'organiser d'elles-mêmes, parfois par demi-douzaine dans un seul pot. La concurrence favorise un compromis, des échanges bénéfiques autant au niveau racinaire que dans la partie aérienne. Les plantes gèrent parfaitement tout au long de leur croissance l'espace à leur disposition, d'autant plus si elles sont rustiques.

Enfin je ne laisse jamais la terre nue, que je recouvre de feuilles, brindilles mortes et brisures de foin.

Certains plants prélevés sur le chemin n'ont réapparu que cette année, soit plus de cinq années après leur déménagement dans mes pots. Restés en sommeil jusqu'à ce qu'ils se sentent assez bien pour germer à nouveau. Mais il est surprenant, et alarmant, de voir en si peu d'années l'évolution du balcon en général. Avec la raréfaction de la pluie, la baisse de la luminosité, des températures plus douces en hiver, caniculaires en été. Et où en plein mois de décembre certains plants ne cessent de faire des bourgeons, des fleurs, et même des fruits., comme les pâquerettes, les capucines, le souci, et les framboisiers.



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Tarte au potiron de mon pote [k]


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Toute première tarte salée sans grain, d'après une recette de _Karuiashides_.
Tous les détails sont __,
Et ici, voici une version en images avec du blanc de poulet et des oignons.
Elle a le même goût qu'une quiche classique, seule la digestion légère fait la différence.







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Yaourt maison à la glacière


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Depuis quelques mois je fabrique moi-même mon yaourt, pour profiter de ses bienfaits sur la flore intestinale, pour manger un produit laitier artisanal, dans lequel je sais exactement ce qu'il y a, et que je tolère très bien malgré mes anciennes réactions. De plus c'est très facile, rapide, et je le fais sans électricité.



Voici _ici l'article_ qui détaille le mode opératoire dont je m'inspire largement et qui explique dans le mêmes temps les nombreuses bonnes raisons de faire soi-même ses yaourts.
Et voilà comment je m'y prends.
C'est un peu différent.

Ingrédients
  • 1 litre de lait entier et cru (de préférence de brebis ou de chèvre et bio)
  • 3 c-à-c de yaourt de chèvre bio
Matériel
  • une glacière
  • un thermomètre de cuisson
  • un pot hermétique d'un litre
Préparation
  • Je chauffe mon litre de lait à feu moyen jusqu'à une température comprise entre 85°C et 90°C. J'ai lu dans le bouquin de _Giulia Enders _ que la plupart des bactéries pathogènes meurent quand elles sont soumises à une température de 60°C durant au moins dix minutes. Comme je trouve dommage de stériliser un lait cru alors que l'on recherche justement à profiter de sa spécificité, je le chauffe seulement 15 minutes, pas plus, et sur un feu très doux.
  • Puis je coupe le feu et je le verse dans un pichet pour le laisser refroidir. Quand il descend autour de 55°C, j'en prélève 3 c-à-s que je fouette dans un bol avec le yaourt. Le mélange mousse et forme une crème. Puis je le reverse dans mon pichet, je fouette et je remplis un pot avec, qui ferme hermétiquement.
  • Entre temps j'ai fait chauffer de l'eau jusqu'à 60°C que je verse dans le fond de ma glacière. Je surveille son refroidissement jusqu'à 55°C et je place mon pot dedans. Je ferme et je laisse lactofermenter pendant 10-12 heures.
Je n'ai jamais obtenu un yaourt après seulement 3 heures, contrairement à ce qui est indiqué dans l'article que je mentionne plus haut. Et le goût du yaourt que j'obtiens n'est pas du tout acide pour autant. C'est juste de la crème, riche en matières grasses, un vrai délice. D'autant que plus la fermentation est longue, plus le lactose est transformé par les lactobacilles, plus le yaourt devient digeste.

Je n'ai jamais raté une fournée, ce qui semble souvent arriver avec les machines électriques si on se fie aux forums qui en parle sur le net.

J'ai essayé une méthode sans chauffe du lait mais avec une fermentation très longue de 24 heures, et il n'a que partiellement coagulé, comme un yaourt à boire. Ce n'était pas mauvais du tout, mais je préfère chauffer afin de dénaturer la caséine et la lactoglobuline, deux protéines qui ainsi vont pouvoir ensuite réagir à l'acide lactique produit par les bactéries et participer à l'épaississement du yaourt.

Inutile donc d'investir dans une machine électrique, parfois complexe avec de l'électronique embarqué, et surtout beaucoup de plastique autour. Et en cas de panne de l'engin, ou de courant tout bêtement, plus possible de faire du yaourt. Pour ma part, puisque je n'avais rien qui ressemble de près ou de loin à une boîte isotherme, je me suis équipée d'une Me&Yo pour 35 euros, séduite par la garantie sans BPA et son tout petit format. Mais n'importe quelle petite glacière peut faire l'affaire.



Le lait, le yaourt et moi

Par défaut j'utilise pour le moment du lait de vache, pas bio mais certifié AOC. Dès que je trouve du lait de chèvre, cru et entier, je change. On pourrait croire que c'est le genre de produits faciles à dénicher maintenant dans les magasins bio, et bien pas du tout. On peut souvent aussi entendre qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre les laits de vache, de brebis et de chèvre, notamment concernant les protéines, ce qui peut être le cas si on n'y regarde pas de plus près.

Pourtant le lait de brebis est le plus riche des trois en caséine, c'est d'ailleurs ce qui lui permet de coaguler très vite et le rend particulièrement intéressant pour faire du fromage. Mais c'est aussi le lait qui contient le plus de minéraux. En fait chaque lait présente des particularités à différents niveaux qui peuvent devenir notoires en terme de digestion selon les difficultés à tolérer tel ou tel de leurs composants, comme leurs protéines, leurs sucres ou leur cholestérol. C'est donc à chacun de tester, de sentir et d'observer les réactions.

Ceci dit, la brebis et la chèvre étant des petits animaux, il y a moins de facteurs de croissance et d'hormones, et leur élevage est aussi moins industriel. Leur alimentation étant essentiellement végétale, cela se répercute sur la qualité du lait qui chez la chèvre contient jusqu'à quatre fois plus d'oligosaccharides que celui de la vache, un prébiotique bénéfique pour les bactéries intestinales et le système immunitaire. Enfin la taille des particules de protéines et de lipides de leur lait sont beaucoup plus petites et les rendent ainsi de fait plus digestes. Une récente étude montrerait que 20 minutes suffisent pour les digérer, contre 3-4 heures pour le lait de vache.

Le lait de chèvre a ma préférence pour son goût et sa texture fine et crémeuse. Et en bonus, il est riche en vitamines A, D, et B3 qui joue un rôle important dans la formation des globules rouges et le transport de l'oxygène vers les cellules. Ce qui chez moi présente un intérêt quand on manque un peu de minéraux, comme le fer, suite à une relative habitude de la junkfood pendant longtemps, suivie de quatre années de végétalisme. Je parle de tout cela _ici_.

