Cake à l'engrain et sucre brun


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

Piquée à une copine, la même qui m'avait donné [ la recette de la soupe au potimarron ], voici la recette d'un cake tout bête, simple à préparer, comme je les aime, que j'ai adaptée à mes habitudes et qui n'en est pas moins absolument délicieux.





Ingrédients
  • 3 œufs
  • 150g de Rappadura
  • 150g de farine d'engrain - ou petit épeautre - qui est pauvre en gluten
  • 150g de beurre salé / 130g de beurre + 20g de purée de cacahuète
  • 1 pomme et 1 carotte / 1 grosse pomme / 2 petites pommes
  • 1 c-à-c bombée de cannelle
  • 1 c-à-c rase de bicarbonate
  • 2 c-à-s de vinaigre de cidre
  • 7g de levure chimique


Préparation
  • Préchauffer le four à 180°C, chemiser un moule à cake et faire fondre le beurre au bain marie
  • Râper la pomme et la carotte épluchée - ou une des autres options - les arroser d'un filet de jus de citron et réserver au frais
  • Dans un saladier, fouetter les œufs et le sucre pour obtenir un mélange mousseux
  • Mélanger dans un autre récipient la farine, la levure, le bicarbonate et la cannelle
  • Incorporer en plusieurs fois au fouet les ingrédients secs au mélange œufs+sucre
  • Ajouter le beurre en tournant doucement
  • Incorporer les végétaux râpés
  • Finir avec le vinaigre et verser l'appareil dans le moule
  • Enfourner pour environ une heure



Le temps de cuisson est vraiment fonction du type de four. À l'origine le temps préconisé est de 40 mins, mais chez moi il faut bien 10 mins de plus pour que la pointe de mon couteau soit tout à fait sèche. Une fois cuit, laisser le gâteau bien refroidir et... dégustez.



Il est devenu le gâteau de tous les instants, tellement je ne m'en lasse pas, autant pour accompagner un café que pour le petit-déjeuner, en dessert, ou encore comme en-cas quand je voyage en train.





DClassé dans : Mon manger ,Mots clés : Couleurs, Gourmandise, Recettes

Feed christmas free


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

This is the season for donations. We give, it's easy. It costs nothing. Way of speaking. Give a little bit to a side, to be forgiven of so much wasting from the other. Because, paradoxically, when on the occasion of end-of-year feasts, we suggest to spend nothing specially, to stop participating in that consumer debauchery, those rituals that make no sense, except that of plunging people into a state of tremendous stress, we get outraged reactions, as if it were very expensive.



Henceforth, we see arriving on the supermarket shelves the boxes of chocolates as soon as the fournitures of the back to school are put in reserve. As people's incomes are increasingly bloodless, it is a question of encouraging them to staggering christmas purchases over several months, to pay in several installments for the very expensive presents, or nothing before the begining of the new year. Like prices in 99 cents, paying next year, even if in fact it is in a few weeks, seems to leave a psychological respite enough to no longer see the expense.

This general frenzy causes over-indebtedness, makes people a bit more sick, and destroys the planet a little bit more.



Does this injunction to happiness justifie irresponsability ? Even if it increases cholesterol, poisons the oceans with more plastic, accelerates the extinction of the living ? This gurgling of food does not nourish in any way, heals nothing, brings nothing more than the fake satisfaction of a collective impulse, generated by a continuous pounding of the brain, to that ultime frightening point of persuading that evading all of that would amount a kidney self-amputation, or other same kind of torture.

So we go all together, armed with the checkbook and the blue card. We believe in Santa Claus and we ejaculate of spending money in a great collective groan, just before the hangover, the blow of bamboo, before the first payment notice for the credit of the new flat screen, the latest smartphone, the new robot to make fresh raw multivitaminated juice that we will never have time to use, but so indispensable on the counter of the kitchen.



Do we really need all this to take good time with our loved ones? What would happen so unbearable if we make the choice right now to stop ? If you must spend money to share something, give it to a good cause. No need to do it for an excuse. Give freely. For example, to a wild animals clinic association like _Le centre de Soins de la Faune Sauvage_ in Châtellerault. Money or supplies will be accepted with great pleasure.