Cependant, il est juste que le lait reste un aliment dont il ne faut pas abuser et qu'il est préférable de le manger sous sa forme fermentée, issue d'une recette la plus simple possible, c'est à dire à base de lait cru et entier, bio si possible, avec des ferments naturels, sans ajout de coagulant de synthèse, sans présure animale, sans OGM.

Cru, car un produit microfiltré, pasteurisé, ou UHT surtout, est un produit quasi mort. Et puis d'après l'article en lien plus haut dans ce billet, on n'obtiendrait pas le même résultat pour le yaourt. Ceci dit, dernièrement j'ai testé le lait microfiltré bio, qui n'a pas formé une couche de matière grasse sur le dessus, mais il était tout aussi ferme et délicieux. Bien sûr il était entier pour éviter les procédés industriels qui dénaturent et puis parce que c'est bien meilleur. Bio car c'est la garantie d'un cahier des charges dans une moindre mesure respectueux de l'environnement, mais AOC c'est bien aussi.

Pour l'ensemble des produits laitiers fermentés, l'idéal est de les choisir sans présure animale, un coagulant qu'on appelle la caillette et qui est prélevé dans le quatrième estomac de jeunes ruminants avant leur sevrage, ce qui inclut l’abatage de l’animal. Et enfin sans coagulant de synthèse ou d'origine fermentaire, par exemple celui produit par l'aspergille noir, un champignon génétiquement modifié.

La réglementation de l'étiquetage en France est très peu exigeante dans ce domaine. En effet, la présure peut être animale mais parfois aussi végétale, extraite du Gaillet jaune, du lait de figuier, de la fleur de chardon sauvage ou de celle de l'artichaut. Or l'origine et le procédé de fabrication des coagulants n'est pour ainsi dire jamais mentionnée. Ainsi les végétariens ignorent souvent qu'en mangeant du fromage ou du yaourt, ils peuvent aussi manger un produit animal.

En fait, c'est le cas avec tous les produits qui contiennent des matières grasses, certains arômes et colorants, et des épaississants. Même le sucre blanc est un problème, outre le fait que c'est un aliment mort, car sa blancheur peut être obtenue par un filtre composé d'os de bovins calcinés. Nous n'avons aucun moyen de l'éviter sans un étiquetage très précis sur l'origine et la fabrication des ingrédients. Sauf en décidant de gagner en autonomie, car reste une solution pour réduire les inconnues, faire soi-même !



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Topia


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Voici le dernier texte que j'avais rédigé pour mon blog Abordo créé pour la campagne électorale de 2007 et que j'ai fermé quelques mois après la réélection de Juppé malgré ses condamnations dans différentes affaires judiciaires, et fraîchement revenu du Québec, un an plus tard. De ce blog, il n'en reste que _des traces sur la toile _, n'ayant conservé que ce billet dont le contenu est plus que jamais en lien avec ma vision et mon mode de vie.
Son but était de créer des petites villes autonomes.
Assurément des endroits agréables pour des gens dociles n'ayant pas de projets personnels et à qui il était égal de passer leur vie en compagnie d'autres gens n'ayant pas non plus de projets personnels. Comme c'est de règle dans les utopies, le droit d'avoir un projet de quelque importance revenait aux seuls urbanistes officiels.

Jane Jacobs - Déclin et survie des grandes villes américaines


A l’opposé de cette utopie institutionnelle, le fait de tenir compte de la réalité, de l’état du monde, des contraintes qu’il impose et de ses implacables limites est une base tangible pour s'engager, par bon sens, sur des chemins de traverses, pour des projets personnels porteurs d’un changement radical de mode de vie, et par extension de paradigme.

Le champ du quotidien est une quête d'un milieu acceptable. Il offre un terrain à explorer sans modération pour des actions constructives. C’est un laboratoire d'expérimentations d'alternatives, simples et concrètes, de solutions aux besoins trouvées grâce à l'ingéniosité, avec ce que l'on a, sans chercher à acquérir.

C'est ce que les Japonais nomme "kufuu", terme à consonance positive et éthique _工夫_.
C'est ce que j'appelle la Topie.

Topie
Nom féminin - Antonyme d'utopie en cela qu'elle désigne une alternative immédiatement applicable en tout lieu.

Écotopisme
Mouvement de la topie visant à respecter la planète et les êtres vivants, à préserver ou à restaurer l'environnement et la biodiversité, à agir en cohérence avec ces idées par une approche concrète.

Écotopiste
Personne qui applique à lui-même les mesures à sa disposition pour son bien-être, celui de la planète et dans l'intérêt général.



Ainsi l'écotopiste s’adapte aux moyens mis à sa disposition. Son esprit s’applique à une constante ouverture afin d’être capable de changer à volonté d’angle de vue, pour mieux englober le sujet, envisager toutes les options, sans se défaire de ses objectifs.

Curieux mais clairvoyant, il lui tient à cœur de rester toujours vigilant, en accord avec une certaine idée du monde. Car il adhère totalement aux principes de l’écologie, de l'éthique solidaire et de la protection animale. Les choix de l'écotopiste doivent être fondés.

Il circonscrit ses besoins. Il prend la mesure de la subversivité de la gratuité. Il sait valoriser, donner, échanger objets et compétences, en cela être acteur d’une économie de réciprocité. Il manifeste une forte propension au bricolage, au recyclage et à la reconversion du matériel et autres outils qui sont à sa portée. Son souci est celui du pragmatisme et de l’économie au sens strict de l'épargne dans la dépense.

Il développe ou acquière une aptitude à l’expérimentation, à l’apprentissage continu, autonome et empirique, autant intellectuel que pratique. Pour se garantir autant qu'il se peut une vie saine. Fort de l'expérience des améliorations qu’il apporte pour son propre bien-être et de la responsabilité de ses actes qu’il endosse librement, il a le goût de la pédagogie.

Les efforts ainsi nécessaires à une consommation raisonnée et responsable sont pour lui inscrits dans son quotidien. Peu avare de son temps et pourvu d’un bon sens de l’analyse, il sait s’informer, se documenter, et en temps utile connaît ses droits. Il écrit, partage et confronte sa réflexion. Il comprend l’intérêt de la libre circulation des œuvres, des outils collaboratifs et ouverts, du caractère décentralisé du réseau Internet.

Inventif et affranchi dans des domaines divers, il est enthousiaste.

Il aime la discrétion et n’adhère à aucun code vestimentaire. Il exclut les marques de son vocabulaire et de ses placards. Il soustrait les logos pouvant être visibles. Il préfère les équipements et les vêtements de seconde main.