Our brain supposedly an exceptional fruit of evolution cannot it be used to imagine doing otherwise? Offer home made stuff, eat simple but lovingly cooked at home, decorate home without cut tree. There are so many free opportunities to share more, to meet themselves for real around a simple pretext without that huge waste of ressources. A pretext to renew as much as we want, by the way, and not just once a year when the whole system calls for it.



In my city, henceforth from the holidays of Toussaint to christmas eve, it is the rush in the shops, the traffic jams and the people who everywhere jostle, like a herd of marathoners. I'm not saying that giving up this commercial bleeding will fix hunger in the world, prevent the sea level from rising and protect from a nuclear disaster. For all this, it's already too late.

But, remember what is it about in A Christmas Carol, putting forth the idea that charity, celebration and sincere human connection are more important than wealth and ritual. Therefore, since this is a children's celebration, a little bit of coherence would be welcome about their own future and what legacy we are about to leave to them.





DClassé dans : Ma ville ,Mots clés : Christmas, Winter, Kufuu, Minimalism, Way of life, Degrowth, Ethic

Mourir de rire


Rédigé par - corOllule dU cHamp Du pOirier - le e

C'est lui que j'ai entendu le premier, le voisin du dessous. À peine deux jours après mon emménagement, en fin d'après-midi, j'entends soudain de la musique de variétés jouée depuis mon plancher. C'est sans doute la seule fois de ma vie que je n'ai pas hésité une seule seconde avant d'aller réclamer à un voisin qu'il tienne compte de ma présence.



Je suis descendue par l'escalier, j'ai frappé, un peu attendu, puis la porte s'est ouverte sur un homme plus petit que moi, chauve, bien enrobé, portant lunettes métalliques sur un visage insignifiant, au regard vide et à la voix extrêmement fluette. Je me suis alors légèrement détendue, j'ai même souri, et je me suis présentée avant de lui demander poliment de baisser le volume de sa chaîne. Il n'a pas rechigné, s'est même excusé.

Le lendemain, cependant, à la même heure, je devais déjà redescendre, cette fois excédée, pour taper lourdement à sa porte. J'étais tellement en colère que je n'ai d'abord pas dit un mot. Mes jambes tremblaient. Je venais de passer dix ans dans une très grande ville à subir les nuisances multiples d'un voisinage odieux, témoin malgré moi de la détresse sociale, de violences conjugales, d'abus de confiance, de maltraitance, de bagarres de rue, d'incivilités de toutes sortes. J'avais tout juste réussi à m'extirper de ce passage, et je réalisais que, finalement, rien n'allait jamais cessé.



Face à ce nouveau voisin, et à l'avenir qui se profilait comme identique au passé, le souffle coupé, je réitérai en balbutiant ma demande de respect, et contre toute attente, je n'eus plus à intervenir. Ce qui pour autant n'en a pas moins contredit mon pressentiment.

Car très vite après la réussite de cette entente à l'amiable, le bruit que j'avais fui de la grande métropole, celui qui cogne sournoisement dans le diaphragme, qui agrippe le ventre, crispe la mâchoire et raccourcit la respiration, ce sont les autres locataires, à tous les étages ou presque, qui se sont appliqués à le provoquer. Avec zèle. Disputes, cris, dégringolades, poursuites, hurlements, claquements, pleurs...

Le seul qui se marre dans cet immeuble, c'est mon voisin du dessous.



La configuration aurait pu inciter tout le monde à un peu plus de savoir-vivre qu'en règle générale, mais il n'en est rien.

En effet, la structure de l'immeuble est tellement mal conçue qu'elle agit comme une caisse de résonance et transmet toutes les vibrations. Des fondations en béton armé aux cloisons en briques creuses, en passant par la cage d'escalier en parpaings, les sons se propagent dans toutes les directions. Un bâtiment tendu comme la peau d'un tambour, jusqu'à donner la sensation d'un édifice en équilibre qui tangue lorsqu'il subit la force d'une violente tempête.

Du coup, quoi qu'on fasse, même si en faisant attention, comme mon voisin du dessous, cela rend les lieux clairement plus supportables, impossible de préserver une complète intimité. L'immeuble nous trahit. Chaque jour un peu plus, on perçoit les autres. Ainsi, lui et moi, on s'entend vivre. Du moins c'est surtout aux aurores, depuis mon lit, à moitié aspirée encore par mes rêves, que je peux être témoin auditif de son rythme quotidien.



Se levant très tôt, à cinq voire quatre heures du matin, je l'entends qui s'extirpe de son sommier à ressorts dans des craquements grinçants, ouvrir le cliquetis de son volet roulant, puis parcourir son logement, durant plusieurs dizaines de minutes, durant des heures certains dimanches, dans une succession d'allées et venues, avec ses savates qui claquent. Je l'imagine aérer et faire son lit, ranger des vêtements, faire la poussière, balayer, plier du linge. Parfois s'élève le son fondu et nasillard d'une radio qui débite son flot continu d'infos préformatées.

Puis les savates s'éloignent et le calme retombe. Sans doute rejoint-il sa cuisine pour y manger à sa table en formica des tartines beurrées avec un large bol de café noir. Parfois, alors que le sommeil m'enrobe à nouveau dans l'inertie moelleuse de mon oreiller en plumes, tombant comme une feuille à l'automne, soudain claque un larynx qui se contracte, se tord sous de violents spasmes, échappe les râles d'une gorge qu'on racle et des salves de gargouillis.

Un jour j'ai d'abord cru qu'il faisait une attaque, puis une crise d'asthme. Plus tard dans la journée, je lui ai même amicalement glissé dans sa boîte aux lettres une liste d'huiles essentielles susceptibles de le soulager. Qu'il a promptement remis dans ma propre boîte, un peu chiffonnée... Quelle andouille je fais.



Au fil du temps, j'ai fini par envisager que cet homme souffrait d'une maladie professionnelle. Atteinte des voies respiratoires ou du foie. Empoisonnement par une exposition prolongée à des composés toxiques. Ou bien, certains soirs, est-il un peu trop amateur d'alcool ? Combien de fois ai-je sursauté au bruit mat d'une bouteille qui tombe et roule sur le plancher. À moins qu'il soit en proie à un stress intense, juste avant de partir à son travail, renvoyant son petit déjeuner dans le sens inverse, plié en deux au dessus de son lavabo, l'acidité abîmant ses cordes vocales.

J'ignore tout à fait de quoi il retourne en réalité. Et je dois d'ailleurs reconnaître que ces épisodes se produisent maintenant de plus en plus rarement. Peut-être l'effet d'une prescription adaptée, ou l'origine du stress qui a disparu. Cependant sa voix reste étouffée, haut perchée et légèrement cassée, lorsqu'en se croisant il me salue.

Souvent, quand c'est à la nuit tombée, ces yeux alors écarquillés, presque aucun son ne sort de sa bouche. Je crois que de m'entendre circuler dans les communs sans éclairage, ayant pris l'habitude de ne jamais allumer la minuterie, le déconcerte au point de me soupçonner des origines slaves et un lit cercueil.



Ce locataire, célibataire, aux journées réglées comme du papier à musique, écoutant tous les lundis en fin d'après-midi la sélection musicale proposée par un magazine culturel auquel il doit être abonné, ronflant la nuit comme une forge, passant chaque fin de semaine dans un logement pris en sandwich entre de multiples vacarmes, a la politesse et l'humeur égales.

Par le conduit d'aération passive dans les toilettes, si le hasard fait que nous nous trouvons superposés, chacun dans la même pièce, lui et moi contraints à la même nécessité biologique, je l'entends parler tout seul.

Sollicité par de très rares visites, jamais en soirée pour un apéritif ou un dîner, jamais, ne se démarquant par aucun éclat, ce petit homme sans relief, ce voisin qui me salue avec le timbre de Nana Mouskouri, met tous les matins ses lourdes chaussures de sécurité avant de partir pour toute la journée, quelle que soit la couleur du ciel.

Et chaque soir, revenant de l'épicerie avec du pain, il monte les étages, tourne silencieusement la clé dans sa porte et, après avoir tourné un peu dans son logement, pris une douche, enfilé ses pantoufles et peut-être quelque anxiolytique, une fois bien installé devant sa télévision, il rigole.



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