Il recherche l’équité et s’applique à savoir vivre en bonne intelligence.

Profondément dans son époque, il se défait du préfixe réducteur qui le désignait con par défaut et se proclame simple sommateur. C'est à dire messager d'une mise en demeure. Dans un système entièrement voué aux profits, à la violence et à la destruction, il s'applique à ne jamais perdre de vue l’amplitude des actions immédiatement à sa disposition et à en prendre les droits de gestion. Il a l’ambition d’une entité autonome, doté d’une marge de décision sur une vie sciemment frugale, humble et écotopique.
Le talent, c'est d'avoir envie.

Jacques Brel


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Potimarron coco en soupe


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Un délice d'automne avec une pointe de soleil. De quoi se réchauffer à la tombée de la nuit en narguant l'hiver... qui ne vient pas vraiment en fait. Mais on s'en fout, vite la recette !



Ingrédients
  • 800g de potimarron
  • 1 gros oignon
  • 1 c-à-s d'huile d'olive
  • 50cl de bouillon fait maison (de poule c'est le mieux) - ou moins avec de l'eau en complément
  • 20cl de lait de coco
  • 1 c-à-c rase de gros sel



Préparation
  • Peler le potimarron et le débiter en cubes
  • Chauffer l'huile
  • Y faire fondre à l'étouffée l'oignon émincé
  • Verser le potimarron, mélanger bien avec l'oignon et laisser transpirer 2mins
  • Ajouter le bouillon, l'eau et le lait de coco
  • Laissez cuire à couvert 30 min
  • Ensuite, tu sales, tu mixes et le tour est joué.



DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Cuisine, Recettes, Automne

L'éducation par le hurlement


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Aussi loin que je me souvienne, dans les différents logements que j'ai occupé, que ce soit dans une cité HLM, un quartier ouvriers ou bobos de province, en plein centre ville ou à la campagne, je n'ai jamais été témoin de cette méthode d'éducation, jusqu'à aujourd'hui.

Est-ce la nature qui imite la télévision ?

Certaines études récentes démontrent qu'après une progression importante et régulière du quotient intellectuel de la population occidentale à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, on constate depuis une grosse décennie, si mes souvenirs sont bons, d'une baisse significative, continue et plus rapide que son augmentation.

Est-ce les jeux vidéos et les interfaces graphiques qui ne sollicitent plus le système cognitif de la même façon que le monde en dur ?

Depuis six ans que je vis ici, dans cet appartement HLM, plusieurs locataires de mon immeuble sont morts ou ont abandonné leur logement. Ou encore ont fui, parce qu'ils le pouvaient, les veinards, le bruit qui les entouraient. Et d'autres sont venus les remplacer, tous parents isolés, âgés entre 30 et 40 ans. Et tous ont donné à entendre allègrement leur manière d'éduquer leurs gamins.

Par le cri.

Tous, sans exception. Homme comme femme. La même hystérie, régulière, passagère. Les mêmes hurlements, qui sonnent comme des démissions, des dépressions nerveuses suicidaires. Mais dès que les décibels retombent, le ton se métamorphose, la parole est posée, légèrement nerveuse certes, mais rivée dans une bulle spaciotemporelle, celle d'un individu amnésique, incapable de se remémorer la demie-heure passée à se donner en spectacle aux oreilles de tout son environnement.



La seule chose qui trahit la crétinerie et l'abrutissement général dans laquelle surnagent ces gens, sont les bruits qu'ils produisent avant et après les hurlements. Claquements de porte, chaises que l'on traîne sur cinquante centimètres, coups dans les murs, objets qui tombent, ballon qui joue au foot, coups dans les portes, trottinette qui roule dans un sens puis dans l'autre dans chaque pièce, talons qui claquent en long en large, coups dans les meubles, chaussures qui galopent dans les lignes droites, bouteilles qui roulent sur le carrelage, aspirateur qu'on passe à sept heures du matin pendant que la machine à laver essore, coups dans la rambarde du balcon...

Dans cet environnement exempte de toute discrétion polie dont est normalement pourvu tout individu mu par une conscience éveillé, au même titre que n'importe quelle souris ou blatte attachées à l'harmonie au sein du groupe et à l'invisibilité sécuritaire de son passage, l'enfant excrété par ces adultes expriment forcément aussi ses propres bruits, sa propre connerie jusqu'à ce que le hurlement éclate. Quoique la moitié du temps, le hurlement survient spontanément sans signes avant coureurs.



Le plus effarant dans cette histoire, c'est moins la vulgarité de ces gens que l'indifférence de tous les autres. Personne ne réagit. Tout le monde s'en fout. Et du reste, ça les arrange presque tous puisque cela les autorise de manière tacite à produire eux-mêmes d'autres nuisances.

Permission est donnée de faire chier.

Ça me dresse les cheveux dans l'estomac. Je boue comme une cocotte, tant je me sens emprisonnée par la bêtise la plus crasse. Taper moi-même dans un mur ? Dans un radiateur ? Ça me fait participer malgré moi à tout ce capharnaüm sourd, voisé, et ne donne aucune satisfaction durable. La nécessité de se défouler pourtant, sur une des causes de ce tumulte épuisant, se fait avec le temps violemment ressentir, et durablement lui. Et j'ai beau me creuser la tête, je ne vois aucune solution, si ce n'est la fuite.

Prisonnière. Au point de finir, quand la colère me sort par les narines, par faire valoir mon droit au respect et à la pleine jouissance de mon logement en me manifestant par le seul moyen disponible et à priori compréhensible dans ce milieu, tout autant qu'il est, je l'ai dit, totalement vain, et qui se résume à peu de choses, au final, bien qu'il exige de sortir de ses gonds et provoque chez moi bouffées de chaleur et tremblements des genoux jusqu'aux côtes supérieures, du seul fait d'ouvrir ma porte d'entrée et dans les escaliers, de hurler.



DClassé dans : Mes voisins ,Mots clés : Bruit, Savoir-vivre

Japon et Savon


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Figurez-vous qu'il existe en France une fabrique de Nattō, cette spécialité très spéciale du Japon. Si vous ne connaissez pas cette curiosité locale, il s'agit d'un aliment traditionnel à base de graines de soja fermentées selon un procédé ancestral et universel qu'on appelle _lactofermentation_.

Des bactéries lactiques vont se développer et permettre de conserver un aliment en éloignant les bactéries pathogènes, tout en augmentant sa valeur nutritive. Pour le Nattō, une substance couleur crème va apparaître, et enrober les fèves jusqu'à un film très élastique qui forme des fils interminables lorsqu'on les malaxe.

Sachez qu'on épate durablement n'importe quel-le Japonais-e en mangeant du Nattō en sa compagnie.



C'est bourré de probiotiques, de potassium, de fer, de magnésium, de vitamine K2 et de fibres. Ça contient autant de protéines que la viande, autant de calcium qu'un yaourt, et c'est pauvre en glucides et en cholestérol. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est _une récente étude de l'Institut Pasteur_ où les bienfaits du Nattō sont énumérés, tels son action préventive contre le cancer, sur l'absorption du fer et sur le métabolisme osseux.

Le goût du Nattō se rapproche un peu de celui d'une croûte de camembert bien fait. On l'accompagne de riz ou de salades. On l'accommode en le touillant vigoureusement avec de l'huile de colza, du Tamari et du vinaigre de cidre ou bien de la moutarde. Si l'aventure gustative vous tente, voici la fabrique _Natto du Dragon_ qui vend sa petite production 100% bio en ligne.



Depuis longtemps nous consommons sans le savoir des aliments lactofermentés. Du moins lorsque ces produits sont fabriqués artisanalement, car l'industrie a remplacé le long procédé par une dénaturation à base de produits chimiques, pour aller plus vite, sans passer par l'étape fermentation. Enfin globalement pour augmenter ses profits, au détriment évidemment de leur valeur nutritive d'origine. Par exemple les olives, la choucroute, le ketchup, les yaourts, les fromages au lait cru ou le babeurre. Mais aussi des spécialités venues d'ailleurs que l'on commence à trouver facilement dans les rayons comme le Miso, le Tempeh, le Kimchi ou le vinaigre d'Umeboshi.

L'industrie agro-alimentaire nous a donné l'habitude de croire que plus c'est compliqué, mécanisé, aseptisé, mieux c'est pour notre santé. Or on s'est nourri sans elle durant des millénaires. Et à en croire les récentes découvertes archéologiques, sans souffrir de maladies dégénératives, d'obésité, de diabète et de cancers comme aujourd'hui.



À la maison, il est enfantin de préparer des légumes lactofermentés. On râpe ou on cisèle finement les légumes, on les tasse fortement dans un bocal qui ferme hermétiquement, et on ajoute de l'eau salée à raison de 30g de sel par litre d'eau, de préférence filtrée. Pour les yaourts, c'est aussi vachement très simple, même sans machine électrique, mais j'en parlerai plus longuement dans un prochain billet.



Également dans la famille "production locale et bio", je suis tombée par hasard dans un supermarché (dont le nom se termine par u) sur un petit savon à la composition idéale et pas cher du tout. 1,70€, c'est vraiment pas cher pour une telle composition : 99,8% des ingrédients sont naturels, 80% sont bio, il est riche de sa propre glycérine, sans parfum, sans conservateur et non-testé sur les animaux.

J'ai d'abord crains qu'il ne fonde très vite à l'utilisation, comme certains savons qui coûtent un bras vendus en magasin bio, mais en fait pas du tout. Et surprise, il est encore mieux : il est très doux. Ma peau réactive qui se dessèche facilement tire à peine après avoir été nettoyée, voire pas du tout par moment. Contrairement à ce que me fait le savon de Marseille, le savon d'Alep, ou même des savons ayurvédiques aux plantes, des savons par saponification à froid au lait d'ânesse, tous achetés en magasin bio et labellisés Ecocert, ou Nature & Progrès qui est pourtant la meilleure certification bio française.

Et cette petite trouvaille a une autre qualité de taille, il mousse...



Mais aussi bon et bio soit-il, vous ne le trouverez pas en magasin bio. Comme quoi ce dernier n'est pas le repère exclusif de la qualité. Ce savon est surtout vendu dans le grand ouest de la France, et exclusivement dans la chaîne de supermarchés plus haut citée. Ou alors il faudra voyager, car _La Cigale_ est distribuée un peu partout dans le monde, jusqu'au Japon où French Touch oblige, les emballages n'affichent même pas de traduction en japonais.

DClassé dans : Mes découvertes, Mon manger ,Mots clés : Corps, Soins naturels, Japon, Alimentation vivante, Cuisine, Salle de Bain

Pain-Cake aux amandes


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Ne mangeant ni gluten ni œuf durant quatre années, il était très difficile de réussir à faire du pain avec d'autres ingrédients. Bien sûr il existe toutes sortes de farines sans gluten et plein de recettes différentes. Mais jusqu'ici celles que j'ai réalisées, même réussies, ce qui avec mon four au gaz primitif n'était pas souvent le cas, ont donné un résultat pas terrible du tout côté goût et texture. Le pire a été avec de la farine de millet...

En tous les cas j'obtenais tout sauf du pain.



Et puis dans les recettes sans gluten, c'est souvent assez compliqué, avec toute une liste d'ingrédients chers ou pas facile à trouver. C'est aussi très long quand il faut faire son levain soi-même, puis attendre plusieurs heures que la pâte lève... Pour finalement s'aplatir à la sortie du four comme un parachute à l'atterrissage.

Depuis que je remange des œufs, c'est devenu beaucoup plus simple.

(Lire aussi _Tout allant vert_ concernant mon mode d'alimentation.)

Après moult recherches pour trouver une nouvelle alternative, j'ai choisi l'option d'un pain carrément sans céréales - d'aucuns diront un pain paléo - et je me suis lancée sur une base de poudre d'amande et de farine de lin. Et le résultat me comble tout à fait. Ce petit goût d'amande, le moelleux de la mie, le croustillant de la pâte...

À la base le vrai pain ne contient pas d'œuf, certes. Mais dans une recette sans farine de blé, il permet de compenser l'effet coagulant du gluten. D'où le terme de pain-cake, plus juste pour désigner ce type de pains.

C'est surprenant mais ce cake boulanger est une vraie réussite pour obtenir de vraies tartines. Il se tient bien et se conserve plusieurs jours dans un torchon sans devenir sec et friable. De plus il est facile et rapide à fabriquer avec peu d'ingrédients, et je le trouve délicieux.



Si certains ingrédients semblent exotiques ou onéreux, leur petite quantité dans la recette permet avec un pot ou un paquet de faire de nombreux pains. Mais du fait de la base à la poudre d'amande, le coût de revient reste très élevé comparé à une baguette du supermarché, j'en conviens.

Pour ma part, j'en prépare occasionnellement pour cette raison, mais aussi parce que le pain n'est pas une base dans mes repas, ni un accompagnement incontournable. Ceci dit, ce fut une joie papillaire jubilatoire de pouvoir remanger des mouillettes avec un œuf à la coque...

Mais venons-en à l'essentiel.



Ingrédients
  • 35g de farine de lin (graines fraîchement moulues)
  • 1 c-à-c bombée de bicarbonate
  • 130g de poudre d'amande
  • 20g de psyllium blond
  • 10g de farine de coco
  • 6g de sel
  • 3 œufs
  • 1 tasse d'eau environ
  • 2 c-à-s de vinaigre de cidre
  • 4 c-à-s d'huile de coco fondue



Préparation
  • Chemiser un moule à cake
  • Préchauffer le four à 180°C
  • Mélanger les ingrédients secs
  • Ajouter l'huile, les œufs, puis l'eau progressivement
  • Travailler pour obtenir une pâte bien souple mais pas collante
  • Rajouter de l'eau si nécessaire pour que l'ensemble soit homogène 
  • Finir par le vinaigre qui va réagir avec le bds et verser dans le moule
  • Enfourner pour 35 mins, voire plus selon le four et le croustillant de la croûte désiré.





Variantes
  • On peut battre et faire mousser les œufs au préalable.
  • On peut aussi monter les blancs en neige, la mie sera un peu plus aérée.
  • Parfois je mets moitié huile de coco, moitié huile d'olive, ça donne une texture fougasse.
  • L'eau peut se remplacer je pense par du lait de coco, d'amande ou de noisette, mais je n'ai pas encore essayé.
  • Si je veux mettre moins d'œuf, j'en remplace un par 2/3 d'un sachet d'agar-agar dilué au préalable dans 3 c-à-s d'eau à température ambiante.



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L'aménagement rubicubique


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Cette pièce essentielle à la vie, où l'on profite d'un point d'eau chaude et d'un point d'eau froide, où l'on peut installer un appareil de cuisson, un réfrigérateur, une table et des chaises pour manger confortablement, cette pièce a été conçue dans mon appartement pour que tout cela ne puisse jamais loger dans le même temps.





Ce n'est pas qu'elle soit foncièrement petite, mais elle est relativement étroite, tout en longueur. Sa porte, une fois ouverte en grand sur la gauche, empiète sur les deux tiers du mur. Un mur justement pourvu d'un large radiateur en fonte. En face, sur la droite, un branchement au gaz de ville fixé au beau milieu du mur empêche tout meuble d'être disposé en étant correctement aligné contre le mur.

Suit juste après un renfoncement qui accueille un meuble surélevé de l'évier. Perpendiculaire à ce meuble, deux poteaux espacés d'environ un mètre sont les restes d'un mur abattu, autrefois pourvu d'une porte et d'une fenêtre qui donnaient sur une loggia. Sorte de balcon avec un garde-fou plein. L'appui de la fenêtre a été conservé, en béton peint d'une couche de blanc, pour y fixer une tablette en mélamine.



On accède ainsi à ce prolongement de la pièce par l'encadrement qui recevait l'ancienne porte. Et tandis que la cuisine est carrelée de petits carreaux d'un camaïeu beige et ocre, le sol de la loggia a été recouvert de dalles de plastique collées couleur crème. Quant au garde-fou, il a été remplacé par une cloison externe comprenant un ensemble de vitres fixes et de deux fenêtres.

Le double vitrage est nettement apprécié dans cette pièce exposée au nord et côté rue. L'ennui c'est que les battants sont à une hauteur peu confortable. Le cadre des fenêtres a été fixé au raz du plafond. Et sous chacune d'elle, il y a une vitre d'environ trente centimètres de hauteur. Si vous ajoutez à cela la surface du cadre entre chaque vitre, vous obtenez un gabarit de fenêtre pour Wisigoths. Pour faire simple, les poignées m'arrivent au niveau du nez. Et lorsque je secoue un tapis, je dois monter sur la pointe des pieds, le rebord m'arrivant sous les aisselles.



Laver les carreaux suppose d'autant plus une fameuse gymnastique pour accéder à l'extérieur des vitres fixes. Lavage régulier car exposés au nord, les cadres se recouvrent de lichens à l'extérieur et de moisi à l'intérieur. Je fabrique alors un balai-éponge avec une brosse et des torchons, que je trempe dans de la lessive, puis je tourne le dos au mur, bien calée contre la fenêtre ouverte, et je passe le balai à l'extérieur, en étirant les bras au maximum sur le côté, pour effectuer des mouvements de va-et-vient, en hauteur, à la vertical, en espérant atteindre l'angle tout en haut de ce foutu carreau où s'accumule les traces de pluie. Ce à quoi je réussis rarement.

La taille des battants n'est pas non plus un exemple d'ingéniosité. La profondeur de la loggia d'un peu moins d'un mètre n'a pas dû être prise en compte. Du coup on doit choisir entre ouvrir une fenêtre ou passer devant la fenêtre. Les deux n'étant pas compatibles sous peine de se faire énucléer par l'angle du cadre ou la poignée.



Or on passe souvent devant la fenêtre car on accède par là à un petit cagibi où se trouve le cumulus et les branchements pour mon lave-linge.

Ce cagibi a été construit par une cloison coupant en deux la salle de bain. Celle-ci se trouve juste de l'autre côté du mur droit de la cuisine, celui derrière l'évier. Les arrivées d'eau et les évacuations ont alors été refaites dans l'ignorance totale des effets de la gravité. Un gros bricolage par un plombier sous amphétamine. Du coup la baignoire reflue environ tous les deux mois, et quand la machine à laver vidange, elle fait déborder le siphon du cumulus.

Trois visites techniques de l'entreprise chargée de la maintenance de l'appartement ont été nécessaires pour établir qu'elle ne pouvait rien faire. Un petit seau en métal reste donc attaché en permanence sous le cumulus.



Pour l'aménagement de la cuisine, enlever la porte a nettement simplifié l'équation. Reste que l'installation d'une table et des chaises pour y manger a été abandonnée, préférant un maximum de plans de travail pour être à l'aise en cuisinant. C'est à dire deux. Un de trente centimètres entre la gazinière et le table top le long du mur de droite avant l'évier, et une console de deux mètres juste en face. Le tout, tout en bois de pin ou de hêtre.

Dans la loggia, même type de meubles, mais plus petits, mis en place au fur et à mesure, en fonction du budget. Pendant longtemps, il n'y avait rien, juste des plantes vertes. Même la gazinière a attendu une année au fond du grand placard avant de trouver sa place. Jusque là, je cuisinais sur deux plaques électriques de camping.

Ailleurs dans la pièce, deux petites dessertes pliables ici et là, puis une petite table ronde en métal, un modèle pour jardin, calée sous la tablette en mélamine de l'ancienne fenêtre. Ça bouche les espaces restant, supporte les paniers de légumes, les bouteilles d'eau ou la vaisselle juste sortie de l'égouttoir.



Par chance, ma grosse poubelle jaune a pu s'incruster contre le radiateur et la longue console. Mais si je devais un jour changer mon frigo vieillissant, qui supporte de moins en moins les épisodes de canicule, à moins de prendre le même petit format, du reste nettement insuffisant, je serais contrainte de brancher le nouvel appareil dans le cagibi, à la place de l'étagère à chaussures.

Mais où mettrais-je les chaussures ? Et que faire de l'espace laissé vide par le table top ? Qui sert aussi d'étagère pour les pots d'ustensiles, d'aromates, les allumettes, le gros sel, le sopalin... et même de plan de travail...



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Tout allant vert


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Il n'y a pas de terme pour désigner mon mode alimentaire. Je mange selon des choix qui résultent de mon parcours, de mes problèmes de santé, de mes lectures, de mon expérience après quatre années de végétalisme sans gluten, et de mes moyens rudimentaires. Aujourd'hui je pense ne toujours pas savoir exactement ce qui est idéal, si ce n'est qu'à mon sens les extrêmes sont mauvais. En même temps, c'est une histoire personnelle. On a tous un métabolisme différent, chacun a la liberté de choisir ce qui l'aide à se sentir bien.

Pour ma part, pour des raisons de considération pour la vie animale, je n'ai donc plus du tout mangé de viande durant plusieurs années. J'ai arrêté aussi les œufs et les produits laitiers. Tout ce que j'ai pu lire au sujet des protéines animales et végétales se contredisait en permanence. Pas moyen de savoir qui était dans le vrai. Ce qui est sûr, c'est que manger trop de viande est néfaste pour la santé et l'environnement, et particulièrement épouvantables pour les animaux élevés en batterie, par une industrie agro-alimentaire obsédée par les profits à court terme, et absolument insensible au vivant.



Si j'ai complètement exclu le gluten, c'est parce qu'il m'a rendue malade. Toutes les fortes douleurs digestives, les crampes musculaires et la fatigue chroniques, la baisse de la concentration et de la mémoire, les migraines, un cycle menstruel long et pénible, les dermatoses, et en particulier sur une main qui a fini par être handicapante, avec des démangeaisons absolument atroces, tout ce bazar de peines en tous genres a disparu avec l'arrêt du gluten. Ou presque.

Son exclusion a été un remède, mais n'a pas fait de miracle. Sans doute parce que tous mes problèmes ne dépendaient pas uniquement de ce que je mangeais. Et il semblerait que devenir végétalienne quand on a un syndrome de l'intestin irritable, ce n'était pas la meilleure idée du monde. Avec les infos que j'avais à ce moment là, j'ai cru que je trouverais tout ce dont mon organisme a besoin dans les végétaux, et pour les protéines en particulier, dans les céréales et les légumineuses. Mais ces dernières n'ont jamais cessé d'être assez difficile à digérer. Comme quoi le végétalisme n'est pas un mode d'alimentation universellement salutaire.



Alors depuis quelques semaines je revoie ma copie. À mon grand regret pour toutes les bestioles qu'on élève juste pour les manger. Car la viande, le poisson et les œufs contiennent des acides aminés indispensables à une bonne constitution de la paroi intestinale, notamment la glutamine, qui intervient dans le fonctionnement des cellules des villosités, ces excroissances microscopiques de la muqueuse qui jouent le rôle essentiel du tri et de l'assimilation des micro-nutriments vers le sang. Paroi qu'endommage justement le gluten en rendant ces cellules déficientes, on dit perméables. Ou tout du moins il aggrave le problème si le stress ou un choc émotionnel a commencé à faire des dégâts. Ce qui est mon cas. Et ces acides aminés, on en trouve certes également dans les légumineuses, mais elle y sont apparemment en trop faible quantité.

Car après quatre années de végétalisme sans gluten, un mal être persiste. Ça déconne toujours au niveau digestif par exemple, telles que des lourdeurs après manger et un gonflement général, mais aussi au niveau immunitaire, circulatoire et hormonal, je pense, qui se manifeste par de l'eczéma, de l'urticaire, de l'acné, une rougeur chronique et des démangeaisons au visage, des jambes douloureuses, des impatiences... Enfin bref, la liste est encore longue. Il fallait comprendre ce qui manquait. Et je me suis demandée ce qui était le plus judicieux : se priver de nutriments essentiels mais manger bio et éthique ou... s'adapter intelligemment et être en meilleure santé ?

C'est ainsi que j'ai réintroduis en petite quantité certains produits animaux au quotidien. Les végétaux restent ma base, mais plus forcément tous bio pour pouvoir m'offrir avec mon budget hyper restreint plus de variété et de quantité. Les œufs sont revenus, ainsi que le yaourt et le fromage, mais au lait cru, sans présure, et seulement au lait de chèvre ou de brebis. Je prends aussi un complément d'huile de foie de morue, afin de pallier à une carence évidente en vitamine D et en acides gras essentiels. Enfin je remange occasionnellement du poulet ou du poisson. J'achète bien sûr tout cela quand c'est labellisé AOC, Label Rouge, Bleu Blanc Cœur, voire Écocert quand le prix n'est pas rédhibitoire.



Du coup, pour des questions d'argent justement, j'ai été obligée d'élargir les adresses où je faisais mes courses. Car jusqu'ici j'achetais tout bio et dans le même magasin. Quand je dis tout, c'était vraiment tout, jusqu'aux éponges et aux allumettes. C'est que lorsqu'on ne mange pas de viande, ni de fromage, et que l'on cuisine absolument tout soi-même, malgré de petits revenus c'est jouable.

Donc cet été, j'ai découvert l'offre des fruits et légumes bio et pas bio en supermarché, un endroit où je n'avais plus mis les pieds depuis belle lurette, ou alors à la sauvette... Depuis plus de six ans en fait. Et j'ai vu le choix hallucinant qui est proposé. Du coup j'ai fureté dans les autres rayons, parmi lesquels on en trouve souvent un tout entier consacré au bio. Et j'ai vu toutes sortes de produits écologiques proposés dans le non-alimentaire, comme les mouchoirs, _le savon_, le liquide vaisselle ou même encore de la terre de sommières ou de l'acide citrique vendues à moitié prix !

Je dois l'avouer quand même, côté budget ça commençait à coincer méchamment. Dans ce magasin bio où j'avais mes habitudes, les prix augmentent sans cesse. Et au niveau du choix et de la qualité, au fil du temps ça s'est pas mal dégradé. Là où on s'attendrait à trouver moult variétés et diverses productions de culture rustique, d'origine locale et cueillies à maturité, puisqu'on est dans une optique de préservation de la biodiversité et d'éthique, c'est tout le contraire. Je n'ai jamais autant mangé la même chose tous les jours depuis que je m'approvisionnais là-bas. La même salade de feuilles de chêne, les mêmes carottes en botte avec des fanes à l'agonie, les mêmes pommes de terre jaunes, les mêmes bananes vertes et les mêmes avocats qui coûtent un bras et sont durs comme des cailloux... Il y a de quoi en conclure que les clients des magasins bio, paradoxalement, mangent peu de végétaux. D'ailleurs, si on regarde bien, on y trouve surtout des farines, des pâtes, des flocons d'avoine et du chocolat à tartiner.



Je regrette vraiment de ne pas avoir été assez curieuse plus tôt, j'aurais fait de grosses économies. Mais mes scrupules m'en ont dissuadée, convaincue que j'étais de la valeur de ma démarche. Or c'était être dans une forme de déni, quoique relative, mais tout de même. Car l'esprit des magasins bio a beaucoup changé. Les prix restent définitivement trop élevés, les remises sont rares et ridiculement basses, sur des produits déjà bon à jeter. Et le choix, j'insiste, est nettement insuffisant. Je me souviens de la tête de la vendeuse quand je lui avais demandé il y a quatre ans si l'on pouvait commander des graines de Chia... Elles sont arrivées cette année à côté du cacao cru, des baies de Goji et de la farine de bambou. Évidemment à un prix prohibitif, et seulement parce que c'est devenu une tendance.

Il faut voir les choses en face, globalement leur politique commerciale est à présent identique à celle de la grande distribution, et leurs engagements de plus en plus à géométrie variable. Par exemple le hors saison se pratique aussi, dans une certaine mesure, comme des tomates provenant d'Espagne en plein mois de mai. C'est en tous les cas l'habitude du magasin où j'avais mes habitudes. Sans doute pour attirer une clientèle plus large, objectif déjà flagrant quand il s'est installé dans l'enceinte même d'un hypermarché.

De mon côté, enfermée dans mon intégrité, des choses m'ont échappé. Bien qu'ouvertement critique vis à vis de ce magasin, j'ai manqué de souplesse et d'ouverture, au détriment de mes besoins propres. Alors depuis peu j'adopte un autre angle, mais à ce stade je ne tire aucune conclusion sur les éventuels bénéfices de ces changements. Le temps doit faire son office. C'est une expérience à long terme, un sujet qui reviendra donc régulièrement ici je pense. Ce que je peux dire pour l'instant, c'est que ma liste de courses est devenue mixte : bio et pas bio, végétale et animale. De très fidèle à une seule enseigne je suis devenue très pragmatique. Et bizarrement, depuis il y a chez moi beaucoup plus de vert, et dans mon assiette bien plus de couleurs.



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Tisane et boyaux


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Imaginez de la glace à la fraise à boire chaud dans un mug.

C'est l'impression que me donne ces infusions trouvées au rayon bio du petit supermarché tout à côté de chez moi. De la marque anglaise _Clipper_, qui propose également une gamme de différents thés, elles sont donc bio, mais aussi équitables, faciles à trouver et vendues à un prix abordable.

J'avais d'abord goûté le mélange citron et gingembre, qui est pas mal, et la "Marchand de sable" qui est douce et bien équilibrée question saveur. Mais celle dont j'abuse en ce moment s'appelle "Mes belles gambettes", à la fraise et fleur de sureau. D'ailleurs une simple tisane de sureau en vrac est déjà un délice, mais là, j'ai l'impression de boire un dessert à la crème et aux fruits rouges.



Les infusions et les thés verts sont un bon moyen pour moi de boire toute la journée sans que ce soit une corvée. J'avoue avoir des difficultés à sentir la soif. Mais c'est aussi une manière de se soigner en douceur puisque les plantes offrent leurs bienfaits détoxifiant, rafraîchissant, calmant, drainant, décongestionnant... digestif, etc...

Boire chaud est également moins épuisant pour l'organisme qui ne perd pas d'énergie à réchauffer le liquide. La boisson devient en un sens plus digeste. C'est un truc qui me réussit plutôt bien donc j'ai pris l'habitude de remplir un thermos d'eau bouillante dès que je me lève et l'installe dans le salon sur la table basse, à l'instar d'un rituel bien japonais. Il n'est pas aussi pratique que ceux munis d'une pompe, mais il fait son boulot.

Ce qui est chouette aussi chez cette marque d'infusions bio, c'est leur emballage, simple et graphique, joli à l'œil. Ce qui ne gâche rien quand on dispose la boîte ou plusieurs sachets à disposition dans une coupelle toute la journée. Un gros travail a été fait sur l'esthétique de la ligne, ce qui sort de l'ordinaire. Tellement joli que j'en fais des marques pages.



D'ailleurs côté lecture et digestion, récemment j'ai dévoré - justement - le livre de Giulia Enders, _Le charme discret de l'intestin_. On y découvre comment fonctionne notre tuyauterie et c'est beaucoup plus glamour qu'on ne le soupçonne.

Depuis, mon regard a complètement changé sur l'intérieur de mes entrailles. Auparavant j'imaginais un cloaque où s'opérait sans cesse une chimie fastidieuse et qui exigeait un nettoyage régulier. Une partie de moi qui jouait contre moi, en gros, et qu'il fallait gérer malgré elle, pour son bien, ou plutôt le mien. Ce qui était nettement débile.



À présent je suis réconciliée avec mes boyaux. Ils sont un moteur essentiel auquel je dois être attentive et respecter les besoins. Ils forment tout un réseau savant, mouvant, où s'opèrent des milliers de réactions moléculaires subtiles. C'est l'antre d'une vie intelligente, sensible, complexe, dans un décor de velours rose.

Rien là dedans ne justifie des nettoyages de l'intérieur et des lavements par l'extérieur. Tout au contraire. Un équilibre est à trouver et à maintenir par l'alimentation et le mode de vie, pour préserver la flore intestinale qui est un vaste univers dont la science commence juste à cerner son ignorance à ce sujet.

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La toue du bus


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Être pauvre et vivre dans un logement déficient entre autres sur le plan thermique, c'est tomber régulièrement malade. D'autant quand c'est l'été et que je me déplace dans les transports en commun dans lesquels le système de climatisation est extrêmement mal réglé, quand il n'est pas complètement éteint. Du moins c'est le cas pour ceux de ma régie municipale.

À l'intérieur d'un engin surpeuplé et propulsé par un moteur qui chauffe les sièges du fond, la température est absolument étouffante quand dehors il fait plus de trente degrés. Au bout de quelques secondes, la peau se recouvre d'une fine pellicule de transpiration sur tout le corps qui, au bout de quelques minutes, commence a dégouliner ostentatoirement le long du dos.

Puis quand vient mon arrêt, je descends du bus dans cet état général d'humidité partiellement absorbée par certaines parties de mes vêtements. Là, la température légèrement inférieure et l'air circulant vont commencer à décoller ces parties de tissu de ma peau. Moment de pure délectation, quoique fugace car très vite j'atteins le but de mon déplacement qui la plupart du temps consiste à faire des courses. C'est que ma ville n'est pas grande et mangeant principalement des végétaux, je dois me pourvoir en denrées très périssables environ tous les deux jours. Mais je lis beaucoup aussi.

J'entre alors dans un établissement commercial, un supermarché ou alors une médiathèque, et à peine le cadre de la porte franchi, le flux des engins de climatisation saisit mon épiderme encore ruisselant pour le convertir en une chair hérissée de poules éberluées. Puis il se charge instantanément des fibres textiles afin de les transmuter en espaces réfrigérés portatifs suffisamment efficaces pour irradier une crispation du dos de mes genoux jusqu'à ma nuque.

Après ça, évidemment, il faudra pour rentrer reprendre le bus.

À ce régime là, forcément, les jours qui suivent voient apparaître une toue sporadique mais tendant à s'incruster, un nez qui coule puis ne coule plus, préférant carrément se boucher, puis une gorge irritée qui pique beaucoup la nuit, et qui un beau matin fait juste très mal. Ainsi, parfois, je passe progressivement du statut en pleine forme, enfin pas trop mal, à celui de conglomérat cramoisi, oscillant entre l'éternuement, la grimace, l'arrachement de la gorge et le soupir.

Voilà pourquoi en ce moment, en plein mois d'août, je bataille avec une angine. C'est long et fastidieux d'en guérir. Surtout si, comme moi, on a tendance à croire vite fait que ça va mieux, que l'on reprend ses petites habitudes de balade, alors qu'en réalité ça ne fait que commencer. Bingo la rechute. Bonjour les mouchoirs et les litres de boissons chaudes



Ceci dit, depuis maintenant quatre ans que j'ai changé d'alimentation, je tombe bien moins souvent malade. Mais j'y reviendrai. Et puis je me soigne différemment. Je n'ai pas de médecin, il est rare que j'en consulte bien que ce ne soit pas une question de moyens puisque j'ai droit à la CMU complémentaire, et je ne fréquente les pharmacies que pour l'homéopathie. Évidemment si j'ai un doigt coupé qui nécessite trois points de suture, je vais aux urgences. Mais je n'ai consommé aucun médicament depuis environ quinze ans.

Quand je suis malade, je cherche des remèdes naturels et je me fixe sur un rituel. Puis selon l'évolution, j'opère des changements ou tente d'autres formules. Ces jours-ci c'est diffusion d'huile essentielle de Niaouli, inhalation d'eucalyptus, infusion de gingembre au miel de thym, infusion froide de fruits frais avec du citron, gargarisme de vinaigre de cidre chaud et lavage des dents au bicarbonate de soude tout de suite après.



Et puis je reste enfermée. Je fais des siestes, étant donné que je dors très mal la nuit entre la toue, la chaleur, les sueurs, les impatiences dans les jambes. Enfin, le jour aussi ça n'est pas une sinécure. Difficile de s'enfoncer dans le sommeil quand le gamin des voisins de palier passe ses vacances à faire de la trottinette dans leur appartement.

Dans un sens, je peux dire que je sacrifie ma santé à emprunter les transports alternatifs. Bon, il est vrai aussi que dormir dans une pièce impossible à rafraîchir la nuit sans laisser la fenêtre grande ouverte oblige à baigner dans un léger courant d'air. L'atmosphère devient alors très sec et lorsque l'aube pointe, certaines couches, flottant au dessus du lit en nappes, sont presque froides. La solution serait-elle de dormir nu avec une écharpe ?



D'un autre côté, je ne regrette pas de ne plus avoir de voiture. Malgré des véhicules polluants, bruyants, en nombre insuffisant et aux horaires aléatoires, les atouts du bus sont nombreux. Plus de problème de stationnement, plus d'assurance à payer, plus de budget pour l'essence, l'entretien et les pannes éventuelles, plus d'agressivité à subir de la part des autres usagers, plus de moments perdus dans les embouteillages à fixer chaque centimètre d'asphalte à avaler, et passés dans une sorte de tunnel, un isoloir, un sas étanche qui déconnecte du décor, de sa lumière, ses sons, ses odeurs.

Prendre le bus est pour ma part d'abord être un piéton, ce qui suppose une liberté de mouvement et une autonomie subtile qui échappe au conducteur de SUV qui se gare sur les trottoirs. Mais des deux, lequel est susceptible d'arriver à se faufiler entre deux potelets, à un feu rouge et sous la barrière d'un parking ?

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Matin de canicule


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Il fait très chaud. Le jour procure un nettoyage complet de la peau tant on transpire de partout. Je n'avais pas connu ça ailleurs qu'à Tokyo en juin 2011. Mais ici c'est presque pire vu que la ville, les équipements urbains, les commerces ne proposent que des espaces fermés et climatisés comme toutes commodités.





Pas de distributeurs de boissons dans les rues, pas d'humidificateurs pour rafraîchir les ruelles piétonnes, pas de toilettes publiques dans chaque périmètre à l'échelle du piéton, pas de transports publics correctement ventilés, pas de verdure intégrée et de rues arborées - ou si peu - pas d'ombre, ou plutôt pas de banc confortable à l'ombre, pas d'espace public réapproprié par les habitants où sont disséminés des jardins en pots.





La nuit aussi il fait très chaud. L'immeuble n'étant pas isolé, toute la chaleur accumulée dans les murs et les combles retombent dans notre appartement situé au dernier étage. Aucun air frais ne réussit à circuler pleinement dans les pièces malgré toutes les fenêtres ouvertes.

Le sommeil s'en trouve agité. Je me réveille plusieurs fois, les jambes lourdes, douloureuses, avec des impatiences. Sous la couette j'étouffe, dessus je frissonne et je gigote dans tous les sens. Le matin, quand le phénomène des températures s'inverse, quand le soleil recommence à chauffer l'atmosphère dehors et le côté nord de l'immeuble, celui de la cuisine et de la pièce bleue, alors l'air de la chambre s'allège, s'adoucit, et le manque de sommeil ferme de tout son poids mes paupières.

Difficile dans ces conditions de se lever avant onze heures et demi, sans pour autant se sentir reposé. Le premier repas de la journée est donc pris plusieurs heures après, le temps de boire beaucoup, de se réhydrater, de se réveiller graduellement.

Manger de la douceur, de l'eau et de l'énergie.

Eau et jus d'argousier, infusion de concombre ou de citron avec de la lavande, de la menthe, du thym ou de l'ortie. Quelques minutes sur le net, un peu de rangement, aération du lit qui déborde sur la fenêtre, salutation au soleil, câlin à Bouddha, ma lapine, qui elle aussi a du mal à émerger par ces chaleurs.

Puis banane, abricot, kiwi, melon, myrtilles, une poignée d'amandes et de noisettes, un filet d'huile de chanvre et une pincée de gingembre et feuilles de framboisier.





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